Territoire : Casino reconnait des "adaptations" sur l’emploi

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(Crédits : DR)
Interpellé par les parlementaires ligériens, Casino vient de répondre par une longue lettre adressée à chacun d’entre eux. L’enseigne y confirme son attachement à Saint-Etienne mais aussi la nécessité "d’adaptations".

Alors que la procédure de sauvegarde de Rallye, la maison mère de Casino, vient d'être prolongée de 6 mois, la réponse de l'enseigne stéphanoise de grande distribution aux inquiétudes des élus ligériens était très attendue.

Lire aussi : A Saint-Etienne, Casino tente de rassurer

Courant novembre, sept parlementaires (Régis Juanico, Jean-Claude Tissot, Cécile Cukierman, Bernard Bonne, Bernard Fournier, Julien Borowczyk et Nathalie Sarles) avaient envoyé un courrier commun à Jean-Charles Naouri, patron de Casino. Ils y expliquaient :

"Casino est une entreprise historique de notre territoire et constitue un marqueur de l'identité économique ligérienne. Depuis quelques mois, les nouvelles du groupe inquiètent un certain nombre d'acteurs locaux quant au maintien des emplois liés à Casino sur le territoire ligérien, en particulier sur les fonctions logistiques et supports".

Un autre parlementaire, le député Jean Michel Mis, avait lui aussi adressé un courrier interpellant l'enseigne de grande distribution, notamment, sur les conséquences à prévoir pour le siège stéphanois.

La réponse à leurs courriers respectifs est arrivée dans leur boite aux lettres il y a quelques jours. Une longue lettre de trois pages, évoquant peu ou prou les mêmes points mais personnalisée en fonction de chacun des deux courriers envoyés par les parlementaires. Signée de la main de Claude Risac, directeur des relations extérieures de Casino, très présent à Saint-Etienne, mais pas de celle de Jean-Charles Naouri lui-même. Une forme qui fait réagir les parlementaires :

"Je trouve cela un peu cavalier. Quand on m'écrit, ce ne sont pas mes collaborateurs, aussi méritants soient-ils, qui répondent", glisse Jean-Michel Mis.

"Il faut croire les élus de la Nation ne sont pas de son niveau", souligne de son côté Régis Juanico tout en reconnaissant que le fait que le courrier soit signé d'un Stéphanois est également une bonne chose.

Des précisions majeures

Sur le fond, la lettre de Claude Risac vient apporter des précisions sur des points jusqu'ici non commentés officiellement par Casino.

"La procédure de sauvegarde ne concerne pas le groupe Casino en tant qu'entité. Pour autant, ce dernier doit s'adapter aux nouvelles donnes d'un secteur en pleine mutation. C'est précisément cette prise en compte des évolutions de la distribution qui nous permet de préserver l'emploi et d'éviter que la mutation des métiers de la distribution soit subie par nos salariés. D'autres grands employeurs de la distribution ont choisi d'autres voies. Ce n'est pas le choix du groupe Casino", écrit Claude Risac.

Il enchaîne :

"Ces sujets d'évolution des métiers de la distribution ont été largement anticipés au sein de notre groupe puisqu'un comité d'anticipation a été créé avec les partenaires sociaux et se réunit tous les trimestres".

Il confirme ensuite la création d'une cellule de mobilité :

"Nous avons mis en place un centre de services partagés, chargés de la mobilité à l'intérieur du groupe. Les résultats présentés au Comité sont probants".

Des élus toujours pas convaincus

Concernant le siège social du groupe, à Saint-Etienne, il signale :

"Les évolutions mentionnées peuvent nécessiter des adaptations en termes d'effectifs mais elles s'opèrent dans le cadre du dialogue avec les partenaires sociaux et avec le souci de favoriser la mobilité".

Sur le sujet de la cession d'actifs, il indique :

"Vous remarquerez qu'aucune de ces cessions ne concerne les actifs stratégiques du groupe. De nombreuses activités de service ont fait le choix de ne plus être propriétaires de leurs murs afin de ne pas immobiliser de capital qui serait mieux utilisé pour le développement des activités".

Le directeur des relations extérieurs rappelle aussi l'engagement fort de Casino sur le territoire de Loire Sud, avec un siège de 2 000 personnes mais aussi la présence de Green Yellow (filiale énergétique) ainsi que des entrepôts Cdiscount, dont le nouveau site d'Andrézieux.

La lettre est longue, rédigée avec soin, mais elle met, pour une fois Jean-Michel Mis (LREM) et Régis Juanico (Génération.s) d'accord : la situation est inquiétante.

"Depuis des mois, nous avions des discours très lénifiants de la part de Casino. Pour la première fois, le groupe reconnait clairement qu'il y aura des adaptations. Beaucoup d'arguments sont développés autour pour les relativiser", souffle Régis Juanico.

"Ce courrier est très bien écrit mais il manque des informations factuelles. Quel est le niveau d'adaptation ? Quel calendrier ? Nous attendons des réponses plus claires", complète Jean-Michel Mis.

Ce dernier a d'ailleurs d'ores et déjà demandé une entrevue avec Jean-Charles Naouri. Le principe aurait été accepté par Casino.

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Commentaires
a écrit le 07/12/2019 à 8:07 :
Dans tout ça personne ne parle des négociations qu'il y a entre le groupe leader price, filiale de casino, et Aldi. La aussi cela concerne beaucoup de personnes qui du jour au lendemain peuvent perdre leur travail.
a écrit le 06/12/2019 à 9:09 :
"Territoire" est le vocabulaire de la FNSEA, à savoir un parti pris tacite.
a écrit le 06/12/2019 à 7:45 :
Doit-on craindre le retour de l'autorisation administrative de licenciement? "NOS" députés portent la responsabilité de la triste situation économique - et donc sociale - où se la France; je note qu'Exécutif et Législatif n'ont guère fait d'efforts en matière de LEURS dépenses; qu'ils commencent à prendre le métro, le train (à leurs frais) et leurs jambes pour montrer l'exemple!
a écrit le 06/12/2019 à 6:57 :
2000 personnes ? Il ne se passe pas une semaine sans que l'on apprennent des départs en retraite anticipés, des ruptures de contrats ou des démissions tout simplement. Soyons réaliste ! Il ne reste pas plus de 1500 personnes au siège (avec les personnes en régions mais rattaché au siège) certains plateaux sont vides, des bureaux abandonnés depuis des semaines...

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