Pourquoi le discounter Babou passe sous giron anglais

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(Crédits : Babou)
Le groupe anglais B&M European Value Retail SA, un discounter coté à la bourse de Londres, vient de racheter Babou, dont le siège social est à Cournon-d'Auvergne, dans le Puy-de-Dôme. Objectif : s'attaquer au marché français.

Les discussions discrètes autour de cette transaction duraient depuis trois ans. La filiale de B&M, EV Retail Ltd, un groupe anglais, a finalement acheté la SAS Paminvest (fonds PIM, appartenant à la famille fondatrice) exploitant des 95 magasins Babou, pour un montant de 91,2 millions d'euros. Ce montant tient compte du refinancement de la dette de Babou.

L'an dernier, l'enseigne, crée dans le Puy-de-Dôme à la fin des années 70 par René Kleboth - qui la baptisée du surnom affectueux que lui donnaient ses parents - enregistrait un chiffre d'affaires de 347,1 millions d'euros et un bénéfice avant impôts de 100 000 euros. Au 31 janvier, ses actifs bruts s'élevaient à 289,4 millions d'euros.

Tête de pont pour le marché discount en Europe

Coté à la bourse de Londres, B&M exploite déjà plus de 580 magasins en Grande-Bretagne, spécialisés dans la distribution de détail à rabais de produits d'épicerie et de marchandises générales.

Il détient également l'enseigne JA Woll, avec 80 magasins de bazar à prix réduits en Allemagne et Heron Foods, 250 magasins de proximité à prix réduits dans le nord de l'Angleterre.

Le rachat de Babou lui permet de mettre un pied sur le marché français. Depuis son introduction en bourse, en 2014, Simon Arora, le directeur général de B&M rêve de croissance dans le marché discount en Europe.

Sauvegarde des emplois

A Cournon-d'Auvergne, ce rachat n'intervient pas sans poser de question, tant aux salariés du groupe qu'aux élus locaux. Olivier Suss, directeur marketing et communication du groupe, est pourtant plus que confiant :

"La fermeture de magasins n'est absolument pas à l'ordre du jour. Le siège social va rester à Cournon-d'Auvergne, et nous gardons également nos locaux dans le 12e, à Paris."

Interrogé sur la perspective de conserver la totalité des 80 salariés du siège social de Babou, il précise que "tous les salariés sont conservés à Cournon, dans les multiples structures locales qui composaient la holding et qui sont aujourd'hui réunies en une seule entité, ce qui représente un peu plus de 120 salariés sur place."

"La force de frappe de B&M va nous permettre des économies d'échelle sur l'approvisionnement. Ils ont aussi la particularité de travailler avec de grandes marques, ce que Babou ne faisait qu'à la marge. En Angleterre, ils vendent aussi des produits de grande consommation. A terme, nous devrions les retrouver plus largement dans les rayons de Babou", précise le porte parole du groupe.

Adossé à un grand groupe, Babou devrait avoir désormais les moyens de se développer sans perdre de part de marché.

C'est en tout cas le pari de Cédric Mahieu, le nouveau directeur de l'entreprise auvergnate, successeur de Thierry Morter. Il préparait l'intégration de Babou dans les rangs de B&M depuis janvier 2018.

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