Bijoux Jean Delatour : comment la success-story est devenue obsolète

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Peut-être aurait-il fallu prendre des virages plus tôt, s'interroge Serge Fréty. Mais l'histoire ne se réécrit pas.
"Peut-être aurait-il fallu prendre des virages plus tôt", s'interroge Serge Fréty. Mais l'histoire ne se réécrit pas. (Crédits : DR)
Le tribunal de commerce de Lyon a prononcé la liquidation du groupe et les 172 salariés seront tous licenciés d'ici à fin mai/début juin. La société s'était lancée sur un modèle économique de magasins de grande taille localisés en périphérie et de bijoux, entrée et moyen de gamme, qui durent. Ce qui avait fait son succès était devenu son talon d'Achille. Décryptage.

Se résoudre à la disparition de sa société, un crève-cœur pour un chef d'entreprise. Et plus encore lorsqu'elle a été créée par son père. Serge Fréty le directeur général des bijoux Delatour n'a pu éviter cette issue. Le 12 avril le tribunal de commerce de Lyon a prononcé la liquidation judiciaire des 25 filiales portant les 25 magasins en propre, tous fermés au cours des dernières semaines. Les 128 employés seront licenciés d'ici au début du mois de mai. Les 42 salariés du holding, dont dépendent en direct le siège, la logistique, les activités commerciales, seront, eux, licenciés fin mai, début juin. Et leur incompréhension est grande.

"Je veux sortir dignement et proprement", témoigne Serge Fréty. Je pense à nos collaborateurs mais aussi à tous nos prestataires avec qui nous avons eu des relations étroites. Et je les ai informés en amont pour qu'ils puissent anticiper la baisse de leurs charges de travail".

"Peut-être aurait-il fallu prendre des virages plus tôt", s'interroge Serge Fréty. Mais l'histoire ne se réécrit pas. Celle des bijoux Jean Delatour fut une "success story" observée par les acteurs du secteur. Il fallut de la détermination à Jean-Pierre Fréty, forain de métier, pour se lancer dans cette aventure commencée avec une première boutique au pied des tours des Minguettes à Vénissieux, banlieue à laquelle il est resté fidèle. Pour faire ses bijoux, il s'était allié à un professionnel lyonnais.

 2014

Les difficultés de l'entreprise, positionnée sur la joaillerie et horlogerie d'entrée de gamme et moyen de gamme, remontent à 2014. La juridiction commerciale lyonnaise ouvrait, en juin de cette année-là, une procédure de sauvegarde pour les sociétés qui n'étaient pas en cessation de paiement (60 % du périmètre) tandis que les autres (40 %) étaient placées en redressement judiciaire avec à la clef une restructuration. Faute de parvenir à enrayer la chute d'activité en interne, mandat fut donné, en juillet 2015, à un cabinet spécialisé en fusion/acquisition pour vendre la totalité du groupe

"Je me suis impliqué à ses côtés, explique Serge Fréty. Nous avions identifié 136 contacts : des acteurs de notre métier, français et étrangers et même Américains, des fonds d'investissement, des fonds dits de retournement, des investisseurs privés".

Pas un seul repreneur éventuel ne donnera suite.

"Notre force est devenue notre talon d'Achille"

Face à ce...

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