Christophe Bellet, brasseur malin

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« Il est essentiel et impératif de valoriser les acteurs locaux », soutient Christophe Bellet.
« Il est essentiel et impératif de valoriser les acteurs locaux », soutient Christophe Bellet. (Crédits : Laurent Cérino/ADE)
La bière plutôt que le vin. Les céréales plutôt que le raisin. À 28 ans, Christophe Bellet est un brasseur un peu fou qui a fait le pari de concevoir une bière artisanale d'un nouveau genre sans malt et 100 % local : la bière Dulion.

« Contrairement au vin, le cahier des charges d'une bière est plus simple. » Dès lors, à la fin de ses études d'ingénieur à l'école Isara de Lyon, Christophe Bellet s'investit passionnément dans la création de la brasserie Dulion. Un projet ambitieux aux dimensions durables cassant les manières traditionnelles de développement.

Le jeune homme a donc repensé entièrement la chaîne de production afin de supprimer l'opération de maltage qui consiste à reproduire, de manière industrielle, le développement naturel d'une céréale. Une opération très énergivore.

Pas de matières premières importées

Intégré au laboratoire de l'Isara, et grâce à ses trois années de recherche et un dépôt de brevet plus tard, Christophe Bellet est donc capable de sauter cette étape et de travailler l'orge et le houblon dès qu'ils sont ramassés.

« La problématique était de ne pas importer de matières premières, comme peuvent le faire la plupart des brasseries artisanales, ce qui nous permet de faire du 100 % local. »

Pour parfaire son projet, l'entrepreneur-ingénieur s'est entouré d'agriculteurs du Beaujolais pour la culture en bio du houblon - « c'est le 1 % nécessaire qui permet d'aller au bout de la démarche » -, et du Grand Parc de Miribel-Jonage pour les céréales.

« Il est essentiel et impératif de valoriser ses acteurs locaux », soutient-il.

Essaimage dans d'autres villes

La commercialisation de ses quatre bières, lancée depuis le premier semestre 2015, est également réalisée en circuit court dans un rayon de 50 kilomètres. Mais loin de se contenter d'une production locale, réalisée à Rillieux-la-Pape (Rhône), le brasseur voit plus grand.

« Avec ce process industriel, nous pouvons désormais essaimer dans d'autres villes et produire en grande quantité tout en conservant cette logique de proximité », garantit le jeune homme.

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Commentaires
a écrit le 12/08/2015 à 21:25 :
super, hâte de gouter cette bière au bel état d'esprit
a écrit le 29/07/2015 à 13:12 :
Ce n'est pas de la bière. La definition légale est un boisson fermentée produite avec minimum 50% de malt parmi toutes les matières amylacées ou sucrées. c'est ce que font les indsutriels avec les 50 autres % en sucre. Même ce que proposent les industriels se rapproche plus de la bière que la boisson fermentée à base de céréales de la Dulion.
Réponse de le 30/07/2015 à 22:32 :
Je ne comprends pas votre message négatif Carole. La Dulion ne peux effectivement pas s'appeler "bière" en France car la définition légale impose au moins 50% de malt dans la formulation, c'est à dire 50% de céréales pour éviter les apports d'amidon (sucres) moins nobles (extraction de la betterave etc...). Le décret français est donc protecteur pour le consommateur et c'est tant mieux. Cependant, la Dulion est exclusivement fabriqué à partir de céréales nobles, elle n'a donc pas d'appelation uniquement car elle est en avance sur la législation. Même la loi de pureté allemande ne parle pas de malt mais de céréales... Quand on comprends le gain énergétique associé au bypass du maltage, on imagine que ce procédé représente des perspectives énormes pour toute la filière. C'est sure, cela ne va pas plaire à tous le monde !

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