SES 43 : la reprise par Plastica confirmée

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(Crédits : DR)
La cour d’appel de Riom a rendu sa décision, mercredi comme attendu. La PME altiligérienne de plasturgie SES 43 sera bien reprise par le groupe ivoirien Plastica.

La décision ravit les salariés et le repreneur, mais fait enrager l'actuel dirigeant de la petite entreprise de plasturgie de Saint-Pal-de-Mons (43). Mercredi dernier, la cour d'appel de Riom a validé la reprise de SES 43 (Stefany Emballages Services) par le groupe ivoirien Plastica. Une instance à laquelle avait fait appel le Procureur du Tribunal de commerce du Puy-en-Velay, contestant l'attribution initiale à Leygatech, entreprise locale mais moins disante socialement.

"Nous nous sommes battus pour que l'offre de Plastica soit retenue, nous avons eu gain de cause. Tous les postes sont maintenus sur place, c'est une victoire", se réjouit Yohan Fialon, représentant CGT de l'entreprise.

Cette reprise se fait dans un contexte particulier. En difficulté depuis plusieurs mois, SES fait face à une hausse considérable de son carnet de commandes depuis quelques jours. Et pour cause, elle est la dernière entreprise française à fabriquer des sacs à double ouverture pour les vêtements contaminés.

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Selon son dirigeant actuel, Jean-Philippe Grail, elle détiendrait un quart du marché français, le reste étant approvisionné par des entreprises chinoises et anglaises. Deux sources bloquées par l'épidémie actuelle de coronavirus.

Dès ce vendredi, Jean-Philippe Grail rentrera donc chez lui, sans sa casquette de patron et laissera les clés à son successeur. Une situation qui "l'écœure".

"J'espérais un report de la décision du tribunal"

"D'habitude, en une année, on produit 800 000 sacs. En une semaine, on a enregistré du travail pour 6 ans ! Nous devons faire face à un manque de personnel mais il est indispensable de continuer à produire pour alimenter les hôpitaux dans la situation actuelle. C'est vital pour les établissements de santé même si ce sont de mauvais payeurs. Or, le moindre grain de sable peut déstabiliser l'ensemble. Je ne décolère pas", avance Jean-Philippe Grail.

Le dirigeant s'attendait à un report de la décision, afin de laisser le temps au nouveau propriétaire de prendre tranquillement les manettes de l'entreprise une fois la crise passée.

"Même si c'est évidemment difficile d'être dépossédé de l'entreprise familiale, je ne suis pas contre la reprise par Plastica. En revanche, le patron du groupe est confiné en Côte-d'Ivoire. Ici, il n'a que son représentant financier. C'est lui qui va faire tourner l'usine ?". Dans ces conditions, précise-t-il, inutile d'assurer une quelconque transition, "cela n'aurait aucun intérêt".

Et de glisser que si la cour d'appel avait relancé les appels d'offres, il aurait peut-être envisagé de s'en sortir tout seul.

Il est désormais trop tard. Lundi, un nouveau patron sera à la barre de l'entreprise et déposera un million d'euros sur le compte de l'entreprise. De quoi donner un peu d'air à cette entreprise dont le niveau de trésorerie flirte avec le plancher.

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