Crédit Agricole Loire Haute-Loire : un niveau historique d’encours crédits

 |   |  842  mots
(Crédits : DR)
La caisse régionale du Crédit Agricole Loire Haute-Loire publie ses résultats annuels. Ils sont marqués par une bonne performance commerciale mais aussi par une baisse des résultats.

Le produit net bancaire qui était reparti à la hausse l'année dernière est de nouveau en baisse de 3,1% pour s'établir à 268,5 millions d'euros. Le résultat net consolidé part du groupe chute lui aussi de 7,7% pour atterrir à 91,9 millions d'euros. Mais pour Gérard Ouvrier-Buffet, directeur général du CALHL, ces chiffres ne traduisent pas une contre-performance commerciale.

"Nous avons ouvert 25 000 nouveaux comptes clients en 2019, soit 2 500 de plus qu'en 2018. Ces chiffres sont plutôt à analyser au regard d'opérations internes.  La baisse du PNB provient principalement de la baisse de la marge d'intermédiation (-9,5%) sur un an, générée en partie par la variation de la provision Epargne Logement. En clair, les taux de l'épargne logement étant plus élevés, nous devons provisionner comptablement ce risque de taux. Cela a représenté 6,5 millions d'euros", explique-t-il.

De plus, le CALHL a poursuivi ses opérations de restructuration du passif.

"Nous avons effectué des opérations de remboursement anticipé. Les indemnités liées ont impacté notre marge d'intermédiation à hauteur de 5 millions d'euros. Sans ces opérations exceptionnelles, la marge d'intermédiation et le Produit Net Bancaire auraient été en hausse en 2019/2018", poursuit-il.

La baisse du résultat net consolidé est, de son côté, principalement expliquée par les résultats moindres de Locam, filiale de la caisse régionale spécialisée dans la location financière et le crédit bail (B2B).

"Locam investit 20 millions d'euros sur trois ans dans la refonte de son système d'information", explicite le DG du Crédit Agricole Loire Haute-Loire.

Le niveau de fonds propres prudentiels représente 1 333 millions d'euros et la Caisse régionale a renforcé en 2019 son niveau de solvabilité avec un ratio Bâle3 de 26,6% (minimum réglementaire : 10,8%). Le CALHL s'affiche ainsi comme la caisse la plus solide du groupe de ce point de vue.

Un encours de crédits à un niveau historique

En parallèle, le CALHL affiche un niveau historique d'encours de crédits. Avec une accélération de 5,1% en 2019, ils atteignent 8,5 milliards d'euros. Un niveau jamais atteint par la banque. Cet encours a été porté par le dynamisme des prêts habitat (+5,1%), du crédit à la consommation (+9,3%) et les crédits entreprises / professionnels / agriculteurs.

"Les entreprises ont encore beaucoup investi en 2019. Pour celles qui hésitaient, le niveau très bas des taux d'intérêt a probablement accéléré la prise de décision".

Gérard Ouvrier-Buffet pointe également la part non négligeable des transmissions d'entreprise dans ces crédits. Si les crédits ont augmenté, le coût du risque pour le CALHL est lui, en recul de 4 millions d'euros en raison d'une amélioration concentrée sur le risque crédit individuel.

"Ce recul traduit plusieurs phénomènes : d'abord que l'économie ne va pas si mal qu'on l'entend parfois. Ensuite, que les taux d'intérêt bas ont allégé les charges de chacun et contribuent à la baisse des défaillances. Et enfin, que nous avons amélioré nos systèmes de gestion. Nous sommes plus rapidement aux côtés des clients en cas de difficulté".

Pas de zig zag

Sur ce sujet du crédit, Gérard Ouvrier-Buffet promet par ailleurs que sa caisse s'adaptera "paisiblement" aux recommandations toutes récentes du Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF). Celles-ci préconisent une interdiction des prêts de plus de 25 ans et un taux d'endettement inférieur à 33%.

"Nous ne faisions déjà plus de prêts de 30 ans depuis quelques années. Concernant ceux de 25 ans, nous attendons de savoir si cette durée inclue les périodes d'anticipation (déblocages partiels lors de la construction d'un logement notamment NDLR). Le vrai sujet, selon moi, concerne plutôt ce taux de 33%", signale le directeur général de la banque.

"Les taux bas voulus par la BCE ont provoqué une moindre mobilisation de l'autofinancement. Progressivement, les crédits, chez nous comme ailleurs, ont été amenés à déborder de ces fameux 33% qu'on connait depuis très longtemps. Ce n'est pas un problème en soi puisque les défaillances n'ont pas progressé mais je conçois qu'un endettement en hausse des ménages français pose un problème macroéconomique. J'ai donné une recommandation à mes équipes : pas de zigzags brutaux. Nous serons compréhensifs avec les projets déjà engagés afin de ne pas mettre nos clients en difficulté tout en convergeant vers les instructions du HCSF".

Premier réseau bancaire

Avec 140 agences, 192 points verts et 1 185 collaborateurs, le Crédit Agricole Loire Haute-Loire conserve sa place de premier réseau bancaire du territoire. Le plan de rénovation des agences s'est poursuivi et est presque achevé désormais. Restent encore au programme de 2020 deux projets immobiliers d'envergure : la rénovation du siège social, rue Bergson qui devrait s'achever en octobre prochain après plus de deux ans de travaux et la construction d'un nouveau bâtiment à Vals-près-le-Puy pour accueillir les équipes back et middle office de la Banque.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :