VTC : A Lyon, Bolt compte sur ses mesures sociales pour séduire chauffeurs et clients

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(Crédits : Bolt)
L'application de VTC Bolt a choisi Lyon pour déployer son offre à destination des chauffeurs qui s'inscrivent sur sa plateforme. Son objectif : se différencier auprès des utilisateurs pour sérieusement challenger Uber, le leader du secteur.

Dès ce jeudi 30 janvier, les règles de rémunération du petit millier de chauffeurs lyonnais qui œuvre pour la plateforme de VTC Bolt vont changer. Désormais, la plateforme tient compte, pour calculer la rémunération des chauffeurs, des spécificités et de la diversité géographique de la ville en périphérie ainsi que des conditions réelles de la route.

"Cela permettra aux chauffeurs de gagner jusqu'à 15 % de plus que sur d'autres plateformes après déduction de la commission," assure Henri Capoul, le directeur de Bolt France.

En complément, la plateforme introduit dans son application l'affichage des adresses de départ et de destination du trajet avant acceptation de la course.

"Ils pourront mieux choisir leurs courses. Et nous n'introduisons pas d'obligation d'accepter les courses", poursuit le directeur.

Des évolutions qui ne devraient pas, dans un premier temps, être répercutées sur les clients lyonnais. Ils devraient bénéficier, selon l'opérateur, de réductions immédiates de 50 %, puis, dans un second temps, de 15 à 20 % en moyenne

"Une ville plus apaisée"

Dans un contexte social tendu, où les chauffeurs réclament plus de justice face aux géants du secteur, ce n'est pas un hasard si Bolt déploie cette nouvelle politique en faveur des chauffeurs à Lyon.

La plateforme a pu, plus facilement qu'ailleurs, initier un dialogue avec les chauffeurs, notamment ceux regroupés sous l'égide de l'association des chauffeurs indépendants lyonnais (ACIL). Elle regroupe plus de 500 membres.

"C'est une association proactive qui a la capacité de faire passer beaucoup de messages. Lyon est la première ville où l'on arrive à collaborer autant et à instaurer un dialogue. À Lyon, le climat est plus apaisé, la relation entre les chauffeurs et la plateforme est plus facile", estime le dirigeant.

"Nous nous réjouissons qu'une plateforme souhaite améliorer les conditions de travail des artisans-chauffeurs de la Métropole de Lyon. Bolt est prêt à tirer le marché du VTC vers le haut et nous saluons la démarche naissante", indique, pour sa part Mehdi Mejeri, le président de l'ACIL.

La plateforme se donne un mois pour évaluer ces premiers résultats. S'ils sont probants, elle pourrait s'intéresser à d'autres villes françaises et lui appliquer ce modèle. Elle aimerait également que cette initiative lyonnaise fasse des émules à Paris, son autre ville d'implantation française. Mais rien n'est moins sûr.

"Nous sommes en dialogue avec la CFDT à Paris. Mais le marché est plus gros et compétitif, ce n'est pas évident. Nous espérons être un exemple pour les autres plateformes", glisse le directeur.

Stratégie de différenciation

Si la réponse de Bolt aux revendications des chauffeurs est d'ordre sociale, elle n'en reste pas moins un élément de différenciation de son approche commerciale.

En recrutant davantage de chauffeurs (elle estime qu'elle pourrait en séduire au moins 500 de plus), la plateforme, déjà le deuxième acteur du marché à Lyon, entend séduire davantage de clients, même si ses trajets sont un peu plus chers. Et ainsi sérieusement challenger son concurrent direct, Uber.

"La question est soulevée par nos clients français. Ils ont tendance à consommer plus vert et plus social. Nous voulons nous imposer à long terme en proposant de meilleures conditions de travail à nos chauffeurs", poursuit-il.

Implanté dans 150 villes dans le monde et 35 pays, Bolt souhaite reproduire ce modèle "à chaque fois que c'est possible".

"Chaque ville a sa spécificité, c'est à observer", conclut-il.

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