Villeurbanne : l'incubateur de startups Bel Air Camp va renaître de ses cendres

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(Crédits : DR)
Partiellement détruit par un incendie, la pépinière d'entreprises va mettre en place des solutions nouvelles de collaboration et de relogement qui seront effectives en tout début d'année prochaine. Le processus de reconstruction sera lancé dans la foulée.

L'élan de solidarité rencontré au lendemain de l'incendie ne faiblit pas pour soutenir les 350 personnes qui travaillaient au sein de la pépinière Bel Air Camp à Villeurbanne. Pour l'heure, la plupart de la cinquantaine d'entreprises ont une solution immobilière au moins jusqu'à la fin de l'année. De quoi poursuivre tant bien que mal leurs activités, et esquisser les contours du Bel Air Camp de demain.

"L'heure est à la reconstruction de la communauté et de nos locaux, mais aussi à la construction de notre vision pour demain", trace Didier Caudard Breillle, président de Bel Air Camp, qui estime avoir besoin du soutien de la ville de Villeurbanne et de la métropole de Lyon pour relever ce défi.

Une reconstruction pensée avec la communauté

Pour accélérer la renaissance de Bel Air Camp chaque recoin du vaste espace que forme le site de plus de 34 000 m² va être valorisé. Le bâtiment Bel Air 3, aménagé en urgence en coworking permet de reloger une douzaine de startup. Dans Bel Air 2, l'aménagement de nouvelles surfaces de travail qui devraient être opérationnelles début 2020 offrira des solutions plus pérennes. Des bâtiments modulaires viendront s'ajouter à ces aménagements d'urgence. Enfin, dès que les enquêteurs auront achevé leur travail, la reconstruction du bâtiment détruit sera lancée. Les projets sont calés, reste à réunir des fonds nécessaires à ces reconstructions.

"Nous trouverons les fonds", assurent des dirigeants du Bel Air Camp.

En parallèle, de nouvelles pistes de travail au sein de la communauté se dessinent.

"Nous allons lancer le concept Bel Air neighbours, qui sera une nouvelle façon d'intégrer la communauté via des petites surfaces que nous louerons dans Villeurbanne et que nous proposerons à des entreprises souhaitant les partager", décrit Pauline Siché-Dalibard, directrice générale de Bel Air Camp.

D'autres idées émergeront peut-être, car le nouveau visage de Bel Air Camp se construit au fil de l'eau en associant à la réflexion l'ensemble des entreprises qui étaient sur le site. L'objectif étant de tout mettre en œuvre pour ne pas casser la communauté forte née entre ces murs.

Des solutions d'urgence pour tous

En attendant de voir le nouveau Bel Air Camp prendre forme, l'écosystème local reste mobilisé. Au sein de la commune de Villeurbanne, le dispositif d'urgence mis en place quelques heures après le sinistre, est toujours en place.

"Nous avons travaillé avec la métropole et Bel Air Camp pour d'abord palier l'urgence du relogement. Aujourd'hui, 30 entreprises ont une solution leur permettant de rester à Villeurbanne. Ce sont des solutions à court terme et gratuites pour au moins trois mois", explique Céline Fournier, directrice du développement économique, de l'emploi et de l'insertion de Villeurbanne.

Elles sont hébergées au sein de locaux prêtés par la ville et la Métropole.

"Depuis, l'incendie, les services de la métropole ont reçu 51 des 57 entreprises, soit 100% de celles qui sont venues pour identifier leurs besoins et leur proposer des solutions de relogement adaptées selon la superficie dont elles peuvent avoir besoin, le lieu où elles souhaitent s'installer", indiquent les services de la métropole.

Bel Air Camp a lui aussi pu aménager un espace de coworking. Quatre autres startups, plus matures, ont choisi de louer des locaux dans des zones d'activité de Villeurbanne.

"Aujourd'hui, il reste seulement une ou deux entreprises exerçant des activités nécessitant des installations spécifiques, à l'image d'un traiteur, qui restent sans solution. Nous continuons de travailler avec eux et des projets se dessinent, au moins pour leur permettre d'honorer leurs commandes urgentes", note Céline Fournier.

Rester mobilisés

L'enjeu reste de parvenir à inscrire ces efforts dans la durée. Un objectif partagé par l'ensemble des acteurs auquel s'ajoute désormais le Conseil Régional qui vient de mettre en place un dispositif d'accompagnement pour les entreprises du Bel Air Camp.

"Nous recevrons chacune d'elles pour examiner leurs besoins", promet Annabelle André Laurent, vice-présidente de la Région Auvergne-Rhône-Alpes chargée de l'économie.

La recherche de locaux fera partie des solutions proposées, mais la Région a aussi mobilisé ses partenaires, comme la BPI et d'autres acteurs financiers afin d'aider les entrepreneurs à passer ce cap délicat, notamment en les aidant à mobiliser de la trésorerie.

"Ils auront par exemple certainement besoin de garantir des prêts de trésorerie, nous pourrons les aider", illustre Annabelle André Laurent.

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