Loire : En difficulté, le groupe Nourrisson doit se recentrer sur son activité historique

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Le dirigeant de Nourrisson, également président de l'UIMM Loire, devrait se mettre provisoirement en retrait du mouvement patronal.
Le dirigeant de Nourrisson, également président de l'UIMM Loire, devrait se mettre provisoirement en retrait du mouvement patronal. (Crédits : Groupe Nourrisson)
La PME familiale Nourrisson, spécialiste du foret de perçage pour le béton et le bois, a été placée en redressement judiciaire cet été. Pour se sortir de ce mauvais pas, elle veut céder son activité négoce pour se recentrer sur son activité industrielle historique.

"Mon état d'esprit ? Je fais un état des lieux de mes erreurs". Vincent Nourrisson dirige la PME montbrisonnaise (42) éponyme, spécialisée dans la fabrication et le négoce de forets de perçage pour le bois et le béton. L'entreprise a été placée en redressement judiciaire au début du mois, elle emploie 85 salariés dans la Loire, 45 en Tunisie et 8 en Chine, pour un chiffre d'affaires total de 12,5 millions d'euros en 2018.

"J'ai fait des erreurs d'appréciation dans le timing, j'ai probablement été trop ambitieux sur notre capacité à absorber les dernières opérations de croissance et j'ai mal choisi mes partenaires informatiques et financiers. Il y a eu un faisceau de petites choses qui nous ont conduit à cette situation", déroule le dirigeant, affecté par les difficultés de cette PME dont le capital est détenu à 92% par sa famille.

Élément déclencheur : le retrait des banques

Pour Vincent Nourrisson, l'origine des difficultés est née d'une croissance externe, en novembre 2016 : l'acquisition des entreprises stéphanoises FOS (outils spéciaux pour l'industrie mécanique) et ABM (écrous de sécurité et de réglage). Objectif affiché à l'époque : construire dans les 5 ans un groupe pesant au moins 17 millions d'euros de chiffre d'affaires, grâce à la complémentarité des différentes activités.

Ces deux entreprises étaient alors en excellente santé financière mais la transmission ne s'est pas passée comme prévue.

"Nous avons beaucoup investi dans le commercial et la transmission du savoir-faire. Beaucoup, mais pas assez, nous avons sous-estimé l'investissement nécessaire. En raison de ce problème notamment, nous avons attaqué l'année 2018 avec une trésorerie au plus bas", reconnait Vincent Nourrisson.

En parallèle, la PME a décidé de basculer sur un nouvel ERP, plus adapté à une entreprise disposant de plusieurs unités : Montbrison donc mais aussi désormais les deux usines de Saint-Etienne et la Tunisie avec une usine lancée en 2014 pour rapatrier des productions chinoises.

"La mise en place de cet ERP a été chaotique ce qui a généré des retards de livraison importants, allant jusqu'à un mois ! L'impact commercial a été fort car nous sommes sur un métier où nous devons livrer très rapidement !".

Plusieurs mesures ont donc été prises pour limiter les dégâts avec notamment la fermeture du bureau allemand, la suppression de deux postes de commerciaux et l'entrée au capital fin 2018 d'un industriel montbrisonnais (identité non communiquée).

"Nous avons entamé un tour de table bancaire fin 2018 pour faire face à nos besoins de trésorerie et à notre dette fournisseur. Nous avions les accords oraux mais les discussions ont pris trop de temps. De façon incompréhensible, un des partenaires financiers, a décidé de se retirer en revoyant son analyse des risques. Les autres banques ont évidemment suivi comme souvent dans ces cas-là".

Démembrement de la PME

Sans cette manne financière, Vincent Nourrisson a donc dû se résoudre à déclarer une cessation de paiement. Trop tard pour la procédure de sauvegarde.

"Cette situation est d'autant plus absurde que les problèmes de l'ERP sont réglés et qu'au niveau commercial, nous sentons le rebond. Nous sommes de nouveau complètement opérationnels".

Avec une dette de quelque 3 millions d'euros, Nourrisson est donc désormais dans l'obligation de trouver une nouvelle issue. La solution pourrait résider dans un démembrement de la PME.

"Le mieux serait de céder l'activité négoce (représentant les 2/3 du chiffre d'affaires NDLR) pour nous recentrer sur notre activité historique d'industriel. L'activité négoce est trop volatile", estime Vincent Nourrisson.

Il espère pouvoir présenter rapidement un plan de continuité sur la partie industrielle. Les appels d'offre vont être lancés dans quelques jours, avec une clôture mi-octobre.

Mise en retrait de l'UIMM

Président de l'UIMM Loire depuis quelques mois, Vincent Nourrisson estime plus sage de se mettre en retrait provisoirement afin de se concentrer sur son entreprise.

"Je ne pense pas démissionner mais prendre du recul quelque temps. Je vais demander à un vice-président de prendre le relais", annonce-t-il, précisant que les détails seraient communiqués dans les prochains jours.

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