Les Petites Cantines lancent leur réseau pour structurer leur essaimage

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Trois Petites Cantines sont ouvertes à Lyon
Trois Petites Cantines sont ouvertes à Lyon (Crédits : DR)
En misant sur le modèle fédératif, les fondateurs de ces restaurants participatifs espèrent poursuivre leur développement sans perdre l'âme de leur concept et en enrichissant la gouvernance de l'expérience collective. D'ici 2022, une vingtaine de Petites Cantines devraient voir le jour en France.

L'idée est on ne peut plus simple : un lieu où chacun peut se restaurer, être associé à la préparation des repas et surtout rencontrer d'autres convives d'horizons très divers, car les Petites Cantines sont ouvertes à tous. En 3 ans, elles ont servis 35 000 repas dans leurs 4 implantations. C'est en combinant ces trois ingrédients que Diane Dupré-Latour et Etienne Thouvenot ont lancé en 2015, les Petites Cantines.

Aujourd'hui, trois Petites Cantines sont implantées à Lyon et une à Lille. Avant Annecy, Strasbourg, et d'autres sites à Lyon cet automne. Pour accompagner ces implantations, les co-fondateurs souhaitent associer plus étroitement les maîtres de maison, chefs d'orchestre de chaque site, à la gouvernance de l'ensemble du réseau. Ils estiment qu'ils ont besoin d'une structure leur permettant de mieux partager les bonnes pratiques et de dynamiser la capacité d'autofinancement des projets. Ce sera le rôle du réseau des Petites Cantines qui vient de voir le jour.

"Nous le construisons sur le mode fédératif et il sera animé par la communauté", expliquent-ils

Plusieurs modèles économiques en un

Ce réseau permettra de favoriser les échanges entre les différentes Petites Cantines dont le nombre devrait se multiplier rapidement. Chaque entité s'ouvre et vie sous forme associative, même si une association peut chapeauter plusieurs sites.

"C'est important que chaque Petite Cantine salarie son maître de maison et conserve une autonomie de gestion", note Etienne Thouvenot qui précise qu'à ce jour les associations existantes parviennent à équilibrer leurs comptes avec les adhésions et les participations au frais des repas des convives qui restent libres du montant qu'ils donnent.

Si ce modèle économique est stabilisé, celui de l'essaimage est, en revanche, plus incertain. Il repose sur les dons des mécènes qui financent les travaux et la phase durant laquelle les porteurs de projet peaufinent leur stratégie. Le réseau doit donc aussi permettre de faire évoluer ce modèle vers l'autofinancement. Comme celui du financement des salariès occupant les fonctions support qui lui aussi repose sur le mécénat.

De nouveaux partenaires

En attendant, les mécènes restent la pierre angulaire du développement des Petites Cantines. Leurs contributions prennent aussi bien la forme d'un soutien financier, en ingénierie ou en nature via les invendus collectés auprès des commerces de proximité.

"Nous tenons aux circuits courts, donc nous restons sur cette notion de proximité", fait valoir Etienne Thouvenot.

L'intérêt du réseau de partenaires va bien au-delà que ces échanges sonnants et trébuchants et les co-fondateurs souhaitent notamment dynamiser le mécénat de compétences afin d'enrichir leurs parcours de regards extérieurs. L'ADN même des Petites Cantines, construites autour de la notion de partage et de brassage.

Ces notions se retrouvent d'ailleurs au sein de la communauté « d'habitants » puisque un tiers des repas sont pris par des moins de 30 ans, et un tiers par des plus de 50 ans. Par ailleurs, un tiers des habitants viennent déjeuner ou dîner au moins une fois tous les deux mois dans une Petite Cantine, un tiers entre deux et quatre fois par an et un tiers une fois par an. L'objectif est désormais de ne pas perdre ces équilibres en multipliant les sites.

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