L'autocariste Berthelet se met au tourisme fluvial

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(Crédits : DR)
Le transporteur Berthelet vient de boucler l'acquisition de la compagnie des Grands bateaux de Provence, qui exploite des bateaux de tourisme fluvial au départ d'Avignon. Un nouveau métier et un premier rachat hors de ses bases régionales pour le groupe familial lyonnais qui cherche à se diversifier.

Une acquisition qui en dit long sur la stratégie de Berthelet. Engagé dans une diversification de ses activités en même temps qu'un développement national, l'historique transporteur régional fait coup double avec la reprise des Grands bateaux de Provence.

En effet, pour son premier rachat hors de ses terres "historiques", le groupe lyonnais se lance également dans un nouveau métier en prenant le contrôle de cette petite compagnie de tourisme fluvial (2 millions d'euros de chiffre d'affaires par an, effectif de 16 E.T.T) qui exploite, depuis Avignon, quatre embarcations sur le Rhône (deux bateaux-restaurants, un bateau-hôtel et une navette électrique).

"Le tourisme fluvial s'inscrit en cohérence avec nos activités. Par exemple, on peut imaginer la proposition de formules où les clients viennent en car Berthelet jusqu'à Avignon, font une croisière de quelques jours en Camargue sur un bateau des Grands bateaux de Provence puis repartent ensuite en car. Cela nous permettrait de capter une clientèle plus large", expose Aurélien Berthelet, le directeur général du groupe.

Désormais à la tête de la compagnie cédée par son fondateur qui prend sa retraite, le nouveau propriétaire entend "redynamiser et redonner une image moderne" à l'entreprise qu'il qualifie de "belle endormie".

"Le potentiel de l'entreprise est vraiment important, notamment en développant l'axe BtoB. J'estime que l'on peut doubler le chiffre d'affaires des Grands bateaux de Provence d'ici trois à cinq ans. Et cela avec l'outil actuel, sans racheter de nouveaux bateaux, mais en amenant des transformations."

"Trouver de nouveaux relais de croissance"

Au-delà du potentiel du développement des Grands bateaux de Provence, le groupe Berthelet (39 millions d'euros de chiffre d'affaires, près de 400 salariés) illustre avec cette reprise sa stratégie de diversification de ses métiers.

Sixième acteur du transport de voyageurs en France avec 8 millions de personnes transportées par an, l'autocariste qui opère pour le compte du Sytral, du département de l'Isère ou bien des Aéroports de Lyon, cherche à rééquilibrer le mix public-privé de son chiffre d'affaires.

"A l'heure actuelle, nous réalisons 75% de notre activité en tant qu'opérateur de transports publics, je voudrais ramener cette part à 50% de notre chiffre d'affaires tout en continuant, bien sûr, à développer cette activité historique du transport collectif qui contribue à la rentabilité de l'entreprise. Mais je veux diversifier nos activités pour diversifier les risques, et trouver de nouveaux relais de croissance", expose le dirigeant.

Problématique du "dernier kilomètre"

Une évolution symbolisée par le vocabulaire employé par Aurélien Berthelet : le groupe Berthelet n'est plus simplement un autocariste, mais un "opérateur de mobilité et de services ".

"Cela veut dire que l'on intègre à notre offre de nouvelles solutions pour aider la mobilité des voyageurs d'un point A à un point B, notamment dans la problématique du "dernier kilomètre". Cela peut être de l'autopartage, du covoiturage, une navette autonome, des vélos ou des trottinettes électriques... Nous devenons alors un intégrateur et coordinateur de solutions de mobilités pour proposer une offre globale construite avec des partenaires. Et c'est ce qu'attendent nos clients, notamment les entreprises de plus de 100 salariés qui ont l'obligation de se doter d'un plan de déplacement ".

Berthelet est ainsi une des parties prenantes (avec Eiffage, la Métropole de Lyon, le Sytral...) du projet MIA, du nom de la navette électrique autonome expérimentée depuis le début de l'année sur la zone d'activité des Gaulnes de Meyzieu-Jonage.

50 millions d'euros de CA d'ici à 5 ans

Indépendant depuis sa création en 1946 - 100% du capital est détenu par la famille fondatrice -, le groupe pourrait, selon son dirigeant, "raisonnablement" atteindre 50 millions d'euros de chiffre d'affaires au cours des cinq prochaines années.

Aurélien Berthelet perçoit notamment un "potentiel important" pour la branche Berthelet Voyages (9 millions d'euros de chiffre d'affaires par an), qui prévoit de renforcer son réseau pour atteindre "10 à 15 agences" sur l'agglomération lyonnaise dans les trois ans.

Un développement sur ses métiers "historiques" ou vers les solutions de mobilité de demain que Berthelet entend réaliser en gardant son indépendance :

"S'il faut ouvrir, dans le futur, le capital de l'entreprise pour aider son développement, je le ferai. Des investisseurs frappent à notre porte, mais ce n'est pas à l'ordre du jour tout simplement parce que je n'en ai pas besoin pour l'instant".

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Commentaires
a écrit le 06/02/2019 à 22:45 :
pourquoi ne partirait-t’il pas de Marseille ce Grand Bateau ? Marseille-Lyon,
Lyon-Marseille
Un aller retour au BONHEUR ! VOILA TOUT ! qu'on se le dise avec nos accents !
Réponse de le 07/02/2019 à 17:04 :
et bien parce que Marseille ne peut pas être rejointe par des bateaux fluviaux depuis que le tunnel du Rove s'est effondré en ... 1963, mais aussi parce que cela existe déjà entre Arles et la Bourgogne à raison de 26 paquebots navigants entre mars et novembre. Vous avez le choix!!

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