Guillaume Decitre  : "Je n'occupe plus de fonctions opérationnelles au sein de Decitre"

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(Crédits : DR)
La vente de Decitre au Furet du Nord est désormais officielle. Guillaume Decitre explique à La Tribune pourquoi il a décidé de céder le groupe familial lyonnais fondé en 1907. Et dévoile ses projets personnels, non sans un "pincement au coeur".

Pourquoi avez-vous pris la décision de vendre Decitre ?

C'est assez simple : nous avons été approché avant l'été par le Furet du Nord qui nous a fait part de sa volonté de se porter acquéreur de Decitre pour bâtir le premier réseau français de librairies grâce à un projet ambitieux et passionnant.

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En tant que chef d'entreprise, mon rôle est de toujours de me poser la question de quelle sera la prochaine étape de développement pour faire perdurer l'enseigne dans un environnement très concurrentiel. Et cela passait, pour Decitre, par l'adossement à un repreneur.

Qu'est-ce qui vous a fait dire que c'était le moment pour une cession ?

Je ne sais pas si c'était le bon moment, mais c'est avant tout que les deux enseignes, toutes deux des leader régionaux, sont complémentaires. Ils ont beaucoup travaillé l'offre de produits en magasin, nous a beaucoup développé le e-commerce... il y a donc des synergies possibles qui sont très intéressantes dans un environnement en pleine mutation.

Les attentes des clients changent, et cela nécessite des investissements importants. En cela, il y a un intérêt à constituer un réseau de 30 boutiques qui réalise près de 150 millions d'euros de chiffre d'affaires par an.

Cette reprise va-t-elle entraîner une réorganisation interne du groupe Decitre ?

La marque est conservée, et le projet ne prévoit aucun changement d'organisation du groupe.

A titre personnel, que ressentez-vous au moment de céder l'entreprise familiale créée il y a 111 ans ?

C'est évidemment un moment important dans ma vie. Il y a forcément un peu de tristesse, l'entreprise a été dirigée par mon père, mon grand-père, mon arrière-grand-père... Mais il faut être capable de faire primer l'intérêt de l'entreprise, et de savoir dissocier la logique du cœur et la logique de la raison.

Concrètement, comment va se passer le passage de flambeau au Furet du Nord ?

Je n'occupe plus de fonctions opérationnelles au sein de Decitre depuis hier. Je reste dans l'entreprise pendant quatre mois pour accompagner le projet, et après, je les laisse travailler.

Quels sont vos projets désormais ?

Je reste président de la société The Ebook Alternative (TEA), qui ne fait pas partie de la transaction, et qui a l'ambition de devenir le premier acteur européen du livre numérique. La société, qui réalise 6 millions d'euros de chiffre d'affaires par an, entame sa huitième année. Elle s'est imposée comme un leader français du secteur, et je veux continuer à développer la société, en France et à l'étranger. Nous ferons prochainement des annonces à ce sujet.

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