2015 année charnière pour la CCI de Lyon

 |   |  483  mots
(Crédits : Laurent Cerino/Acteurs de l'économie)
Le président de la CCI de Lyon Emmanuel Imberton a présenté ce mardi la feuille de route pour l'année à venir. Après les turbulences de 2014, l'institution consulaire va réduire la voilure, se recentrer sur certaines fonctions et jouer la carte du numérique en attendant la mise en place de la CCI métropolitaine.

C'est une année de transition compliquée pour la CCI de Lyon. "Nous n'avons sans doute jamais connu autant de bouleversements en aussi peu de temps", admet son président Emmanuel Imberton, qui a retrouvé son fauteuil le 9 janvier dernier.

14,3 millions de prélèvement

Le nouveau contexte fiscal qui entoure les CCI, avec la loi de finances 2015, a entériné une baisse des ressources de 17 % pour l'année, doublée d'un prélèvement exceptionnel de fonds de roulement de 500 millions d'euros pour l'ensemble du territoire. "En mars, la CCI de Lyon fera à l'État un chèque de 14,3 millions d'euros. C'est de l'argent des entreprises qui va être détourné de son but initial" estime Emmanuel Imberton. "Je me demande encore pourquoi le gouvernement a mis en œuvre de telles mesures contre les CCI", déplore-t-il.

Dans cette situation, comme annoncé en novembre 2014, la CCI a commencé à réduire la voilure en supprimant 32 postes. "J'ai été meurtri par ces décisions. Les collaborateurs dont nous allons nous séparer enrichissaient les entreprises par leurs compétences" ,relève le président. Selon la chambre, le plan de réduction d'effectifs est quasiment bouclé, sauf pour quelques cas décrits comme "délicats".

Chasse au "gaspi"

La CCI de Lyon fait également la chasse au "gaspi" cette année, en réduisant ses frais généraux. Elle va redéployer ses moyens avec des restructurations d'agences, l'arrêt de subvention à des clusters comme Eden, la fin de certains accompagnements dans les pépinières d'entreprise. La chambre veut également se désengager du musée des Tissus qui représente une charge annuelle de 1,7 millions d'euros. Enfin la priorisation des missions sera davantage tournées vers l'innovation."On s'est un peut-être un peu trop dispersé à soutenir toutes les entreprises. Nous avons des actions peu performantes et nous allons faire le tri. On ne s'interdit pas non plus de faire payer des prestations plus efficaces", précise Emmanuel Imberton. La monétisation est l'une des pistes pour accroître les recettes de la CCI.

Métropolisation: la porte reste ouverte

En parallèle, pour faire de nouvelles économies, la chambre veut également s'orienter vers une "e-CCI" et la numérisation des démarches. Elle développe un nouveau site web. Par la suite un portail personnalisé pour chaque entrepreneur va être également lancé. Un effort particulier va être mis sur la formation de haut niveau avec la naissance de l'école Eklya et l'implantation de l'ESTA Lyon. Mais l'enjeu de 2015 est aussi sur la mutualisation des services avec la mise en œuvre de la CCI métropolitaine regroupant, Lyon, Saint-Etienne et Roanne pour mutualiser les moyens en couvrant près de 100 000 entreprises. Emmanuel Imberton a rappelé que d'ici la date d'entrée en fonction de la nouvelle structure au 1er janvier 2016, "la porte restait ouverte" à d'autres CCI, notamment Villefranche-sur-Saône.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :