S.Gay-Torrente : "Pollutec ne s'est pas développé ici par hasard"

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(Crédits : DR)
La 26e édition de Pollutec s'ouvre aujourd'hui à Lyon. 60 000 visiteurs sont attendus. Stéphanie Gay-Torrente, directrice du salon, rappelle que le secteur de l'environnement est à la pointe en région Rhône-Alpes "au-delà des secteurs traditionnels comme l'eau ou les déchets".

Vous constatez l'évolution de ce secteur dans les techniques et services de l'environnement. Peut-on dire, enfin, que la prise de conscience environnementale est bien réelle ?

Stéphanie Gay-Torrente : La prise de conscience est présente depuis longtemps chez de nombreux acteurs. Dès notre création, notre rôle est de valoriser et présenter l'ensemble du spectre des solutions qui existent et émergent. Pollutec a deux spécificités, il est organisé par filières : gestion des déchets, production d'énergie, qualité de l'air, etc., et on peut l'aborder de manière plus transversale par des thématiques transversales à travers des sujets qui sont traités par des focus comme la ville durable.

Une centaine d'entreprises innovantes seront présentes. Quelles sont les tendances de ce salon en matière d'innovation ?

La tendance de l'innovation cette année est double. Elle est à la fois dans la présentation d'innovation qui apporte un bénéfice en terme de durabilité et d'efficience. Durabilité dans la durée de vie des produits, leur robustesse. Et efficience sur les aspects d'économie d'énergie, d'eau ou de réutilisation de matières. Deux grandes tendances présentes dans tous les secteurs. L'efficacité est le mot d'ordre des industries de l'environnement. Il n'y a plus un équipement présenté sur le salon sans mettre en avant sa sobriété. L'innovation dans la croissance verte, se sont de nouvelles solutions de nouvelles technologies, mais également l'évolution des technologies déjà existantes vers une réelle préservation des ressources avec une réduction de la consommation d'énergie et de l'impact sur le climat. Les startups et PME sont les plus nombreuses à innover. Mais cela peut prendre également la forme de collaborations. Il n'est pas rare de voir de grands groupes travailler avec des startups.

Rhône-Alpes est une région en pointe dans le domaine. Pourquoi ?

Il y a une volonté conjointe des politiques et économiques qui ont cette ambition de vouloir la mettre en œuvre. On est sur un terrain fertile. Il y a une ambition qui s'appuie sur un territoire, extrêmement dynamique sur les questions environnementales et cela depuis de nombreuses années. Pollutec est organisé à Lyon depuis 1984.

Il ne s'est pas développé là par hasard. La vallée de la chimie et ses acteurs ont accompagné ce développement à la fois par les solutions qu'ils proposaient notamment sur l'industrie de l'eau et des déchets.

Ensuite, il y a un accompagnement pour attirer les éco-entreprises dans la région et de nombreux pôles de compétitivité, la légitimité me semble donc forte. La France est compétitive à l'international au travers de ces grands groupes et PME. En Rhône-Alpes, sur l'ensemble des secteurs, des entreprises sont présentes avec une forte concentration sur l'énergie et la qualité de l'air. Il est important de noter que l'évolution du marché de l'environnement représente la diversité des activités et sur ce point, la région s'y est développée au-delà des secteurs traditionnels comme l'eau ou les déchets.

Pollutec 2012

Le chiffre de 3 à 400 000 emplois en France est souvent avancé pour les années à venir. Quelles évolutions à attendre?

On constate la création de nouveaux métiers, mais aussi l'évolution et la reprise de méthodes de travail dans différents secteurs : le bâtiment, l'agriculture, l'industrie, les transports. Des métiers intégrant des problématiques environnementales dans l'efficacité, l'économie de la ressource. A l'avenir, outre ces nouveaux métiers, le plus important sera l'évolution des métiers déjà existants, l'intégration de nouvelles compétences mixant compétences environnementales et compétences de hautes technologies. On voit émerger la gestion intelligente des réseaux dans toutes les activités. Après, nous verrons l'émergence de métiers spécialisés dans la RSE, la mobilité durable, l'énergie, etc. Avec des retombées importantes sur l'emploi. Ce qui est emblématique c'est l'évolution des métiers des activités traditionnelles qui intègrent le volet environnement.

Cette année, Pollutec met en avant l'Afrique. Dans le domaine de l'environnement est-ce également un des derniers territoires de croissance pour les entreprises ?

C'est un territoire avec un potentiel considérable de développement que ce soit en zone rurale ou urbaine avec des projets dans toute l'Afrique. Des projets, qui doivent s'appuyer sur des infrastructures respectueuses de l'environnement. C'est un continent qui a déjà intégré cela dans ses schémas de développement. Chaque projet est envisagé avec l'économie d'énergie, car les solutions là-bas ne sont pas les mêmes. La sobriété est immédiatement intéressante dans ces conditions. Nous pensons que c'est un continent qui va être porteur de projets dans les dix prochaines années avec des collaborations importantes. Il y a de très nombreuses entreprises implantées.

Pourquoi la Côte d'Ivoire plus particulièrement ?

La France a toujours une relation privilégiée avec la Côte d'Ivoire. Je m'y suis rendu pour rencontrer les opérateurs privés et publics afin de prendre la mesure des projets et la volonté d'avancer sur ces sujets. Sur chacun de ces points, ils ont démontré un dynamisme impressionnant. Une centaine de personnes viendra sur le salon. La Côte d'Ivoire s'est engagée de façon très professionnelle, en travaillant sous tous les angles. Ils seront présents avec des entreprises locales qui pourront être les relais de sociétés françaises sur place. Ce sont des territoires pas toujours très bien connus. Notre objectif, c'est d'être très concrets. Quels sont les projets ? Comment est-il possible de se développer dans ce pays ?

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