Lyon accueille l'Alliance Franco-Tunisienne pour le Numérique

 |   |  657  mots
(Crédits : Laurent Cerino/Acteurs de l'économie)
La CCI de Lyon accueille ce lundi 15 septembre l'Alliance Franco-Tunisienne pour le numérique. Une dizaine d'entreprises rhônalpines sont d'ores et déjà concernées.

7 % du PIB, soit autant que le tourisme. Voilà ce que représente la filière numérique dans la richesse économique tunisienne. Dans le cadre de l'Alliance Franco-Tunisienne pour le numérique (AFTN), la Chambre de commerce et d'industrie de Lyon accueille ce lundi 15 septembre une nouvelle réunion entre les délégations, dont les deux pays ont fait du numérique une priorité.

Ce partenariat vise à créer des « colocalisations » entre des entreprises françaises et tunisiennes. « Il s'agit de s'allier, de se fédérer, éviter ainsi la concurrence », explique Nabila Gara, experte Maghreb à la CCI. Le but est de conquérir le marché africain actuellement en pleine mutation. L'objectif est de créer une centaine de binômes. Une petite dizaine d'entreprises lyonnaises ont déjà signé le partenariat, dont Techlimed, une entreprise lyonnaise spécialisée dans le traitement automatique de la langue avec la société tunisienne Sanabil.

S'appuyer sur les synergies potentielles

 « L'alliance vise à créer l'occasion, susciter l'intérêt  entre les différents partenaires »annonce Adel Ben Lagha, Consul général de Tunisie à Lyon. Concrètement, le but est de s'appuyer sur les synergies potentielles. Il s'agit « d'envisager des partages et des échanges de technologies », comme l'explique l'un des dirigeants.

Ou encore, de s'appuyer sur les points forts de chaque parti. La France possède un savoir-faire pour le travail en amont, de recherche. La Tunisie est plébiscitée pour son côté technique. « On peut imaginer que la partie intellectuelle soit réalisée en France. La Tunisie est reconnue pour la technicité et la compétitivité de sa main-d'œuvre », souligne Nabila Gara. Il existe plus de 200 filières universitaires liées au Numérique en Tunisie. Chaque année, 1 300 nouveaux diplômés ne trouvent pas d'emploi. Cette alliance a pour vocation de créer un débouché en Tunisie et de répondre au besoin en main-d'œuvre qualifiée des entreprises françaises.

Au niveau du financement,  un fonds d'investissement de 30 millions d'euros a été généré par  BpiFrance et la Caisse de consignation de Tunisie, afin de booster ce partenariat. 650 millions d'euros supplémentaires sur cinq ans vont être débloqués, via le programme Smart Tunisia.

Conquérir l'Afrique et le monde Arabe

L'objectif est de rayonner à l'international. « L'Alliance nous permettra peut-être de remporter des contrats qui n'auraient pas été à notre portée individuellement », résume Alain Ducass, Directeur du Pôle Economie numérique à l'agence pour la coopération technique internationale des ministères économiques et financiers.

Et d'abord sur le marché africain. « Ce continent a le vent en poupe, avec un taux de croissance élevé et un boom autour du numérique. Ce qui est intéressant, c'est que l'Afrique n'est pas passé par toutes les étapes comme en Occident (minitel, téléphone...), mais arrive directement à la 3G ! », détaille Nabila Gara.

Les trois quarts des gouverneurs tunisiens remplacés

Mehdi Jomaa, Premier ministre, soutient la dynamique du numérique.

Le pari numérique traduit une volonté d'émancipation économique. Sous l'impulsion de Mehdi Jomaa, Premier ministre tunisien, issu du monde de l'entreprise, le pays veut réduire sa dépendance liée à la conjoncture européenne et au tourisme. Il existe déjà plus de 1 200 entreprises dans le secteur du numérique, toutes nationalités confondues en Tunisie.  « La valeur ajoutée du numérique Tunisien existe depuis longtemps, mais il n'est pas assez développé », souligne Nabila Gara. «  D'ici 2018, la Tunisie sera un hub numérique pour le continent africain », poursuit-elle.

Par la suite, les binômes de l'alliance veulent profiter des compétences linguistiques tunisiennes pour conquérir les marchés du Proche et Moyen-Orient. « C'est clairement une ouverture sur le monde arabe que nous cherchons », affirme de son côté la société Techlimed. Avec son partenaire tunisien Sanabil, les deux entités seront présentes au Gitex technology week à Dubai, un salon international dédié à la technologie.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 16/09/2014 à 18:12 :
Dans le sous-titre : "d'ores et déjà" et non "dors et déjà"...merci !

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :