Lyon va fortement réduire son train de vie

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Crédits : Laurent Cérino
Crédits : Laurent Cérino (Crédits : Laurent Cerino/Acteurs de l'économie)
Pour participer à l’effort collectif de réduction du déficit national, la Ville prévoit une forte réduction de ses dépenses de fonctionnement : 40 millions à échéance 2020. Dans le même temps, Gérard Collomb veut maintenir les investissements autour de 600 millions sur le mandat.

La déflagration de la dette souveraine atteint les collectivités locales. Celles-ci devront contribuer aux économies de l'Etat pour 11 milliards d'euros sur la période allant jusqu'en 2020. « Pour aborder ce choc, la ville de Lyon est en meilleure position financière que la plupart des autres collectivités. Nous avons pris comme hypothèse que les communes et les intercommunalités vont davantage subir les efforts de prélèvement. En cas de bonne surprise ce sera mieux », a averti Gérard Collomb, le maire socialiste de Lyon ce mercredi 11 juin en présentant les bons comptes administratifs 2013 de Lyon.

Selon les deux projections retenues, les dotations de l'Etat versées à la ville devraient baisser, en cumulé, de 44 millions d'euros (hypothèse médiane) à 53 millions (hypothèse haute) sur le mandat. En ajoutant tous les facteurs exogènes - hausse du FPIC (fonds de péréquation), de la CNARAC (Caisse nationale de retraite des agents), pour ne citer que deux exemples - la Ville se serait retrouvée avec une capacité d'autofinancement nulle dès 2017 et un doublement de sa dette d'ici à 2020, en restant sur sa ligne actuelle de gestion maîtrisée 

Changement d'échelle

« Jusqu'à présent nous avons fait attention à l'évolution de la masse salariale, la progression des charges. Nous devons changer d'échelle », a poursuivi le sénateur maire. Trois leviers vont être actionnés : forte réduction des dépenses de fonctionnement, augmentation du taux de l'impôt et recours plus important à l'emprunt.

« Le cadrage rigoureux et les coups de rabot ne suffisent plus. D'où la nécessité d'adopter un plan de marge de manœuvre en priorisant les dépenses. Le train de vie diminuera de 5 à 10 millions en 2015 pour atteindre 30 millions en 2017 et 40 millions à l'horizon 2020 », par rapport à aujourd'hui, a précisé Richard Brumm, adjoint aux finances. Parallèlement, des recettes alternatives seront développées (mécénat, location de salles..), certains tarifs revalorisés etc.

Quant au taux de la fiscalité, il sera relevé de 5 % dès l'an prochain. Mais Gérard Collomb a assuré qu'il s'agissait bien d'une fois pour toute sur la mandature. De cette hausse sont attendus 16 millions de plus pour les caisses municipales, chaque année. L'impact sur les ménages, a t'il été précisé, ira de 12 euros de plus pour un couple locataire avec deux personnes à charge à 50 euros pour un foyer propriétaire de son logement et sans tiers à charge.

Faire face à la dynamique démographique

Bien que le plan prévisionnel d'équipements (PPI) ne soit pas arrêté, Gérard Collomb a annoncé que les investissements seraient maintenus à hauteur de 600 millions (674 millions pour 2008/2014). Il s'agit d'accompagner l'accroissement démographique important en construisant, notamment, de nouvelles écoles dans les 9ème, 8ème, 7ème arrondissements. « Nous donnerons la priorité aux équipements dont les frais de fonctionnement seront limités », a assuré le maire.

Toutes ces mesures, et selon les hypothèses retenues, devraient contenir l'endettement à 538 millions d'euros (très précisément), en 2020 versus 390,8 millions fin 2013. Quant à la capacité de désendettement (temps nécessaire pour rembourser la dette avec l'épargne) elle devrait passer de 4,5 années (fin 2013) à 9,8 années (en 2020). La ville s'est fixée de ne pas dépasser le cap de 10 ans.

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Commentaires
a écrit le 13/06/2014 à 13:36 :
Lyon va restructurer sa dette ... et en plus le maire prétend faire des économies...
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Augmentation du taux de l'impôt et recours plus important à l'emprunt
a écrit le 12/06/2014 à 22:56 :
"Le cadrage rigoureux et les coups de rabot ne suffisent plus"
Ca fait bien longtemps...

"Toutes ces mesures, et selon les hypothèses retenues, devraient contenir l'endettement à 538 millions d'euros (très précisément), en 2020 versus 390,8 millions fin 2013"

Faut raboter plus.

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