L'économie tunisienne se tourne vers Rhône-Alpes

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La signature de la Constitution tunisienne en février 2014, ici par le Président Marzouki, éloigne le spectre de l'instabilité politique. L'économie va pouvoir prendre toute sa place.
La signature de la Constitution tunisienne en février 2014, ici par le Président Marzouki, éloigne le spectre de l'instabilité politique. L'économie va pouvoir prendre toute sa place. (Crédits : reuters.com)
Après être sortie de la crise politique de l'été 2013, la Tunisie veut accélérer son développement économique en misant sur la collaboration et les produits à haute valeur ajoutée. La région Rhône-Alpes sera un partenaire important.

Après sa révolution démocratique et la stabilisation politique via la ratification de sa Constitution, la Tunisie entame sa révolution économique. Pour créer de la richesse, l'enjeu est d'engager des réformes structurelles, de développer les régions tunisiennes, booster l'investissement et la croissance, pour in fine, réduire le chômage, notamment celui des jeunes diplômés, l'un des déclencheurs de la Révolution. Pour tous ces challenges, le pays du Maghreb souhaite s'appuyer sur la France, premier partenaire économique de la Tunisie et notamment sur la région Rhône-Alpes (14 % des échanges pour 1 milliard d'euros). Depuis 1984, la région Rhône-Alpes et le gouvernorat de Monastir sont liés par un accord de coopération.

 

Créer des binômes franco-tunisiens

 

« Nous voulons développer le gagnant-gagnant, celui de la co-localisation » explique Adel Ben Lagha, Consul général de Tunisie à Lyon. Un partenariat dont les acteurs de la région Rhône-Alpes pourraient tirer profit. En effet, la Tunisie souhaite orienter son économie vers les produits à haute valeur ajoutée.

 

La volonté est de créer des binômes entre des entreprises françaises et tunisiennes dans des secteurs ciblés, afin « d'augmenter la compétitivité des entreprises sur le marché mondial » explique le Consul. La double compétence linguistique de ces joint-ventures permettrait aux Français de regagner des marchés en Afrique francophone, et aux Tunisiens de se positionner sur le marché du Moyen-Orient. A l'heure actuelle, il existe 27 binômes en France.

 

Des productions à haute valeur ajoutées

 

Parmi les secteurs ciblés, se trouve celui du numérique. Il représente 7 % du PIB tunisien (autant que le tourisme) et la filière est également très dynamique en Rhône-Alpes, « notamment autour d'Imaginove et autres clusters » a remarqué le Consul. Pour booster ce partenariat, BpiFrance et la Caisse de consignation de Tunisie ont généré un fonds d'investissement de 30 millions d'euros. Le 15 septembre, la CCI de Lyon accueillera « l'Alliance Franco-Tunisienne  pour le Numérique ».

 

D'autres filières sont également concernées. Dans le domaine des énergies renouvelables, « un enjeu stratégique pour la Tunisie » selon Adel Ben Lagha, la Tunisie souhaite satisfaire 30 % de sa demande globale d'ici 2030 notamment par le photovoltaïque. Un partenariat est en cours d'élaboration avec l'Institut national de l'énergie solaire, basé au Bourget du Lac (Savoie). Il est également question de la filière textile, qui représente actuellement 300 millions d'euros des échanges. Là aussi, il s'agit de monter en valeur ajoutée, en ciblant la production haut de gamme par le textile intelligent, dont Rhône-Alpes est en pointe via le cluster lyonnais Techtera.

 

Partenariats universitaires

 

L'un des problèmes économiques de la Tunisie est l'enclavement de certaines régions, une situation qui avait contribué à faire éclore la Révolution de 2011. Alors qu'un comité interministériel pour le développement régional a été créé en mars 2013, l'enjeu est d'améliorer la gouvernance des cadres afin que les décideurs politiques soient plus proches des acteurs économiques, dans un Etat traditionnellement centralisé. « L'objectif est de former 200 cadres territoriaux » dévoile Adel Ben lagha, dont certains d'entre eux pourraient être formés dans les universités de Lyon et de Saint-Etienne.

 

Ces partenariats universitaires seraient étendus à la formation professionnelle. En Tunisie, le taux de chômage chez les jeunes diplômés était de 33,5 % au troisième trimestre 2013 pour un score national de 15,7 %. Le gouvernement veut orienter ses cursus universitaires vers la formation professionnelle. Le pouvoir tunisien compte sur la relation avec des établissements rhônalpins, notamment dans le cadre de la coopération Rhône-Alpes-Monastir dont une nouvelle convention est en cours de négociation.

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