Après sa résurrection, Lejaby envisage une augmentation du capital

 |   |  625  mots
Alain Prost, PDG de Lejaby depuis 2012.
Alain Prost, PDG de Lejaby depuis 2012.
Il y a un peu plus de deux ans, la marque de lingerie Lejaby était à l'agonie. Devenue depuis un symbole du made in France, mardi soir, elle célébrera ses 130 ans au Lido. Une renaissance entamée après la reprise de la société par Alain Prost, qui envisage désormais une augmentation de capital ou une introduction en bourse.

Maison Lejaby va souffler ses 130 bougies ce mardi soir au Lido, temple du glamour. Devant un parterre de 500 invités, la marque fondée en 1884 va présenter un défilé de lingerie très attendu. Du tribunal de commerce à la scène mythique des nuits parisiennes, l'histoire de Lejaby a pourtant bien failli se terminer, il y a un peu plus de deux ans. L'entreprise était alors au bord du gouffre, placée en liquidation judiciaire. En 2007, le chiffre d'affaires s'établissait à 80 millions d'euros. Il n'était plus que de 20 millions en 2012 avec 9 millions de pertes.

Le made in France haut de gamme.

En janvier 2012, Alain Prost, ancien cadre chez l'Oréal, Chantelle et La Perla, obtient le feu vert du tribunal de commerce pour reprendre les rênes de la société, basée à Rillieux-la-Pape (Rhône). Sa stratégie ? Repositionner la marque sur le haut de gamme en valorisant le savoir-faire français. Alors que plus personne ne croyait au made in France dans ce secteur. Alain Prost n'a pas hésité : « Peu de gens misaient sur nous. J'ai repris Lejaby, parce que simplement, je ne voulais pas qu'un tel savoir-faire disparaisse. Nous l'avons remis en valeur ». En 2013, le chiffre d'affaires atteint 28 millions d'euros et zéro perte. 195 emplois avaient été sauvés en 2012, l'entreprise emploie aujourd'hui 207 personnes, de nombreux jeunes ont été embauchés. 5 % des effectifs sont en apprentissage.

 

Transmettre le savoir-faire

 

« Recruter des jeunes a été l'une de nos premières priorités. Parmi les couturières, une majorité avait plus de 50 ans, il fallait impérativement recruter des jeunes pour commencer à transmettre ce savoir-faire » précise Alain Prost. Au sein de l'entreprise une organisation du travail différente s'est mise en place, en proposant plus de polyvalence aux salariés. La vitrine de la marque, la collection "couture" entièrement made in France, ne représente encore qu'une petite partie de la production autour de 10 %. L'essentiel est encore réalisé en Tunisie. « Mais 45 % de nos fournisseurs sont Français. Et le gros du travail est fait à Rillieux » rappelle Alain Prost. Entre le moment ou une collection est conçue sur le papier et où les premiers modèles sont confectionnés, il s'écoule 18 mois.

 

Une stratégie portée vers l'export

 

Maison Lejaby a commencé à retrouver des clients en France, et réalise désormais 65 % de son chiffre d'affaires à l'étranger, Allemagne, Angleterre, États-Unis ou encore Russie. « Nous avions perdu 50 % de nos clients, nous ne pouvions qu'en récupérer. Notre savoir-faire a un écho, il faut que nous arrivions à le valoriser. Lejaby est sans doute l'entreprise de lingerie la plus ancienne au monde. Nous avons la chance d'avoir une vraie histoire. Beaucoup de marques réécrivent leur histoire pour le marketing. » poursuit le PDG.

 

Si la conjoncture s'améliore un peu cette année, Maison Lejaby espère une croissance de 10 % et réaliser ainsi ses premiers bénéfices en 2014. « Mais le business reste difficile en ce moment » souligne Alain Prost. Pour asseoir son nouvel essor, l'entreprise continue de diversifier ses gammes, mise sur son identité "couture française" et la poursuite du développement à l'international. Les États-Unis avec la gamme "élixir" (pour les poitrines fortes), pour le luxe, la Russie et surtout les pays du Golfe, où il existe un très fort potentiel, mais pas encore de points de ventes. Alain Prost estime pouvoir doubler son chiffre d'affaires en cinq ans.

 

Ce mardi en marge du 130e anniversaire de la marque, il a indiqué envisager une augmentation de capital ou une introduction en bourse. Des investisseurs étrangers, Américains, Chinois, mais aussi Français seraient intéressés. Quel que soit le choix opéré, il devrait intervenir d'ici l'été.

 

 Actualisé le 27/05/2014 à 19h47

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :