Biodegr'AD, le marketing écolo vise le long terme

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Campagne de communication à l'occasion du match OL/OM, en décembre 2013. L'eau à haute pression, pompée dans le Rhône, permet de nettoyer le sol et de marquer grâce au pochoir.
Campagne de communication à l'occasion du match OL/OM, en décembre 2013. L'eau à haute pression, pompée dans le Rhône, permet de nettoyer le sol et de marquer grâce au pochoir. (Crédits : biodegrad)
Du 1 au 7 avril c'est la semaine du développement durable. A Lyon, la startup Biodegr'AD bouscule le marketing classique en proposant de la publicité écologique sur le sol.

Biodegr'AD veut en finir avec la pollution visuelle des panneaux publicitaires. La jeune startup lyonnaise est spécialisée dans le marketing écologique par le "Clean-tag" et "Clay-tag", des procédés de marquage au sol réalisés par projection d'eau à travers un pochoir ou par de la peinture biodégradable. Après un premier exercice marqué par un chiffre d'affaires de 110 000 euros, l'entreprise accélère son développement. 

Un concept américain

A l'origine de cette aventure, fin 2012, trois jeunes étudiants passionnés de street art, s'inspirant d'un concept né aux États-Unis, décident de mettre en commun leurs compétences artistiques, entrepreneuriales, et leur fibre écologique afin de bousculer le monde de la communication. L'un des trois associés explique : 

Attirés par la communication et le street art, nous cherchions un nouveau procédé qui change du graffiti, dans un contexte où l'art de rue commençait à s'immiscer dans le secteur de la publicité.

Emeric Mouillot, Guillaume Pâris de Bollardière et Tanguy Bard de Coutance investissent 10 500 € dans le capital de départ, financé par un prêt familial ou par le prêt à la création d'entreprise (PCE). Pour leur premier exercice en 2013, ils réalisent un chiffre d'affaires de 110 000 euros, porté par une quarantaine de campagnes, pour une facture cliente moyenne de 2700 euros.

Multiplier par cinq le chiffre d'affaires

Pour cette année, les jeunes entrepreneurs espèrent réaliser un CA cinq fois supérieur (500 000 euros), un objectif « optimiste mais réalisable » estime Guillaume. Pour se développer, Biodegr'AD peut compter sur plusieurs sources de financements.

Biodegr'AD

Grâce à une première session prometteuse, la startup possède une capacité d'autofinancement de 30 000€, renforcée par un prêt d'environ 100 000 euros obtenu le mois dernier. Profitant du dispositif Inovizi, piloté par le RDI et mis en place par la Région, Biodegr'AD a levé environ 50 000 euros par la collectivité territoriale (prêt d'honneur) et 50 000 euros (crédit bail) par la Société Générale via le principe public/privé du 1 euro / 1 euro. Un emprunt, à taux zéro, qu'ils devront commencer à rembourser dans six mois. 

Cet argent frais permet à la S.A.S lyonnaise de se développer et tout d'abord, d'embaucher. A partir de juillet, le trio deviendra salarié, après plus d'un an sans rémunération. Mais la fierté est ailleurs confie Tanguy : « Ce n'est pas de se verser un salaire qui nous rend heureux, mais bel et bien d'embaucher, de créer de l'emploi, de la valeur ajoutée »

Économie(s) et écologie

Biodegr'AD accueillera bientôt deux nouveaux salariés (une chargée de projet, un commercial), en CDI, et envisage de porter son effectif à 15 personnes avant la fin 2014. La structure mise également sur les stages de longue durée, une « passerelle entre la fin des études et l'arrivée sur le marché du travail » analyse Tanguy, et de préciser : « le stage doit déboucher sur un CDI. »

L'emploi est donc le vecteur essentiel à la réalisation du Business plan. Parmi les étapes de celui-ci, Biodegr'AD souhaite formaliser ses quatre gammes d'offre (International, large, targeted, événementiel). L'entreprise veut aussi profiter de l'essor du  marché de la compensation carbone

Il s'agit également de régler l'histoire des concessions. Pour l'instant, la start-up profite d'un vide juridique qui lui permet de marquer les sols publics sans autorisation préalable.

Déjà présent sur plusieurs villes du pays (Paris, Perpignan…) pour des campagnes éphémères, l'entreprise souhaite mettre des équipes en place à l'échelle nationale, ce qui permettrait de proposer aux annonceurs des campagnes de communication d'envergure et simultané.

Mais aussi, d'optimiser les frais de déplacement, réduisant ainsi les coûts et l'empreinte écologique de l'entreprise, actuellement à 16 900 kg de CO², selon une attitude réalisée par le cabinet B&L évolution. « Dans ce cas, l'écologie répond à un besoin économique de l'entreprise. » Et de glisser, sourire en coin : « Ça ne coûte pas plus cher de faire de l'écologie.»

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Commentaires
a écrit le 02/04/2014 à 10:54 :
Maintenant que tous les jeune marche en regardant constamment leur portable, il faut adapter l'endroit où on met les pub. Les panneaux n'étant plus vus autant les mettre sur le sol...

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