De l’espoir pour les Atelières

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Les Atelières emploient une trentaine de personnes ©Laurent Cerino/Acteurs de l'économie
Les Atelières emploient une trentaine de personnes ©Laurent Cerino/Acteurs de l'économie (Crédits : Laurent Cerino/Acteurs de l'économie)
Une nouvelle souscription publique est prévue ce jeudi. Deux banques, le Crédit Coopératif et la Caisse d'Epargne, pourraient intervenir dans un refinancement de l'entreprise de lingerie haut de gamme.

Depuis lundi c'est le feuilleton économico-social de la semaine. Les Atelières de Villeurbanne vont-elles réussir à se relancer ? Grace à une réunion mercredi soir à Bercy au ministère du Redressement productif avec Arnaud Montebourg, le spectre de la liquidation judiciaire semble s'éloigner. La rencontre mercredi  à Bercy a permis de relancer le dialogue avec les banques. Désormais un plan de refinancement  est en cours d'élaboration. Muriel Pernin, présidente fondatrice, lance ce jeudi une nouvelle souscription auprès du grand public avec l'objectif de réunir 100 à 150 000 euros supplémentaires, en plus des 250 000 déjà collectés avec cette formule. Sur le réseau Facebook un groupe baptisé "soutien immédiat aux Atelières" rassemblait jeudi plus de 1700 personnes. 

Deux banques mobilisées

Le Crédit Coopératif et la Caisse d'Epargne sont prêts à venir en aide à la société sur des prêts à moyen terme avec des montants supérieurs à ce qui avait été prévu. Bpifrance se porterait garant des emprunts à 70%. Ce soutien est conditionné au business plan de l'entreprise. Des éléments économiques ont été demandés dans ce sens à Muriel Pernin pour lundi prochain. Un cabinet privé de conseil opérationnel en ressources humaines, BPI Group est sollicité pour piloter la partie technique de cette relance. Un autre acteur est mobilisé: l'Union régionale des sociétés coopératives de Rhône-Alpes (URSCOP) pour déployer des moyens d'action avec le Crédit Coopératif.

Symbole du made in France

Lancé en janvier 2013 sur le pari qu'il était possible de faire vivre, en France, une activité de confection de lingerie et corsetterie haut de gamme cette société coopérative d'intérêt collectif se retrouve aujourd'hui à court d'argent en ayant creusé un passif de l'ordre de 400 000 à 500 000 euros. Muriel Pernin, expliquait lundi qu'un « plan cohérent de recapitalisation », d'un montant global légèrement supérieur à 1 million d'euros, a échoué à cause du refus de « deux banques de consolider les financements prévus par le Préfet via les fonds de revitalisation ». Elle déplore également que les dispositifs de Bpifrance ne s'applique qu'à l'innovation technique et non pas organisationnelle. Les Atelières ont fait appel à partir de septembre dernier à un ingénieur INSA pour les aider à optimiser leur production.

Déséquilibre

« La question de l'innovation n'a jamais été abordée car il s'agit de maintenir un savoir-faire ancestral. Nous avons fait tout ce que nous pouvions », se défend Arnaud Peyrelongue, directeur général du réseau Bpifrance, en Rhône-Alpes-Auvergne. Il évoque un « déséquilibre total du business plan. Elle aurait dû consolider les capitaux levés au départ avec des financements bancaires. Sur les neuf premiers mois elle a fait plus de pertes que de chiffre d'affaires. Et là encore elle nous a répondu qu'elle se faisait fort de mobiliser 400 000 euros de plus. Et elle a préféré une deuxième fois se passer d'un prêt bancaire que nous étions prêts à garantir à 70 % ».  « Les critères des banques sont tels que nous n'entrions pas dans leur schéma », objecte Nicole Mandez, associée fondatrice de la Coopérative. « Remonter un atelier comme celui-ci implique de tout réinventer. De fait nous avons perdu du temps la première année. Mais la situation commençait à se redresser doucement ».  Vendredi matin, les Atelières devraient déposer leur bilan devant le tribunal de commerce de Lyon.

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Commentaires
a écrit le 10/03/2014 à 5:18 :
Courage, battez vous pour sauver votre emploi. La Finance a fait suffisamment de casse. On a su trouver l'argent pour Dexia et qui faire payer. Insistez. A St. Cyr sur Loire la pharmacienne a gagné son combat. Considérez vous comme les plus fortes . En silence tous les français et françaises vous soutiennent.
a écrit le 07/03/2014 à 9:06 :
combat emblematique....mais voué à l echec...??? je ne connais pas les comptes mais refaire des heuliez pas la peine....et quand on a des politiques au milieu j ai peur pour l argent public....
a écrit le 06/03/2014 à 19:25 :
courage Les Atelières !!!!!! achetez français !!!!!!!!!
a écrit le 06/03/2014 à 16:47 :
La perte d'un savoir faire ancestral... ça en touche une, sans faire bouger l'autre. Les hommes préhistoriques on dit la même chose quand ils ont arrête de chasser les mammouth. De même quand Gutenberg a inventé l'imprimerie ce coquin a mis tous les copistes au chômage avec son invention du diable.

Diriger une entreprise ça ne s'invente pas, surtout en France avec sa législation. Sur la plan financier, je vous assure, pour avoir été cadre financier et banquier, quand le dossier est bon , c'est le client qui a l'embarras du choix. A la lecture des informations financières on se rend compte que les dirigeants n'ont rien compris à comment fonctionne le financement d'une entreprise. On est pas au pays des bisounours ici, l'argent en tombe pas du ciel...
Réponse de le 06/03/2014 à 18:39 :
Bonjour yakafokon.
Le savoir faire de la France dans le domaine du sur-mesure que ce soit dans les soiries, dans la dentelle ou dans les sous-vêtements est incontestable et aucune machine n'est actuellement capable de travailler à l'identique.
Les bons dossiers refusés par les banquiers frileux sont légion, dans le domaine de l'artisanat tout comme dans celui des nouvelles technologies (applications mobiles par exemple).
a écrit le 06/03/2014 à 16:40 :
il est usuel lorsqu'on débute une activité que sa rentabilité ne soit pas acquise . Il faut en général 3 à 5 ans . C'est un savoir-faire indéniable qui s'inscrit dans l'industrie de la haute couture française, il n'y a aucune raison que cela ne marche pas !
a écrit le 06/03/2014 à 14:42 :
certaines entreprises en difficulté de trésorerie ou de capital. Mais là, elles font plus de pertes que de CA, c'est un peu flippant.
a écrit le 06/03/2014 à 14:05 :
en gros elles gèrent mal et par pur calcul politique on va cramer des centaines de milliers d'euros dans une boite qui va ferler à terme. ça me rappelle Heuliez

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