Daniel Gouffé, le hussard

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(Crédits : DR)
Après avoir été vétérinaire dans les Pyrénées, il est devenu président de Merial, leader mondial de la santé animale, à la tête de 5 000 salariés. Spécialiste autoproclamé de la technique du « pavé dans la mare », ce self-made-man du grand business, craint autant qu’admiré, s’est fixé pour objectif de faire bouger les lignes partout où il irait. Son arrivée à la présidence d’Erai ne laisse personne indifférent.

« Un jour, l'un de mes proches a déclaré que le célèbre « pavé dans la mare » était une expression désormais brevetée qui n'appartenait qu'à moi. Je dois avouer que je me reconnais assez dans cette assertion : j'ai toujours été un homme libre ». D'emblée, Daniel Gouffé plante le décor : qu'on soit avec ou contre lui, ardent partisan ou farouche adversaire, l'important est qu'il ne soit jamais indifférent. Cette indifférence, c'est à coups de déclarations chocs qu'il la combattra, à coups de vérités assénées et de syllogismes cinglants, autant de « pavés dans la mare ». Brut, direct, franc, sans craindre de générer moult paradoxes. Admiré et redouté à la fois, attachant mais capable d'une dureté implacable, indépendant mais jamais aussi à l'aise qu'avec son cercle de fidèles qu'il baptise lui-même sa « meute »… A l'énoncé de ces contradictions, l'homme plisse ses yeux malins, ses lèvres minces esquissent un sourire. « J'ai eu plusieurs vies. Je suis parti du monde paysan, et je me suis retrouvé à discourir en anglais business à 50 ans. C'est la vie qui m'a forgé », glisse-t-il. Et c'est en larges flots mais sans pathos qu'il déverse son passé cahoteux, heureux et fier de raconter ses origines, jamais avare de formules. Son enfance à Thorigné-sur-Dué dans la Sarthe, au sein d'un milieu frustre et rude, est modeste - « nous vivions dans deux pièces et n'exprimions pas souvent l'amour que nous nous portions » - bercée par des valeurs « simples » d'honnêteté et d'intégrité. Son père, sabotier devenu « homme de lettres » (facteur) après son retour de la guerre, montré du doigt pour son engagement socialiste en faveur des « rouges », plébiscite l'école laïque, fille de la République, et fuit l'Eglise et ses représentants. Départementale, nationale… Daniel Gouffé fait ses études grâce aux bourses successives, pensionnaire pendant plus de quinze ans, et apprend durant le fameux hiver 1954 à dormir dans un dortoir où le thermomètre flirte avec les - 10°C. « Je suis né tout nu… Je me souviens encore que la limonade à la grenadine qui m'était difficilement accessible le mercredi après le sport coûtait 50 centimes. Aujourd'hui, j'imagine très bien ce qu'est le dénuement. Olivier Ginon - président de GL Events, ndlr - disait qu'il avait eu la chance d'avoir de la soupe tous les jours. Moi non. En conséquence, ne jamais se placer du côte du plus fort est un réflexe ancré au fin fond de moi », revendique cet amateur des romans de Zola.
C'est un instituteur qui le pousse à poursuivre ses études. En 1967, il sort diplômé de l'Ecole vétérinaire de Toulouse, et s'installe à Nay, dans les Pyrénées, avant de créer quelques années plus tard une clinique avec six confrères. L'endroit est perdu, l'exercice de son métier essentiellement rural. Mais il tombe « fondamentalement amoureux de sa profession » comme l'exprime l'un de ses proches. « Je ne prodiguais pas mes soins aux chiens et aux chats, considérés à l'époque comme des produits de luxe, mais aux animaux mêmes qui permettaient aux paysans de vivre. Le cochon, par exemple, représentait la nourriture du prochain hiver. S'il tombait malade, c'était un véritable drame », se souvient-il. Il se passionne pour la fécondité et la reproduction, et notamment celle des vaches laitières. Vêlages, césariennes, agnelages… « C'était merveilleux de donner la vie ».
« « Les médecins soignent l'homme, les vétérinaires soignent l'humanité » disait Pavlov. Sa formation de vétérinaire, universelle et humaniste, ainsi que le contact avec des hommes de la terre - qu'il était difficile de rencontrer à l'époque sans s'attabler devant un petit verre -, ont procuré à Daniel une richesse humaine exceptionnelle, et une convivialité qu'il a su organiser », souligne Bernard Lobietti, président de la Communauté de communes du canton de Montluel, lui aussi vétérinaire. Durant ces années « au cul des vaches » selon ses propres termes, Daniel Gouffé développe une rugosité intellectuelle pragmatique mais aussi des qualités d'écoute, comme en témoigne Jean-Louis Hunault, président du SIMV (Syndicat de l'industrie du médicament vétérinaire) : « L'objet de travail d'un vétérinaire est muet. Le praticien doit donc écouter l'agriculteur, déceler dans son discours ainsi que dans le comportement de l'animal les « indices » sur lesquels fonder son raisonnement. C'est sur le vétérinaire que repose le diagnostic de la situation ».

« Journées Gouffé »

En 1985, porté par ses pairs, Daniel Gouffé prend la direction de Cavegat, une centrale de distribution de produits vétérinaires. La société prospère, il en profite pour acheter une belle villa dans le Sud. Et puis en 1992, il postule à la fonction de directeur commercial France de Rhône-Mérieux. On lui demande d'écrire un court texte explicitant ses motivations, il rédige une petite bafouille comparant la météo à Pau - dont il est parti le matin même - et à Lyon, concluant qu'il espère « repartir avec le soleil ». Joëlle Khuat-Duy, consultante en management et directrice de JKD Associés, qui ce jour-là lui fit passer divers tests afin de juger de sa candidature, se souvient encore de ses « qualités de visionnaire » : « J'étais en présence d'un homme qui ne connaissait absolument pas l'univers des grands groupes, mais qui faisait preuve d'une clairvoyance absolue sur le marché et son évolution ». Surtout, elle affirme avoir reconnu « un leader, capable d'entraîner des troupes ». Elle rend à la direction de Rhône-Mérieux un avis tranché. Qualifiant Daniel Gouffé de « loup chef de meute » - une expression dont l'intéressé se souvient encore aujourd'hui, jurant que Joëlle Khuat-Duy l'a « déshabillé » -, elle retient qu'avec lui « ça passera ou ça cassera. Mais si ça passe, il entraînera Merial ». Il est finalement embauché.
Les débuts sont difficiles au sein de la galaxie Mérieux. Il n'est pas le candidat choisi par Claude Lardy, qu'il remplace. Pourtant il s'accroche, et gravit les échelon. En 1994, il est nommé directeur commercial Europe. Et trois ans plus tard, il fait merveille lors de la création de Merial, établie à partir des deux entités Rhône Mérieux et Merck.
« Son équipe était composée pour moitié de salariés Rhône Mérieux, au profil très franco-français et très attachés à la famille Mérieux, et pour l'autre moitié d'employés américains de chez Merck. Lors de la première réunion, chacun restait dans son coin. Deux ou trois mois après, les salariés travaillaient ensemble et avançaient dans le même sens. Daniel Gouffé avait réussi à initier du lien entre eux et à générer un « esprit Merial » dont le ciment était composé d'un mélange subtil de son charisme et de la confiance qu'il sait volontiers accorder », raconte Marie-Paule Harment, son assistante pendant neuf ans. « Malgré la difficulté de cette fusion, il savait analyser tout cela d'une manière très spirituelle. Ses anecdotes sur les travers des Américains nous ont fait rire pendant des dîners entiers! », se souvient Bernard Lobietti.
La faculté de fédérer de Daniel Gouffé est ainsi reconnue par ses anciens collaborateurs. « On a envie de travailler pour lui car il vous tire vers le haut. Son exigence permet de se surpasser », reprend Marie-Paule Harment. « Il exerce un impact immédiat sur ceux qu'il croise. Il force le respect par sa façon d'exister, de décider, de prendre acte. C'est un homme courageux, auquel on ne peut rester indifférent », témoigne Stéphane Malka, directeur des ressources humaines chez Mérial, qui œuvra à ses côtés pendant deux ans. Le leadership naturel de ce gourmet amateur de Petrus est fondé non sur ses capacités d'orateur - il est loin d'être un tribun - mais sur ses qualités de franchise et d'ouverture. « Il reconnaissait l'importance des organisations syndicales et savait se montrer accessible. Il discutait avec chacun, interpellait la grande majorité par son prénom, tapait dans le dos de nombreux collaborateurs », se remémore Stéphane Pepino, délégué central CGT chez Merial, qui rappelle l'instauration de « deux demi-journées Gouffé » : deux après-midi de libre les 24 et 31 décembre, mais aussi la distribution gratuite de Frontline , antiparasitaire produit phare de Merial - au personnel. « Daniel Gouffé se montrait sincèrement favorable à nos demandes, ce qui pouvait dérouter. Mais cela n'empêchait pas nos revendications d'avorter. Ainsi il avait accepté de nous accorder le lundi de Pentecôte, avant que les ressources humaines n'interviennent, et nous enlèvent tout espoir », précise encore Stéphane Pepino.

Carnassier

Pour Jean-Louis Hunault, la première caractéristique de Daniel Gouffé est à coup sûr son « côté hussard ». « C'est un conquérant, qui imprime autour de lui une ambition forte », estime-t-il. Bref, un homme de décision et de ruptures, doté d'une énergie exceptionnelle, jamais mal à l'aise dans le rapport de force. Un ancien collaborateur se souvient ainsi combien ses jugements pouvaient être tranchants dès la première entrevue, établissant de manière définitive qu'untel n'avait pas sa place chez Merial. « Il lit en chacun comme dans un livre. Et il est vrai qu'il se fait très vite une opinion, la plus souvent juste », nuance Marie-Paule Harment, qui précise vouvoyer son ancien patron alors qu'elle tutoie Jerry Belle, le Pdg de Merial.
Un proche se souvient avoir dû à maintes reprises jouer les intermédiaires entre le « patron » et certains cadres, échaudés par le ton quelquefois péremptoire de Daniel Gouffé, malmenés par son niveau d'exigence, persuadés que ce dernier ne les « aimait pas ». Certains l'auraient affublé de l'étiquette de « l'inflexible », d'autres, lassés, auraient jeté l'éponge en s'excluant délibérément de son périmètre. D'autres encore parlent d'un homme « épuisant d'exigence », qui vomit « l'imperfection ». « Travailler avec lui est un vrai challenge », résume pudiquement Stéphane Malka.
« Autant Daniel peut avoir ce côté authentique, atypique par rapport aux notables lyonnais qui lui permet de créer du lien en dehors des normes du politiquement correct - le l'ai ainsi vu établir des rapports cordiaux et parfaitement décontractés avec le maire de Toronto en quelques minutes -, autant il peut se montrer glacial, hermétique, condescendant. Tout simplement car il ne sait pas gérer la différence », assène Joëlle Khuat-Duy, demeurée proche depuis leur rencotnre chez Merial. « Ceux qui ne fonctionnent pas comme lui - les gens trop rationnels par exemple ou trop méthodiques alors qu'il est un homme d'intuition et non d'analyse - l'énervent. C'est aussi un homme de courage. Donc tous ceux qui se cachent, abattent leur jeu par-derrière, bluffent, ne savent pas choisir leur camp, l'insupportent. Non pas qu'il ne le fasse pas lui-même à l'occasion! Mais ce type d'attitude le déstabilise profondément », note-t-elle encore. Des collaborateurs comme le vétérinaire François Bost par exemple, directeur Entreprise Ruminants France puis directeur Entreprise Grands Animaux France, stigmatisé pour son côté trop « structuré », en auraient fait les frais. « En vrai stratège, Daniel Gouffé est un homme d'alliances, très tactique. Son action pourrait tout à fait illustrer l'art militaire : il sait encercler ses ennemis, les neutraliser, puis les fusiller - le loup peut être carnassier », complète encore Joëlle Khuat-Duy. Un autre proche reprend : « Etes-vous avec lui dans la bagarre, ou contre lui? C'est son obsession. D'ailleurs, de manière générale, c'est un homme qui veut qu'on lui réponde « oui » ou « non » tout de suite ».

Meute

En 2000, Daniel Gouffé devient président de Merial SAS - la structure réalise alors près d'1,5 milliard de dollars de chiffre d'affaires, forte de ses 5 000 salariés. Au cours de ces années, il en profite pour tisser sa toile, se constituer un cercle de fidèles, d'indéfectibles aficionados. Parmi eux, Marie-Paule Harment bien sûr, mais aussi Xavier Léron aux finances, Claude Lardière aux ressources humaines, Pierre-Jean Consalvi aujourd'hui responsable pharmaceutique de Merial SAS, et quelques années durant Stéphane Malka. Un petit clan soudé, avec qui il se montre extrêmement possessif. « Dès lors que vous rentrez dans son paradigme - ce qui n'est pas aisé! - et qu'il décide de vous donner un rôle à exercer, l'alchimie se produit et des liens affectifs se créent. Daniel Gouffé peut alors se montrer très attentionné. Et surtout, il défendra toujours ses fidèles devant un tiers », assure Xavier Léron, aujourd'hui directeur de l'administration et des finances chez Apicil. Et de détailler comment Daniel Gouffé aidait sa « meute » à monter en puissance : MBA, séances de coaching… - avec Joëlle Khuat-Duy notamment, le patron de Merial suggérant à la majorité de ses proches collaborateurs de la rencontrer… et ne voyant pas forcément d'un très bon œil qu'on décline sa proposition! « Corrections, rectifications, ajustements… Avec lui, c'est un peu le coaching permanent! Mais il a eu l'honnêteté d'envoyer également chez ses coachs des collaborateurs avec qui il ne s'entendait pas », pointe Xavier Léron, ajoutant que l'obsession de son ancien patron en matière de RH était de « casser les silos ». Ainsi il fonctionnait par petits « cercles » (celui de sa « garde rapprochée » chez Merial, celui de ses collègues vétérinaires, celui de ses collaborateurs patrons des différents pays couverts par le groupe…), n'hésitant pas cependant à recouper ces réseaux, faire jouer l'émulation. « Un peu comme un artificier, il aimait bien expérimenter des mélanges et que ça pète… », précise dans un sourire Xavier Léron.
Les relations avec ce cénacle d'indéfectibles sont subtiles. « On peut formuler des remarques à l'égard de Daniel Gouffé - il a d'ailleurs développé une grande capacité d'apprentissage - mais pas sur le ton de la critique ou du reproche, ni en public, nuance Joëlle Khuat-Duy. Il apprécie d'avoir un peu d'emprise sur les autres. Face à des collaborateurs trop indépendants dans leur pensée, il se demandera s'il peut vraiment compter sur eux. Je lui ai souvent répété qu'un vrai leader n'était pas seul, mais leader de leaders ». Stéphane Malka raconte ainsi une jolie anecdote : la première fois qu'il a rencontré Daniel Gouffé alors qu'il postulait au poste de DRH de Merial, il ne portait pas de cravate. Son interlocuteur s'en est étonné, Stéphane Malka a répondu qu'il ne changerait pas sa façon de s'habiller. « Il a apprécié ma réponse, car il aime la capacité à être courageux, érige en ligne de conduite les notions d'engagement et d'authenticité, et abhorre la courtisanerie. « Restez vous-même » était l'un de ses leitmotiv. Mais cela ne l'a pas empêché de m'offrir quantité de cravates! ».

Une idée à la seconde

Sous son égide, l'entreprise prend une véritable ampleur. Il avait trouvé une vieille dame lyonnaise à l'ambiance feutrée, « parent pauvre de la galaxie Mérieux » selon l'expression de Xavier Léron. Il en fait une société prospère et influente, profondément enracinée dans la région lyonnaise, innovante dans son modèle de développement « citoyen ». Merial prend une loge à l'Olympique lyonnais - Daniel Gouffé nourrit d'ailleurs une passion pour le foot et le rugby -, s'implique dans le Grand Prix de Tennis de Lyon, sponsorise le Quinté+, pèse aux côtés de Renault Trucks, de Lafarge ou de Bayer pour la création de l'ISL (International School of Lyon). Il prend la présidence du Club des entrepreneurs, censé réfléchir au développement de l'aéroport, une initiative résolument novatrice. « Daniel Gouffé est d'avant-garde. Il a une idée à la seconde », remarque Marie-Paule Harment. Au sein de Merial et en tant qu'ancien praticien, il défend la prégnance de la biologie dans l'entreprise, alors que la culture pharmaceutique a tendance à gagner du terrain. « En engageant l'entreprise dans le pôle de compétitivité Lyon Biopôle, il a agi pour préserver Merial de toute velléité de délocalisation », estime Xavier Léron. En parallèle, il « porte » de la même façon le Syndicat de l'industrie du médicament vétérinaire (SIMV) dont il est élu président à l'unanimité en 2001. Bernard Lobietti se souvient encore de soirées « exceptionnelles » organisées avec un « sens du faire-valoir » au cours du Congrès mondial des vétérinaires à Lyon en 1999, puis à Tunis en 2003. « Ce visionnaire a su doter le SIMV d'une véritable politique, basée sur la sécurisation de la filière du médicament vétérinaire, qui a influencé profondément notre industrie aux plans national, européen, mais aussi international. Il a su également créer des synergies avec nos partenaires », loue Jean-Louis Hunault, qui se souvient encore de leur première rencontre fracassante en juillet 1996 : « Il m'avait informé qu'il avait cessé de payer ses cotisations depuis plus de six mois pour manifester son opposition à la politique suivie par le SIMV… »

Frictions

Bousculer les lignes, être le « poil à gratter » de la profession aussi bien que du milieu patronal lyonnais…
Stratégie délibérée, maladresse assumée, provocation? Ou simple volonté de reconnaissance? Chez Merial, on connaissait à Daniel Gouffé de solides inimitiés. La fin de sa présidence aurait ainsi viré à la guerre de tranchées avec Kurt Haussmann, le patron de Manufacturing. « Définir ses « ennemis » lui permet de cerner et de border une situation, et le place dans une logique de combativité qu'il affectionne. Il tire aussi son énergie de ces frictions », remarque un ancien collaborateur. Comme si lancer « des pavés dans la mare » était une bonne façon de voir ce que les gens ont dans le ventre, de les amener à la réflexion, ou tout simplement « d'avancer », son obsession. Une sorte de posture intellectuelle anti-normative, qui pousse ce patron à plébisciter des auteurs comme André Comte - Sponville - athée tout comme lui -, pour son « courage ».
En 2005, Daniel Gouffé quitte Merial avec bravache et panache. « La dernière année, il a porté à bout de bras les conséquences d'une restructuration qu'il n'avait pas choisie, et qui a abouti à 200 suppressions de postes à Lyon, dans le berceau même de la bio », témoigne Stéphane Malka. « Jusqu'au bout, il a défendu les salariés. Un vrai patron ». Aujourd'hui président d'Erai (Entreprises Rhône-Alpes International), il est sur le point d'écrire une nouvelle page de son histoire. « Une nouvelle vie » comme il pourrait le dire lui-même, lui dont l'ascension fulgurante au sein d'une entreprise anglo-saxonne demeure un mystère, un « tour de forces exceptionnel » pour beaucoup de ses pairs vétérinaires. Joëlle Khuat-Duy pointe « l'ultime paradoxe » : « Il n'a cure des titres. L'argent n'est pas son moteur. Pourtant, il se débrouille toujours pour être nommé président de telle ou telle structure, et en conséquence attirer sur lui les honneurs! ». Le meilleur souvenir professionnel de Daniel Gouffé? Il réfléchit, ne sait plus bien quoi choisir… Un agnelage, une césarienne, du temps où il était praticien? La présidence de Merial? « C'est difficile, les souvenirs se bousculent… Le meilleur d'entre eux, c'était peut-être de trouver les premières violettes quand j'étais vétérinaire. J'aurais aimé être fleuriste ». Ultime pirouette.

 

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Commentaires
a écrit le 18/06/2019 à 20:54 :
Merci
a écrit le 23/02/2016 à 10:35 :
C'est bien écrit et c'est bien vrai et cela coute de ne pas être d'accord.

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