L’insertion, un outil pragmatique au service du recrutement

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En mettant en place une démarche territoriale innovante, la Métropole de Lyon et plusieurs acteurs de l’emploi font de l’insertion une solution pour les entreprises qui peinent à recruter dans certains métiers en tension. C’est notamment le cas de la société Lorge Imprimeurs qui a embauché deux personnes grâce à cette expérimentation. Face au succès rencontré, un nouvel élan se crée.

Avec un chiffre d'affaires en augmentation de presque 2 millions d'euros, l'entreprise Lorge Imprimeurs connaît une croissance importante depuis deux ans. Spécialisée dans la fabrication d'étiquettes adhésives pour les industriels de l'alimentaire, de la chimie ou de la santé, cette société basée à Vénissieux est passée de 42 salariés à presque 60 aujourd'hui. Un développement important qui ne s'est pas fait sans difficulté.

« Sur certains métiers, comme celui de coupeur, il n'y a pas d'école spécialisée. Il est donc difficile de trouver des candidats », explique Didier Loffreda, le PDG de l'entreprise.

La solution est venue de son référent à la Métropole de Lyon, à travers une expérimentation organisée localement. Le principe ? Mettre en relation des sociétés en difficulté de recrutement et des candidats dits éloignés de l'emploi. En contrepartie, les entreprises s'engagent à leur réserver des postes en CDI.

Dès que les dirigeants donnent leur accord, les différents acteurs de l'emploi, réunis au sein d'une commission locale d'insertion, entrent alors en scène :

« Un référent visite l'entreprise pour bien comprendre ses attentes. Ensuite nous proposons les postes disponibles aux personnes que l'on accompagne. Elles sont reçues en information collective, puis nous menons des entretiens avec celles qui sont intéressées. Les référents participent à la présélection avec le chargé de mission de la Métropole. Dans ce mode de recrutement, les savoirs être sont plus importants que la qualification ou l'expérience », détaille Catherine Buivan, la directrice d'Alizés Formation qui aide les bénéficiaires du RSA à trouver un emploi ou une formation.

Au total, quatre sociétés ont joué le jeu : Lorge Imprimeurs donc, mais aussi Aldes à Mions, TBH à Corbas ou Kiloutou à Vénissieux.

Des nouvelles entreprises intéressées

Une fois sélectionnés, plusieurs candidats sont accueillis par l'entreprise pendant quelques jours. Tous ne seront pas recrutés. Lorge Imprimeurs a ainsi testé six personnes pour finalement en conserver deux. Bénéficiaires du RSA et sans expérience dans ce métier, elles ont pu ensuite compter sur l'aide de leurs collègues pour s'intégrer.

« Nous avons toujours un temps de compagnonnage où nos nouveaux salariés travaillent en binôme avec un conducteur expérimenté. Pour bien les accompagner, nous avons doublé ce temps. De leur côté, elles ont montré beaucoup d'envie », assure Didier Loffreda.

Une intégration visiblement réussie puisque six mois plus tard, les deux femmes sont toujours en poste.

« Toutes les personnes qui ont participé ont repris confiance. Elles sont plus épanouies, même celles pour qui le process s'est arrêté en chemin. J'espère que ce genre d'expérimentation va se généraliser. On en a besoin pour continuer de lutter contre les préjugés », estime de son côté Laurence Reynaud, chargée d'insertion pour l'association Safore, spécialisée dans l'apprentissage du français pour les bénéficiaires du RSA.

La réussite de cette première expérimentation semble en tout cas porter ses fruits. Si Lorge Imprimeurs a déjà reconduit sa participation, d'autres entreprises ont sollicité la Métropole de Lyon pour rejoindre le programme. À ce titre, cette collectivité territoriale a souhaité associer pleinement les sociétés aux instances qui permettent de définir son action en direction des publics en insertion, au même titre que les bénéficiaires eux-mêmes et les différents acteurs locaux.

Les Commissions locales d'insertions (CLI) sont chargées sur un territoire d'élaborer des programmes locaux d'insertion. Il en existe 11 sur la Métropole de Lyon. La CLI de Vénissieux, présidée par José Félix, DRH d'Aldès, est la n°9 et regroupe d'autres communes comme Saint-Fons, Solaize, Feyzin, Corbas ou Mions.

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