La Métropole de Lyon mise sur l’insertion pour booster les métiers de l’aide aux personnes

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Anne-Sophie Carrier, lors d’une table ronde sur le thème « Construire une filière métiers du Grand-âge et de l’Autonomie sur la Métropole de Lyon ? » organisée à la Métropole de Lyon, en juin dernier.
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Anne-Sophie Carrier, lors d’une table ronde sur le thème « Construire une filière métiers du Grand-âge et de l’Autonomie sur la Métropole de Lyon ? » organisée à la Métropole de Lyon, en juin dernier. (Crédits : E. Soudan)
Alors que les métiers qui composent cette profession font face à de graves problématiques de recrutement, la collectivité territoriale tente d’y remédier grâce à l’insertion. Dès octobre, une formation va être testée pour accompagner 14 candidats. Le but ? Lutter contre les préjugés liés à ces emplois et ouvrir de nouvelles perspectives de carrière aux personnes suivies.

40 %. C'est le nombre de Services d'Aide et d'Accompagnement à Domicile (SAAD) et d'établissements d'hébergement pour personnes âgées et handicapées qui éprouvent de réelles difficultés à recruter selon la Métropole de Lyon. Mauvaise image des métiers du grand âge, fidélisation complexe du personnel, tâches difficiles..., les raisons à ce désamour sont multiples.

"Il y a un vrai problème de méconnaissance de nos métiers. On ne voit souvent que l'aspect lié au ménage ou à la toilette chez les personnes dépendantes, âgées ou handicapées, mais l'accompagnement va bien au-delà. Il faut aussi prendre en compte la dimension humaine de ces métiers, avec beaucoup de beaux échanges à la clé", explique Anne-Sophie Carrier, la directrice de La Compagnie de Louis. Cette entreprise, filiale du réseau d'Ehpad Omeris, aide les personnes dépendantes à rester le plus longtemps possible à domicile et à vivre le mieux possible.

Consciente des difficultés vécues par les employeurs de ce secteur, la Métropole de Lyon, garante du développement économique du territoire, et chef de file de l'action sociale et médicosociale, a décidé de miser sur l'insertion pour y remédier en partie.

Avec la Maison métropolitaine d'insertion pour l'emploi (MMI'e), elle a mis en place plusieurs actions concrètes, comme la construction d'une plateforme RH expérimentale pour les SAAD afin de valoriser la profession et favoriser l'attractivité du secteur.

"Il y a des améliorations à réaliser sur l'image de ces métiers, que ce soit à destination du grand public mais aussi des demandeurs d'emplois, pour les attirer davantage, ainsi que de tous ceux qui travaillent déjà dans ce secteur pour éviter qu'ils partent", résumait en juin dernier Samuel Tocanier, le responsable service entreprise de la MMI'e, devant de nombreux acteurs du secteur.

"L'idée, c'est de faire naître des vocations"

Actuellement, des professionnels de la MMI'e se familiarisent avec le quotidien et les qualités nécessaires à ces métiers, en partageant une journée de travail dans les structures lyonnaises de La Compagnie de Louis.

"En venant en agence, ils se rendent mieux compte du métier d'assistant de vie sur le terrain. Ce "vis ma vie" permet, de façon très concrète, d'être en capacité de proposer nos métiers, aux personnes qu'ils accompagnent. C'est bénéfique pour tout le monde", assure Anne-Sophie Carrier.

Un autre projet va voir le jour en octobre, celui de créer une formation de deux ans pour 14 candidats dont certains issus de l'insertion (*) qui seront en partie choisis et suivis par la MMI'e. Après une première étape de trois mois pour obtenir le titre d'assistant de vie aux familles, notamment grâce à des stages, ces personnes seront embauchées en contrat pro ou contrat d'apprentissage dans les deux structures de maintien à domicile. Rémunérées à la même hauteur que leurs collègues pendant un an, elles signeront ensuite un CDI dans l'un des huit Ehpad du Réseau Oméris de la Métropole.

"Nous leur donnons les billes, grâce aux modules de formation et à l'accompagnement sur le terrain, pour qu'ils deviennent des "pépites" de la forte dépendance. L'idée est de faire naitre des vocations chez des personnes dotées d'une forte empathie, de valeurs humaines, et qui ont envie d'aider les autres. La Métropole a décidé de s'engager sur les métiers du grand âge et cela nous aide grandement. Nous avons besoin de cet engagement pour réussir à donner du sens à nos métiers, à recruter et à fidéliser nos personnels", résume la directrice de La Compagnie de Louis.

Cette expérimentation pourrait, en cas de succès, être étendue à d'autres structures sur le territoire.

(*) Deux sociétés de maintien à domicile (Aide&A et La Compagnie de Louis), deux centres de formation (Ingeniors et Décima Formation) et le réseau d'Ehpad Omeris sont à l'initiative de cette expérimentation de parcours diplômant Domicile-EHPAD, en partenariat avec la MMI'e, Pole Emploi, les Agefos et la Région.

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Commentaires
a écrit le 04/07/2019 à 22:17 :
Enfin, une initiative de qualité qui ne peut que réussir.
Bravo, la métropole.
Comme l'Europe, il est important pour les citoyens des 59 communes de la métropole qu'ils sachent concrètement quelles sont les actions mises en oeuvre pour les administrés.


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