Quand la jeunesse se lève

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Une jeune fille lors d'une manifestation à Lyon contre la loi travail.
Une jeune fille lors d'une manifestation à Lyon contre la loi travail. (Crédits : Laurent Cerino / ADE)
A moins d'un mois de l'élection présidentielle, Acteurs de l’économie-La Tribune a souhaité comprendre, comment et par quel moyen la jeunesse française, dynamique, énergique et combative, néanmoins trop souvent absente du débat politique, s’engage pour bousculer l’ordre établi. Marquée par un chômage massif, souffrant d’une image peu flatteuse auprès des générations aînées - suspectée d’être peu ou pas mobilisée - cette jeunesse pourtant s’engage via des modes alternatifs (réseaux sociaux, entrepreneuriat social et solidaire, engagement hyper local) qui échappent aux politiques publiques et aux dispositifs traditionnels d’évaluation. Des investissements protéiformes dont les valeurs sont aussi fortes que plurielles.

Jeunesse, nom féminin : "Période de la vie entre l'enfance et l'âge mûr chez l'homme." Une période de transition, si l'on se fie à la définition stricte du dictionnaire. Une définition que complète le Forum français de la jeunesse, prenant en compte les disparités de situations et les réalités diverses des personnes concernées. Structure rassemblant les principales organisations nationales gérées et animées par les jeunes, associatives, syndicales, politiques et mutualistes, le FFJ désigne la jeunesse comme une "période de transitions de différents ordres : passage du domicile familial au domicile autonome, transition vers la mise en couple, temps entre la fin de la scolarité obligatoire et l'acquisition d'un emploi stable, mais aussi temps d'apprentissage de la citoyenneté".

Espace de réflexion et de concertation des jeunes, le FFJ a émis six avis et une centaine de propositions thématisées afin de construire des propositions relatives aux problématiques de cette génération ("Représentation des jeunes en France",  "Nouvelles politiques en direction des jeunes", "Droit à la santé", "Vote et participation des jeunes", "Formation et insertion professionnelles", "Enjeux climatiques et environnementaux").

Difficultés

La jeunesse est donc une situation de passage, que Michel Fize, sociologue, chercheur au CNRS, spécialiste des questions de l'adolescence, de la jeunesse et de la famille, auteur de Jeunesses à l'abandon (Mimésis, 2016), délimite en ces termes :

"La « jeunesse » est une dénomination générique. Elle recouvre une pluralité de situations et des conditions qui varient selon les origines sociales et les parcours scolaires, notamment. Il n'existe donc pas d'unicité de situations de la jeunesse. Cela dit, je m'interdis de parler « des » jeunesses, un pluriel qui laisserait considérer que nous assistons à un éclatement de ces situations et une impossibilité de connexions entre elles. Au final, la jeunesse recouvre des situations diverses au sein d'une seule et même génération qui possède les mêmes aspirations et rencontre les mêmes difficultés."

Campagne ADE

Et face à ces difficultés, la génération jeune est unanime quand elle parle d'elle-même : le regard que portent les jeunes sur le destin de leur génération est extrêmement sombre. Vingt ans n'est pas le plus bel âge de la vie, pensent-ils majoritairement (à 51 %), selon l'enquête "Génération quoi ?" menée auprès de 210 000 jeunes et conduite par deux sociologues de la jeunesse, Cécile Van...

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