CinéFabrique, une école de cinéma pour favoriser la diversité

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(Crédits : Rémi Benoit)
A Lyon, une nouvelle école de cinéma, gratuite et publique, s'installera à la rentrée 2015. La CinéFabrique, parrainée par Abderrahmane Sissako, souhaite faire émerger la diversité au sein du 7ème art. Cette structure innove également, avec pour la première fois dans l'enseignement de cette discipline, une troisième année ouverte à l'alternance.

"Je suis curieux de savoir pourquoi, à Lyon, une telle école de cinéma ne s'est pas faite avant", relève Abderrahmane Sissako, réalisateur primé aux Césars pour son film Timbuktu. Le Mauritanien est en charge de promouvoir la nouvelle école de cinéma lyonnaise : La CinéFabrique. L'interrogation du cinéaste est alimentée par la belle ambition de cette nouvelle structure dotée à terme d'un budget de 2,1 millions d'euros : assurer la diversité des profils dans le cinéma.

Mettre fin à l"entre-soi"

L'initiative, portée depuis 2012 par la région Rhône-Alpes, est issue d'un constat implacable établi par une partie des professionnels :"Il y a un entre soi dans le cinéma français, avec des protagonistes issus d'une même origine sociale. Il faut ouvrir à la diversité, explique le directeur de l'école Claude Mourieras, également réalisateur. Cette nouvelle structure doit amener aux métiers du cinéma des jeunes d'horizon divers, même ceux n'ayant pas obtenu le bac".

Ainsi, le processus de sélection se veut en dehors des concours traditionnels. "Trois tours de sélections sont prévus. Il y aura des modules sur internet, puis une analyse des productions des postulants, comme un autoportrait", détaille le directeur. Ce parcours rappelle les processus de l'école Simplo.co. Cette dernière, spécialisée dans l'enseignement du code, défend également la mixité sociale dans ses cursus.

La première école de France à proposer de l'alternance

À partir de septembre 2015, la première promotion de la CinéFabrique sera composée de trente élèves, et prendra ses quartiers temporaires au centre de formation professionnelle initiale, à Lyon 3e. Le cursus est prévu sur trois ans, et se veut novateur : "la première année est focalisée sur un enseignement commun. La deuxième permet une spécialisation, avant une dernière année en alternance. C'est une première en France",  poursuit M. Mourieras. Une classe préparatoire sera également intégrée. L'enseignement est dispensé par des intervenants extérieurs, tandis que l'approche théorique et critique sera assurée par des enseignants-chercheurs de Lyon 2. L'école travaillera également avec le Pôle Pixel.

Le partenariat avec l'université, qui possède sa propre formation audiovisuelle, pourrait être même renforcé, notamment dans la reconnaissance des acquis. "Nous sommes en discussion pour donner un statut et un diplôme d'Etat à nos élèves", ambitionne le directeur. Le Conseil d'administration de Lyon II  se prononcera le 5 juin sur cette éventualité.

Un enseignement public

La CinéFabrique s'inscrira alors pleinement dans l'enseignement public. De ce fait, les frais de scolarité seront calqués sur ceux du monde universitaire, à savoir 189 euros par élève et par an. Et pour assurer le financement de son budget, estimé à 2,1 millions d'euros en 2018 quand l'école tournera à plein régime, elle compte sur la contribution de la région Rhône-Alpes (1/3), du Centre national du cinéma (1/3), de la taxe d'apprentissage ainsi que sur l'aide de fondations.

La région Rhône-Alpes reste un territoire dynamique dans la création cinématographique. Elle investit environ 10 millions d'euros par an. L'entreprise Rhône-Alpes Cinéma (RAC), liée par convention avec la Région, assure ce leadership, malgré certaines critiques. Depuis 24 ans, RAC a coproduit plus de 250 films. Parmi eux, "La tête haute" d'Emmanuelle Bercot, et "Fatima" de Philippe Faucon, feront respectivement l'ouverture et la clôture du festival de Cannes 2015.

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Commentaires
a écrit le 12/05/2015 à 23:07 :
on peut donc clairement expliquer à tous les donneurs de leçon qui viennent nous raconter la vie sur les plateaux télé qu'ils se moquent de nous?

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