L’IAE de Lyon implique ses étudiants dans des associations

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Une étudiante de l'IAE de Lyon.
Une étudiante de l'IAE de Lyon. (Crédits : Lisette-Photographie)
L’IAE de Lyon teste cette année un nouveau module : Bénévolat et Management en Association (BMA). Les élèves en première année doivent donner 20h de leur temps au profit d'une association.

« C'est une expérience différente, un nouveau mode d'apprentissage ». Catherine Mercier-Suissa, chargée du module BMA à l'Institut d'administration des entreprises (IAE) de Lyon, le décrit ainsi. Les 1000 élèves en première année à l'IAE de Lyon devront effectuer 20h de bénévolat au profit d'associations (humanitaires, sportives, culturelles...) pendant leur premier semestre d'études. Une fois les heures effectuées, les étudiants doivent rendre un « rapport d'étonnement » pour changer du classique rapport de stage. En trois pages, ils expliqueront ce qu'ils ont appris et retenu. Ils donneront aussi  leurs impressions sur cette mission de bénévolat, dans le but de leur faire réaliser une introspection et tirer des enseignements, ou au moins prendre du recul sur les thèmes associatifs.

Responsabiliser les étudiants

Le module présente trois objectifs : faire découvrir une nouvelle forme d'enseignement, prendre du recul sur la mission et identifier les raisons du bénévolat. Pour faire prendre conscience aux étudiants de l'individualisation de la société, Catherine Mercier-Suissa utilise un exemple simple mais percutant pour les étudiants :

« Les jeunes se mettent souvent en colocation, mais pour beaucoup il s'agit juste de partager un loyer et des charges. Nombreux sont ceux qui ont leur étagère de nourriture et leur compartiment dans le frigo ».

Les taches qu'ils doivent effectuer, pour valider leur crédit ECTS, peuvent se classer en trois catégories : un travail exécutif (tri, distribution...), un travail social (aide aux devoirs, solidarité) et un travail d'organisation où les étudiants peuvent proposer une mission à une association et mettre en œuvre sa réalisation. Les élèves ont le choix de l'association et des missions, mais ils devront prendre conscience que cela implique des responsabilités. Ils pourront par ailleurs se rendre compte de la réalité du fonctionnement associatif en étudiant le business model.

Apprendre à connaître les jeunes de l'IAE

Le concept avait déjà été testé l'an passé mais sur un échantillon réduit d'étudiants. Catherine Mercier-Suissa a relevé deux réactions différentes face à ce module :

« Il y a des jeunes qui font le travail parce qu'ils doivent le faire et s'orientent vers des associations sportives en général. Il y a une deuxième catégorie d'étudiants, un peu plus impliqués qui se sont dirigés vers du social ou de l'humanitaire ».

Le fait d'avoir un retour de la part des étudiants permet de mieux les connaître en dehors de leurs aptitudes scolaires. Ce module réalisé par 1000 étudiants cette année doit permettre d'identifier des tendances sur des jeunes « éduqués » (ils ont tous obtenu leur baccalauréat). Le grand nombre d'étudiants permet de réaliser un échantillon représentatif de la génération des 18-20 ans.

Des avis partagés chez les étudiants

Pour Julie, étudiante en AES, le module BMA est une opportunité :

 « Je trouve qu'il est vraiment une bonne idée. Je ne me suis jamais donnée le temps d'être bénévole dans une association bien que l'envie n'en manquait pas. Ainsi, le fait que l'IAE nous pousse à faire ça est une très bonne chose à mon avis. Maintenant j'espère juste que cette expérience sera superbe ! »

A contrario, Doriane, dont ce sera sa première expérience dans le milieu associatif, n'est pas vraiment motivée « Mais bon c'est obligatoire et ça sera surement une bonne expérience ! ». Marie, également en AES, apprécie l'initiative, mais pas sa réalisation :

« Cela a un bon fond mais ce n'est pas bien fait. Le bénévolat doit partir d'une démarche personnelle et non pas être une obligation. Je fais partie de la Croix-Rouge et d'une association internationale, j'ai fait les démarches car je voulais le faire, j'en avais le temps et l'envie. Beaucoup de personnes n'auront, je pense, pas ces deux avantages et feront donc ce BMA car elles le doivent et non le veulent. Ce qui est dommage. Cependant cela peut générer des passions et faire découvrir d'autres horizons. Mais cela reste un module négatif pour moi. »

Déjà plus de 150 missions proposées

Afin d'aider les élèves dans leurs démarches, l'IAE de Lyon s'est rapproché dès juillet de la Région, qui finance un grand nombre d'associations. La vice-présidente de Rhône-Alpes a trouvé le projet intéressant et a fait diffuser une lettre d'information aux grandes associations rhônalpines qui ont-elles-mêmes transmis à leur réseau. Une trentaine d'associations, tous secteurs confondus, ont déjà manifesté leur intérêt, dont Handicap International.

L'ONG est intervenue lors de la pré-rentrée pour présenter ses actions aux étudiants et leur soumettre des missions dès le 20 septembre avec notamment la Pyramide de Chaussures. Cette action n'en est qu'une parmi les 150 qu'ils vont proposer aux élèves. L'association sociale Zup de Co, qui combat les inégalités scolaires a également proposé aux étudiants de se rendre dans des collèges, une à deux heures par semaine, afin d'aider les élèves en difficultés.

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Commentaires
a écrit le 09/09/2014 à 13:42 :
C'est une bonne initiative, car elle est enrichissante pour l'étudiant sur plusieurs facteurs. Toutefois, sa demarche doit rester personnelle, pour qu'il n'ait l'impression d'avoir été impliqué obligatoirement.

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