Fusion EMLyon et Grenoble EM : un vrai panier de crabes

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Le campus de l'EM Lyon à Ecully
Le campus de l'EM Lyon à Ecully (Crédits : DR)
Bruno Bonnell veut couper court aux rumeurs de fusion entre EMLyon et Grenoble EM. A-t-il la main ? Ou comment stratégies des établissements et des chambres consulaires peuvent diverger.

Bruno Bonnell est catégorique : il n'existe aucun projet de rapprochement entre EMLyon, qu'il préside et dirige jusqu'à la prise de fonction de Bernard Belletante en mai, et Grenoble Ecole de management. Et même d'ajouter « n'avoir jamais rencontré » son homologue directeur grenoblois Loïck Roche, « ni même échangé par téléphone avec lui : je ne le connais pas ! ». Un Loïck Roche, dont il prend acte des déclarations successives « plutôt contradictoires ». La première proposant une association de type PSA qui met en commun des forces tout en préservant les marques, la suivante coupant court à toute fusion.

Pas au programme

Sur le site e-orientations, Loick Roche dénonce le coût prohibitif d'une fusion, les menaces pour l'emploi, la décrue des recrutements d'étudiants, et évoque plutôt une… « absorption » ou la création commune d'un executive MBA « de classe mondiale ». Et le président de Robopolis Bruno Bonnell d'affirmer qu'un tel chantier de rapprochement « ne figure même pas dans la pile des dossiers à examiner dans les prochains mois. Pour l'heure, notre stratégie régionale est circonscrite au développement, très prometteur, du bachelor hébergé à l'ex-ESC Saint-Etienne, et celle internationale est concentrée sur des partenariats avec de grands établissements américains, africains et chinois. Autant dire que Bernard Belletante aura bien d'autres chantiers et priorités à traiter que ceux d'un rapprochement avec GEM ».

Une fusion logique ?

Pourtant, les présidents des deux chambres de commerce et d'industrie, Emmanuel Imberton (Lyon, élu CGPME) et Jean Vaylet (Grenoble, Medef), ont bel et bien évoqué ce dossier, qui n'est pas sans logique. D'une part, il y a le mouvement de concentration des compétences et de mutualisation des offres au sein de la CCI régionale, présidée par Jean-Paul Mauduy. Ce dernier confie « faire confiance aux deux présidents de CCI et ne pas douter de leur intelligence pour trouver les solutions les plus efficaces ». D'autre part, il y a le phénomène de fusion des établissements français soumis à la raréfaction des subsides publiques ou consulaires et à l'âpre compétition internationale. Emmanuel Imberton lui-même a proposé « de ne pas s'interdire de regarder un projet de fusion » qui a des logiques territoriales et stratégiques, et auquel le profil et l'expérience de Bernard Belletante, qui a conduit la fusion d'Euromed et de Bordeaux Ecole de management (rebaptisés Kedge Business school) se prêtent « opportunément ». Bref, un sacré « panier de crabes » qui mêle des acteurs, des logiques, des histoires, des cultures… et des déclarations volontiers antagoniques. Avec en filigrane la mise en perspective des stratégies, pas toujours à l'unisson, des directions d'établissements et des chambres consulaires.

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Commentaires
a écrit le 10/03/2014 à 18:48 :
Après la fusion-absorption de Saint-Etienne - qui tire l'image EM vers le bas (chelor) - l'OPA sur Grenoble est une évidence stratégique. Les intéressés poussent de hauts cris, mais la concentration est dans le sens de l'histoire, et pas que pour des raisons budgétaires. Après un an sans direction, avec le "pschitt" de l'Alliance/Yin Yang, l'EM est sur la pente descendante des sacro-saints classements (Patrick Molle, critiquable à bien des égards, avait au moins une réelle efficacité dans ce système). Les dirigeants actuels ont les yeux rivés sur leur image personnelle et ne voient pas plus loin que leur prochaine interview dans un media local. Très bons en comm' mais une singulière courte vue et un manque d'ambition bien regrettable.

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