L'enseignement supérieur lyonnais à la peine dans les classements internationaux

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(Crédits : Acteurs de l'Economie)
L'agglomération comptabilise 119 000 étudiants (les établissements du PRES environ 93 000) et concentre la moitié du paysage rhônalpin. Sur son segment des métropoles européennes moyennes, qui plébiscite Berlin, elle côtoie Turin et Vienne.

Lyon constitue le deuxième pôle français, expose un ratio sur la « population totale » médiocre (8,8% contre 13,3% à Grenoble) mais un solde migratoire dynamique (+11% contre +6%  Grenoble sur la période 1999/2004). Le pourcentage d'étudiants étrangers (15%, +60% entre 1996 et 2004, « tirés » principalement par l'INSA, l'Université catholique, et EM Lyon), mais l'origine géographique de ces 15 000 élèves épouse insuffisamment la cartographie mondiale des forces économiques, financières, technologiques (l'Afrique, avec 38%, constitue le principal contingent), et seule l'ENS Sciences (92ème rang mondial), est classée selon les critères d'internationalisation des corps professoral et étudiant. Avec 66% de la population étudiante (80% à Strasbourg), les établissements universitaires forment un poids relatif, celui, élevé, des écoles (23%) participant à une offre d'une rare diversité. 61 515 étudiants évoluent dans les sciences humaines et sociales (SHS, 7 écoles doctorales), 40 136 dans les sciences et techniques (9 écoles doctorales), pour un nombre de doctorants estimé entre 2500 et…5000. Avec seulement 19% de la population étudiante, les 3ème cycles universitaires lyonnais sont relégués derrière ceux de Marseille et Bordeaux.
Au fameux classement de Shangai, qui établit l'une des hiérarchies les moins contestées en matière de notoriété et de production scientifique, seule, l'Université Lyon 1 apparaît dans le groupe des 200-300 au plan mondial et 79-122 au niveau européen… derrière ses homologues Strasbourg 1 et Grenoble 1 (la première enseigne française est Paris 6, au 45ème rang). Le bilan général est peu glorieux. Lyon est exclue du cercle des 20 premiers réseaux d'universités en matière de recherche académique, les salaires à l'embauche des diplômes des grandes écoles de Lyon sont sous-évalués… A noter toutefois que la recherche biomédicale se distingue, que l'INSA surgit au deuxième rang français pour le chiffre d'affaires réalisé en partenariats industriels, et que le nombre de brevets déposés en 2003 par la communauté scientifique lyonnaise a connu un bond impressionnant (620, +13,6% par rapport à 2002) quand celui de ses coreligionnaires grenoblois plongeait à 310 (-16 ,6%). Faiblesse des publications, invisibilité des SHS, connections déficientes des laboratoires de recherche (CNRS, CEA, Inserm…) aux universités, conditions d'accueil maussades des étudiants et chercheurs étrangers, cellules de promotion internationale fragmentées…autant d'explications qui cristallisent l'insuffisante symbiose entre l'agglomération et les établissements d'enseignement supérieur, et l'attractivité défectueuse de la métropole.


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