« Dialogue de sourds »

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(Crédits : Acteurs de l'Economie)
Il y a ceux, comme EM Lyon et l'INSA, qui font le choix de s'exclure du PRES. Et il y a ceux qui aimeraient bien aussi en être dispensés mais l'intègrent malgré eux. Symbole de ce « deuxième chapeau » ? Guy Lavorel, président de l'Université Jean Moulin Lyon 3, dont l'ampleur des interrogations, la vigueur des critiques, et l'acuité des craintes augurent mal du degré d'engagement et de coopération futurs de son établissement.

Il dénonce « l'hypnose du classement de Shangai » qui a légitimé la lancement d'un processus « élaboré en toute hâte » - « des réunions décidées de 48 heures à l'avance, la réception des futurs statuts par e-mail avec obligation d'y répondre 2 heures plus tard ! » -, il regrette le « flou qui drape le périmètre des futurs masters « à dimension internationale » ou celui de l'autonomie de chaque participant, il déplore « qu'afin de ne pas créer de verrous parmi les membres on tait tu des sujets cruciaux et préféré noyer les réponses », il fustige les imprécisions concernant le fonctionnement, les lieux de décision et d'arbitrage, et le financement du futur EPCS, il adoube l'essentiel des motivations de l'INSA et même d'EM Lyon, il assure qu'une partie du corps professoral de Lyon 3 considère le PRES avec « méfiance », il reconnaît les « pressions «  issues du ministère, de la direction de l'enseignement supérieur, ou dans le cadre du contrat de projet Etat/Région pour le « contraindre » de signer les statuts, il estime être victime d'ostracisme, et même « d'humiliation » par ses coreligionnaires pour s'être élevée contre «  la pensée uniforme » qui cornaquerait les réunions préparatoires… « On nous avait promis le dialogue pour méthode de construction du projet. On y a bien droit. Mais c'est un dialogue de sourd. » Pour ces raisons, il a obtenu l'inclusion d'une clause, autorisant chaque établissement à se retirer du PRES s'il juge que des sujets clés préfigurant l'édifice final ont été éludés. Nul doute qu'il ne serait pas mécontent si son pronostic d 'un « blocage complet du processus » provoqué par l'échéance présidentielle s'accomplissait…




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