A 30 ans, l'incubateur de l'EMLYON engage sa mutation

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(Crédits : Laurent Cerino/Acteurs de l'économie)
Le premier incubateur universitaire lancé en France en 1984 aborde le cap de la trentaine. 1 350 projets ont été accompagnés en 30 ans. L’EMLYON va désormais le faire évoluer sur trois points, pour toujours coller aux mutations économiques du XXIe siècle.

L'incubateur de l'EMLYON célèbre ses 30 ans ce mardi, à l'occasion du 7e World entrepreneurship forum. Il avait été lancé en 1984 d'abord sous la forme du Centre des entrepreneurs, l'incubateur a pris sa forme actuelle en 2008. Il met à disposition des porteurs de projets innovants, une structure d'accompagnement et favorise la mise en réseau au niveau régional, national ou international. Une centaine de projets par an sont suivis à EMLYON, dont 50 en incubation proprement dite. Les jeunes pousses sont "hébergées" entre trois mois et deux ans.

Près de 1 000 entreprises créées en 30 ans

Sur les trois dernières décennies, 1 350 projets ont été portés par l'incubateur d'EMLYON, 950 entreprises sont nées (dont une dizaine cotées en Bourse), avec un taux de survie à cinq ans de 85 %. L'école estime qu'environ 11 000 emplois ont été créés, sur cette période, grâce à l'incubateur.

En lien avec les profonds changements économiques en cours, désormais l'EMLYON a entamé la mutation de son incubateur sur trois axes.

"Nos fondamentaux restent les mêmes : marketing, finance, management... Mais les business model bougent, les rythmes s'accélèrent. Ce que nous mettons dans ces outils change" constate Michel Coster, directeur de l'incubateur.

"Si nous voulons accueillir plus de monde. Nous devons développer un autre modèle"

E-accompagnement et internationalisation

L'avenir passera donc davantage par du "distanciel", avec un processus tourné vers le numérique et le développement d'un e-accompagnement, qui se mettra en place dès cette année. Un mooc d'une vingtaine d'heures en vidéo, et un questionnaire en ligne d'une centaine de questions que doit se poser un entrepreneur seront disponibles.

Deuxième axe, le rapprochement avec d'autres acteurs pour coproduire des contenus et des concepts. "Il ne faut pas hésiter à se "marier" avec d'autres spécialistes", souligne Michel Coster. Enfin, troisième volet de cette évolution, une internationalisation pour "développer l'incubateur dans un réseau international" et prendre l'habitude "de sortir des frontières françaises". L'école devrait ainsi ouvrir prochainement un incubateur à Casablanca au Maroc.

Des évolutions qui tiennent compte également du changement de mentalités des entrepreneurs qui n'étaient même pas nés il y a 30 ans. "Pour des jeunes, l'entreprise désormais est un itinéraire comme un autre. La nouvelle génération est moins attachée à son entreprise", rappelle Michel Coster. Dans un cas sur deux, l'entreprise incubée est ainsi revendue rapidement après sa création.

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