Innovation : Med In Town veut apporter la fabrication additive au cœur des hôpitaux

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(Crédits : DR)
Med In Town veut fournir aux hôpitaux les moyens de produire leurs instruments chirurgicaux sur mesure grâce à la fabrication additive.

Et si, demain, les hôpitaux produisaient, dans leurs propres murs, le matériel utilisé en bloc opératoire grâce à l'impression 3D ? Le chemin est, probablement, encore long mais c'est bien l'ambition de Jérôme Prêcheur, ex responsable qualité et production des entreprises ligériennes Finortho (polissage et fabrication additive pour l'industrie médicale) puis Marle Finishing (activité finishing pour implants médicaux).

Il a créé, il y a quelques jours, la startup Med In Town, avec un capital social de 100.000 euros. Incubé par l'Ecole Nationale des Mines de Saint-Etienne, il travaille sur le projet depuis plus d'un an.

Usines nomades

"L'impression 3D a encore une marge de progression dans le milieu médical mais elle commence à se faire une place importante. Pour une pose de prothèse, de genou par exemple, le fabricant fournit au chirurgien une mallette d'une soixantaine de kilos avec toutes les tailles d'instruments et plusieurs dimensions de prothèses. Le chirurgien fait l'essai directement sur le patient. Une chirurgie du genou dure deux heures en moyenne, dont une heure d'essayage !", explique l'entrepreneur.

L'impression 3D permet au chirurgien, via une entreprise sous-traitante, d'obtenir un jumeau de l'anatomie de son patient. Ce modèle lui permet non seulement d'entrainer sa gestuelle mais aussi de choisir, avant l'opération, une prothèse de la bonne taille - voire même sur mesure -, et de déterminer les instruments chirurgicaux dont il a besoin.

"Il n'entre que 30% du matériel, avec des économies sensibles en matière de désinfection. Cela lui offre également la possibilité d'avoir du matériel jetable et donc une sécurité maximale pour le patient".

S'appuyant sur cette technologie déjà éprouvée aux arguments bien rôdés, Jérôme Prêcheur veut fournir aux établissements de santé une solution clé en main.

"Je trouve aberrant de faire traverser le pays, voire le monde, aux instruments, guides de coupe et modèles anatomiques sur mesure réalisés en 3D. Ils doivent être fabriqués sur place, au plus près des besoins. Nous devons aujourd'hui nous tourner vers le cloud manufacturing", poursuit-il.

L'entrepreneur a donc élaboré une solution d'impression 3D clé en main, nomade, hébergée dans des containers maritimes (12 mètres X 2,5) avec deux imprimantes 3D, le matériel nécessaire au travail de la poudre, à la désinfection, une salle blanche etc... Il indique que ces matériaux seront entièrement recyclables et qu'une fois utilisées, les pièces pourront être broyées et réutilisées.

Levée de fonds en préparation

Lauréate du Réseau Entreprendre Loire, des programmes de soutien à l'innovation Inovizi et D2IN, Med in Town doit désormais encore lever 500 000 euros pour financer son démonstrateur. Il espère la boucler d'ici six mois.

"Ce démonstrateur est indispensable pour convaincre mes clients potentiels", estime-t-il.

Et faisant d'une pierre deux coups, ce démonstrateur produira réellement, pour le compte de fabricants de matériel. "Le container est dimensionné pour réaliser 700 000 euros de chiffre d'affaires, en sous-traitance, par an". La fabrication de ces usines nomades sera déléguée à la PME grenobloise IMeBIO.

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