Aledia : des LEDS 3D bientôt sur mobile ?

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(Crédits : DR)
Concevoir des LED 3D nouvelle génération non pas pour le marché de l'éclairage, mais de l'affichage mobile et des displays… C'est le pari qu'a fait la start-up Aledia, en développant une technologie née au sein du laboratoire du Leti à Grenoble. La jeune pousse, fondée en 2011, a bouclé en début d'année son troisième tour de table de 30 millions d'euros, qui devrait être suivi par une nouvelle levée d'ici la fin de l'année.

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Elle avait songé au marché de l'éclairage général, puis de l'éclairage automobile, avant de trouver un marché bien plus adapté à sa technologie de LED 3D.

Spin-off du CEA Leti, Aledia (ex-Heliodel) a réalisé un pivot en 2015, après une première levée de fonds de 10 millions d'euros en 2012, puis de 28,4 millions d'euros en 2015.

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"Nous avions au départ cherché le marché de l'immersion générale, de plus grande taille, pour nous positionner. Nous étions bons au niveau des coûts, mais la technologie ne pouvait pas atteindre la performance énergétique nécessaire rapidement. Nous nous sommes rendu compte qu'il existait des marchés de niche bien plus intéressants, comme l'affichage mobile", illustre Giorgio Anania, président d'Aledia.

Et pour cause : tous les displays mobiles (smartphones, tablettes, montres connectées) possèdent un enjeu commun : offrir une bonne qualité d'affichage tout en réalisant des économies de batterie afin que celle-ci dure le plus longtemps possible.

"Si l'on arrive à proposer des gains significatifs en alliant une bonne qualité d'écran, on est sur un marché de plusieurs dizaines de milliards de dollars, où se retrouvent les plus grands fabricants tels que Samsung, Apple, Huawei", ajoute Giorgio Anania.

Avec sa technologie, qui propose de faire pousser sur un substrat en silicium une forêt de nanofils de nitrure de gallium, la startup Aledia espère ainsi révolutionner le marché du display en proposant des LED 3D. Ils ont l'avantage de réduire les coûts et d'augmenter la luminosité par rapport aux LED planaires classiques.

"Le challenge, c'est que nous partons d'une technologie qui comprend de la physique n'ayant jamais été faite. Pour cette raison, on ne peut pas prédire quelle sera la durée du cycle de développement", complète-t-il.

Une production à mettre en place

Avec sa troisième levée de fonds de 30 millions d'euros bouclée en début d'année, son fondateur vise à accroître ses capacités de recherche et développement. "Sur 70 salariés, seulement 4 ne font pas de R&D. Nous en sommes à l'étape cruciale où nous devons mettre du Capex au sein des équipements afin de ne pas être limités".

Ce nouveau tour de table signe également l'arrivée d'Intel Capital aux côtés des investisseurs historiques (Bpifrance via le fonds Écotechnologies, Braemar, Energy Ventures, Demeter, le groupe IKEA, Sofinnova Partners, et Supernova Invest...).

D'ici la fin de l'année, la start-up recherchera des locaux à l'extérieur du CEA afin de pouvoir envisager de mener une partie de sa future production. Elle pourrait mener un nouveau tour de table.

"Notre business model prévoit que nous internaliserons la croissance des fils, qui est notre principal savoir-faire, et que nous sous-traiterons le reste du processus aux fonderies de silicium".

Pour l'instant, la société travaille déjà sur quelques milliers de plaques par année pour sa R&D, mais espère ensuite augmenter ce chiffre de manière significative, sans encore en préciser le nombre.

"Nous avons embauché 7 à 8 personnes depuis le début de l'année, et nous aurions encore besoin de recruter encore une vingtaine d'ingénieurs et de techniciens, mais le marché est actuellement en tension sur Grenoble", ajoute Giorgio Anania.

Vers le marché de la réalité augmentée

Face à Aledia, on ne compte pour l'instant qu'un seul concurrent au niveau mondial : la société américano-suédoise Glo, ayant développé elle aussi une technologie à base de nanofils avec l'Université de Lund et qui a reçu d'importants investissements de la part de Google.

"Notre plateforme est plus adaptée et moins coûteuse car elle permet notamment de faire croître un plus grand nombre de fils sur une même plaque", estime le dirigeant isérois.

La jeune pousse iséroise, quant à elle, envisage une commercialisation de sa technologie pour 2021. "Nous devons encore passer par la phase de qualification avant d'être prêts pour la production", souligne son fondateur.

Pour autant, Giorgio Ananiane ne se montre pas inquiets par ces délais :

"L'enjeu n'est pas tant de savoir si l'on sort en 2020 ou 2021 car nous recevons beaucoup d'intérêt de la part des investisseurs, au regard de l'importance du marché potentiel : il existe en effet une poignée de clients potentiels au sein des top 10 de l'électronique, et un seul client pourrait déjà nous apporter 8 milliards de dollars de CA".

Et pour cause, ses champs d'applications sont multiples, et ne feront que croître d'ici les prochaines années : smartphones, tablettes, montres connectées, écrans, ordinateurs...

"La réalité augmentée va apporter encore de la valeur sur ce marché. On estime que tout le monde sera équipé d'un objet en VR d'ici cinq ans".

Et rappelle que d'ici 2020, le marché des displays mobiles est estimé à 75 milliards de dollars (hors électronique).

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