Pourquoi la blockchain peut révolutionner les objets connectés

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(Crédits : Laurent Cerino/ADE)
Et si l'avenir de l'Internet des objets (IoT) passait par la révolution blockchain ? C'est en tout cas le schéma qui semble se dessiner selon les professionnels du secteur. En jeu, la désintermédiation des échanges, grâce à la mise en place de contrats intelligents entre les objets, ou entre les personnes. La blockchain sera justement au cœur des débats lors du Showroom de l'Internet des Objets (SIdO) qui débute ce mercredi à Lyon.

La blockchain. Cette technologie est désormais connue comme le loup blanc dans les univers de la finance ou de la banque, qui s'y intéressent de près du fait des mutations qu'elle pourrait engendrer dans le secteur. Preuve que les champs des possibles de cette révolution sont aussi vastes que variés, la chanteuse anglaise Imogen Heap souhaite utiliser ce procédé pour permettre aux artistes de gagner immédiatement leurs ayants-droits, sans intermédiaire.

Mais surtout, cette "chaine de bloc" - une base de données décentralisée des transactions en perpétuel mouvement et infalsifiable -, pourrait bien être un outil essentiel pour le développement des objets connectés.

"Contrats intelligents"

Si cette technologie peut s'imposer dans l'IoT, c'est que ses promesses - désintermédiation, transparence et infalsifiable -  engendrent la "confiance, un élément fondamental" dans l'utilisation des objets connectés, souligne Xavier Dalloz, expert du secteur qui interviendra sur cette thématique lors du Showroom de l'Internet des Objets (SIdO), à Lyon ces 6 et 7 avril.

Il va même plus loin, estimant qu' "il n'y aura pas de développement de l'Internet des objets s'il n'existe pas la sécurisation qu'est le blockchain." Et cela grâce aux contrats intelligents, ou "smart contracts", permis grâce à la technologie blockchain.

Xavier Dalloz complète :

"Par exemple, tous ces objets connectés de la maison fonctionnent sur Internet. On ne peut pas en garantir la sécurité, car un hacker peut toujours intervenir. Avec la blockchain, cette sécurité peut être assurée. Le contrat doit être écrit de telle sorte que, quand les lumières doivent s'allumer ou s'éteindre, ce potentiel hacker ne puisse pas rentrer dans le contrat."

Grâce aux contrats intelligents et sécurisés, les objets seront donc amenés à communiquer entre eux de façon limpide. Paola Jesson, organisatrice du SIdO, illustre :

"Un frigo connecté peut voir quels sont les éléments absents, puis se connecter avec le commerce pour demander directement une livraison. Une fois le contrat respecté entre les différents objets, le paiement se fait de façon automatique."

Réalité ou utopie ?

Si a priori, la généralisation de ce procédé peut sembler relever de l'utopie, "la technologie existe, elle est déjà là", affirme Paola Jesson. Avec notamment des blockchain comme Ethereum.

Mais "cela prendra du temps, comme le web a mis du temps à se développer, se souvient Xavier Dalloz. Avant cinq ans, ce sera de l'ordre du gadget. Des innovateurs vont commencer à s'y intéresser de façon isolée. Et puis à partir de là, nous allons progresser."

Les objets connectés doivent eux aussi évoluer pour que la blockchain puisse réellement prendre son envol. "Nous devons lever quelques verrous", explique la coorganisatrice du SIdO. "A l'heure actuelle, tous les objets ne peuvent pas communiquer entre eux. Dans le futur, ils devront être interconnectés."

Perspectives de développement

Les financeurs ont bien cerné les perspectives de croissance. D'une part, le potentiel marché des objets connectés en France est estimé à 15 milliards d'euros à horizon 2020, uniquement pour la France. D'autre part, la blockchain attire les investisseurs. Selon Xavier Dalloz, en 2015, "un milliard de dollars a été investi dans le monde dans des startups spécialisées dans la blockchain, dont 2 millions en France."

Il faut dire que le secteur, bien que développé depuis 2008 et la mise en place de la crypto-monnaie Bitcoin, n'en est qu'à ses premiers balbutiements. Dans ce secteur, comme le souligne Paola Jesson, "tout reste à faire."

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