Sentryo collecte 2 millions d'euros pour protéger l'Internet industriel

Par Marie-Annick Depagneux  |   |  355  mots
(Crédits : @Sentryo)
La jeune pousse fondée par deux anciens d'Arkoon Software Security va recruter de dix à quinze collaborateurs supplémentaires pour commercialiser son produit en France et en Allemagne. Elle vise 50 sites clients d'ici à 18 ou 24 mois.

L'Internet industriel, dit de machine à machine, semblait à l'abri des cyberattaques il y a peu d'années encore. Ces réseaux pilotant les systèmes de production, de logistique ou encore les produits eux-mêmes sont devenus plus vulnérables parce qu'interconnectés avec le reste de l'entreprise, les sous-traitants et les partenaires.

C'est à leur protection que se consacre Sentryo, jeune pousse fondée mi-2014 par Thierry Rouquet et Laurent Hasermann, respectivement ex-PDG et ex-directeur technique d'Arkoon Software Security, vendu à Airbus Défense.

Un marché européen de 500 millions d'euros

Pour conquérir ce marché estimé à plus de "500 millions d'euros en Europe et plus d'un milliard d'euros, à l'échelle internationale", à l'horizon 2020, Sentryo vient d'obtenir 2 millions en fonds propres, souscrits par ACE Management et Rhône-Alpes Création.

"Chacun a apporté la moitié de la somme. Laurent Hasermann et moi-même conservons la majorité du capital", assure Thierry Rouquet.

Préalablement à cette première levée de fonds, conclue en "six mois", la jeune société localisée sur le campus de la Doua à Villeurbanne, dans le Rhône, a déjà reçu un financement de 400 000 euros de Bpifrance, en mai dernier pour finaliser son produit, baptisé ICS Cybervision.

Partenariat avec le CEA de Cadarache

Ces 2 millions d'euros serviront à lancer ICS Cybervision en France et en Allemagne, de façon concomitante. Sentryo qui emploie une dizaine de collaborateurs va recruter de dix à quinze salariés supplémentaires, pour occuper des fonctions commerciales et de marketing.

"À ce jour, six sites clients sont équipés en tant que pilotes", poursuit le président de la société.

Celle-ci a notamment noué une collaboration étroite avec la direction énergie nucléaire du CEA à Cadarache. Totaliser une cinquantaine de clients, d'ici à 24 mois, tel est l'objectif de la startup.

Concurrents internationaux

Ces ambitions doivent encore être concrétisées et Sentryo prévoit ensuite de partir à la conquête du reste de l'Europe et de l'Amérique du Nord. Mais il lui faudra procéder à une nouvelle augmentation de capital : entre sept et dix millions d'euros. Et parallèlement compter avec la présence de concurrents israéliens et américains.