Google Impact : la Banque alimentaire du Rhône ré-invente la collecte des invendus

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L'application permettrait de récupérer environ 830 tonnes par an.
L'application permettrait de récupérer environ 830 tonnes par an. (Crédits : DR)
La Banque alimentaire du Rhône espère obtenir 500 000 euros du concours organisé par Google pour développer une application visant à rationaliser la collecte des denrées alimentaires périssables. Une première fenêtre vers une révolution du monde associatif ?

La révolution numérique s'invite jusque dans le monde associatif. Le géant américain Google a lancé un concours à destination des structures sociales. Le but ? Utiliser la technologie pour agir sur le monde. Parmi les dix finalistes du Google Impact Challenge, la Banque alimentaire du Rhône a été sélectionnée pour son projet de création d'application visant à rationaliser la collecte des denrées alimentaires périssables.

Mettre en relation acteurs économiques et sociaux

Pour imaginer cette "appli", intitulée "B.A Microdon", la structure est partie d'un constat simple : la collecte auprès des petits commerces, marquée par des quantités faibles, engendre un coût parfois insurmontable pour l'association.

"Sur certaines tournées, nous perdons de l'argent. Comme tous acteurs, nous devons être viables pour continuer notre activité, ce qui nous pousse à refuser certaines collectes", explique Patrick Valon, président de la Banque alimentaire du Rhône.

Mais ne pouvant pas se passer de ces dons, dans un contexte social où la demande est très forte, il a donc fallu imaginer une solution. Ainsi, l'application souhaite mettre en relation les 125 associations adhérentes de la Banque alimentaire et les petits commerces de moins de 300m², afin que ces derniers redistribuent leurs invendus, sans intermédiaire physique de la banque.

"Par la géolocalisation, les acteurs sociaux et économiques peuvent être mis efficacement en relation, dans un périmètre restreint. Ces alimentent ne transitent plus par le centre. Nous pouvons ainsi nos concentrer sur notre activité de grossiste."

 1,8 million de repas annuels en plus

Ce schéma engendre également une meilleure réactivité afin de dispatcher des aliments périssables très rapidement. In fine, le dispositif permettrait de récupérer environ 830 tonnes par an, soit 1,8 million de repas annuels. Cela serait un nouveau gisement non négligeable pour l'association, qui distribue chaque jour 30 000 repas et qui collecte cinq mille tonnes de nourriture par an.

Cette initiative intervient alors que la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, fait le forcing pour inciter les grandes surfaces à lutter contre le gaspillage alimentaire. Les structures de moins de 300m², visées par le dispositif de la Banque, pourraient adhérer à cette idée par un facteur incitatif non négligeable pour elles : "la défiscalisation, à hauteur de 66% est un levier qui permet d'augmenter les dons", assure le président.

Evaluation sur le modèle de Tripadvisor

Mais pour éviter que cela devienne un business pour les magasins, sans respecter la qualité des dons, l'application se dotera d'un moyen d'évaluation, comme sur les portails Yelp ou TripAdvisor.

"Si un magasin ne donne pas des produits en bon état et consommables, alors l'association aura le moyen de la sanctionner via la note", précise M. Vallon.

Pour financer ce projet, l'association vise donc l'une des quatre premières places du concours afin de bénéficier de la dotation financière de 500 000 euros promis par Google. La décision est désormais dans les mains du public, qui vote en ligne pour le projet qu'il souhaite. Mais la concurrence s'annonce rude avec des initiatives très pertinentes, à l'image des projets "ticket for change" qui accompagne les premiers pas des entrepreneurs du changement, ou Voxe, la plateforme qui vise à donner des informations neutres aux citoyens afin de faciliter leur engagement.

"Une opportunité inouïe"

En cas de victoire, cette somme permettrait à la Banque d'embaucher un chef de projet, de développer l'application, ainsi que de créer la charte d'adhérent pour ce projet.

Mais plus de 200 000 euros seraient réservés au développement de l'application dans les autres banques alimentaires du territoire national, voire chez les autres structures associatives comme les Restos du coeur, si elles le souhaitent.

Si l'idée ne concerne pour le moment que la petite collecte, M. Valon estime que cela pourrait ouvrir des portes. "C'est une opportunité inouïe de repenser la collecte alimentaire. Ce premier développement pourrait ouvrir de nouvelles perspectives", conclut-il.

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Commentaires
a écrit le 19/09/2015 à 19:15 :
Non seulement je paye mes produits plein tarif mais je finance des associations parasites par le biais de mes impôts au titre du crédit fiscal sur les invendus. Et lorsque je vois les files de bénéficiaires, je suis encore plus en colère. La France est sur une pente de plus en plus descendante.

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