Mhikes : Une application pour rendre la randonnée accessible

 |   |  867  mots
Les fondateurs de Mhikes, Marc Lemardeley, Rémi Thébault et Jean-Marie Mathieu
Les fondateurs de Mhikes, Marc Lemardeley, Rémi Thébault et Jean-Marie Mathieu (Crédits : Reuters)
Créé en juin 2014, la société Easy Mountain est née pour répondre à un enjeu : comment rendre la montagne accessible et lever les freins à la pratique de la randonnée ? Et si la réponse tenait au sein d’une application mobile, Mhikes, qui agit comme un Tom Tom sur les sentiers, l’interactivité en prime ?

Rémi Thébault, l'un des trois associés et PDG d'Easy Mountain, l'a lui-même constaté : "Quand on emmène des groupes d'amis en randonnée, ils nous disent avoir passé de très bons moments, mais n'y retournent pas d'eux-mêmes".  D'après lui, les principaux freins à la pratique de la randonnée sont au nombre de trois : la peur de se perdre, le manque de temps pour préparer son parcours, et le manque d'activités "fun" pour les enfants. Avec ses trois associés, Rémi Thébault a donc eu l'idée de créer une application mobile, Mhikes, permettant de se guider en montagne tout en développant des outils ludiques.

Avec un objectif : créer de toutes pièces la première communauté de promeneurs connectés en France d'ici deux ans. "Notre cible n'est pas les randonneurs chevronnés, mais les citadins qui recherchent une activité de 2-3h en concurrence avec le shopping ou le cinéma, qui veulent passer un bon moment sans trop de préparation", explique-t-il.

Des fonctions communautaires

Si son activité s'adresse plutôt aux touristes qu'aux Grenoblois, sa localisation dans la capitale des Alpes demeure un atout : "Il existe ici un tissu de startups avec lesquelles on peut collaborer pour intégrer des solutions nouvelles", estime le PDG.

Easy Mountain

Les fondateurs de Mhikes, Marc Lemardeley, Rémi Thébault et Jean-Marie Mathieu

Pour rédiger du contenu et faire découvrir de nouveaux itinéraires, Easy Mountain (6 salariés) mise sur une équipe d'une vingtaine d'accompagnateurs et de guides de montagne, formés par la startup au préalable, en vue de concevoir des fiches de randonnée à la valeur ajoutée (cartes, quiz, sons, etc.)

"Notre application Mhikes offre une fonction Tom-Tom simplifiée appliquée aux sentiers, où les enfants peuvent guider leurs parents sans savoir lire une carte, un audio-guide interactif afin de pouvoir géolocaliser les sites remarquables, et un carnet de souvenir pour stocker et partager les photos prises lors du trajet", résume Rémi Thébault.

Un pari international

Pour aller chercher sa clientèle, Easy Mountain a décidé d'offrir d'abord des parcours urbains, afin que les citadins qui téléchargent l'application puissent ensuite l'utiliser le week-end pour leurs activités périrurbaines. A court terme, la start-up vise Paris et le quart Sud-Est, mais aussi l'international.

"Il n'y a pas de limite, internet nous permet de nous déployer rapidement. Nous allons couvrir dès l'automne Barcelone et Londres", estime M. Thébault. Mais aussi d'autres types d'activités sportives : randonnée pédestre, randonnée en raquettes, vélo...

"Nous sommes en train de devenir les spécialistes de la promenade sous toutes ses formes, une application pour la marche nordique est même en discussion. On observe d'ailleurs un gros transfert avec 50% de Parisiens et de Lyonnais qui téléchargent nos parcours du Vercors ou du Luberon pour les week-ends".

Le B to C comme levier de croissance

Une fois téléchargée, l'application est accessible à 100% en mode hors ligne. Disponible en français et en anglais, elle pourrait ensuite être traduite dans d'autres langues. Avec 5000 membres et 10 000 téléchargements déjà effectués, Mhikes regroupe près de 250 parcours dans le quart Sud-Est, avec l'objectif d'atteindre les 1000 parcours référencés l'an prochain. "A notre grande surprise, il n'y avait pas de concurrence directe sur ce segment, mais des applications spécialisées tournant autour des communautés outdoor (VTT, alpinisme...) même si des grands comme Air BnB ou Google font des essais dans les grandes villes comme Marseille ou Barcelone".

Si Easy Mountain prévoit de clôturer son premier exercice avec un chiffre d'affaires de 100 000€ fin 2015, elle planifie déjà un développement exponentiel avec un triplement de son résultat l'an prochain, pour dépasser ensuite le million d'euros d'ici trois ans.

Un modèle évolutif

Bien que la start-up mise pour l'instant sur des activités B to B, telles que la vente de parcours à des stations de sports d'hiver comme le Plagne ou les Karellis qui lui permettent d'étendre le catalogue tout en assurant une mise à disposition du public gratuitement, "le modèle B to C nous permettra d'exploser", estime Rémi Thébault. "Blablacar a elle aussi commencé avec du B to B, en gérant les flottes auto des entreprises, avec, en parallèle, le site covoiturage.fr. L'idée pourrait être d'évoluer de notre côté vers de la vente en direct, à 3 ou 5€ la randonnée".

A l'étranger, Easy Mountain lorgne de près les hébergeurs et les chaînes hôtelières, une cible potentielle qui constitue le premier comptoir d'information des visiteurs.

Pour cela, la start-up vient de clôturer fin juillet sa première levée de fonds de 500 000€ auprès d'investisseurs privés et de family offices, tant au niveau local qu'à Paris et Lyon, qui doit lui permettre de financer son développement d'ici les deux prochaines années.

Son prochain objectif : atteindre les 100 000 membres d'ici 3 ans et développer la communauté B to C à compter de l'an prochain.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :