Search'XPR, la startup qui a dit non à Google et Yahoo

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Jean-Luc Marini et Olivier Figon
Jean-Luc Marini et Olivier Figon (Crédits : DR)
En mettant au point une solution technologique qui peut déclencher les envies d'achat des internautes, la startup Search'XPR suscite les convoitises et pas des moindres puisque Google et Yahoo avaient montré leur intérêt en 2011, alors même que le projet n'était qu'au stade de thèse universitaire.

Dans sa voix, Olivier Figon, président exécutif de la startup, n'exprime aucun regret : « Nous voulons être maître de nos destins. » Avec Jean-Luc Marini, cofondateur de Search'XPR et président, tous deux issus du monde scientifique et devenus entrepreneurs sur le tard, dès le début de l'aventure, ils ont souhaité conserver la main sur une idée qui, demain, pourrait bouleverser internet.

Repérer les internautes en errance

L'originalité de cette solution technologique repose sur des travaux de R&D portant sur la conjonction entre les sciences classiques et les sciences psychocognitives. Une technologie basée sur le principe de Sérendipité Psychocognitive (Serendipity Concept) qui permet de capter une émotion lorsque l'internaute est en errance sur internet et de lui suggérer alors des recommandations. Et donc, de déclencher un acte d'achat.

« Ce qui nous intéresse, ce sont les 80 % des internautes qui quittent un site internet sans avoir consommé, sans actes de décision nets contrairement aux 20 % qui ont un objectif précis », souligne Olivier Figon.

Dès lors, ce logiciel baptisé Oorace peut être appliqué aux sites de e-commerce mais pas seulement : les sites de rencontre, les réseaux sociaux voire même les moteurs de recherche généralistes. Une innovation majeure,développée depuis les bureaux de Lyon et Clermont-Ferrand, si bien qu'elle a, dès le départ, suscité un intérêt des géants du secteur du web.

Refus de rencontrer Google

Google, Yahoo et Bing se sont en effet montrés très intéressés par ce concept alors que le projet n'était qu'au stade de thèse universitaire.

« Ils nous ont envoyé plusieurs mails après avoir lu la thèse de Jean-Luc Marini. Mais ce n'est pas un entrepreneur idiot, il savait que sa machine à émotion avait un joli potentiel. Il n'a donc pas voulu céder », se souvient Olivier Figon.

Même lorsque Google, dans son 3ème mail, propose d'organiser une rencontre avec son numéro trois monde.

« Il a refusé ! En même temps, qu'est-ce que vous voulez négocier à l'état de concept ? », reconnait-il.

Sans explication précise, les Américains ne dévoileront rien quant à leur motivation sur l'intérêt de la technologie. Mais Olivier Figon a un élément de réponse :

« Nous avions lu quelque temps après que les géants du web travaillaient sur de nouvelles approches des moteurs de recherche, ce n'est donc pas anodin qu'ils nous ont sollicités. Tout le monde cherche la pertinence et l'ultra pertinence. »

Rapprochement avec la Chine

Le duo d'entrepreneurs-scientifiques préférera se rapprocher de la Chine avec qui, des liens ont été noués sur d'autres projets. Ils travailleront, un temps, avec le moteur de recherche chinois Baidu. Sans suite.

Mais l'entreprise conservera des attaches fortes avec ce pays puisqu'elle a signé un partenariat avec le site e-commerce de Shanghai Unicor (également actionnaire minoritaire de la startup) et compte y multiplier les clients.

Aujourd'hui, Search'XPR souhaite se développer rapidement et activement. Sa première levée de fonds d'1,6 million d'euros lui donne, une partie, des moyens de son ambition. En 2014, elle enregistrera un chiffre d'affaires de 600 000 euros et d'ici trois ans, celui-ci pourrait atteindre dix millions d'euros. Pour une équipe de 50 à 60 personnes contre 12 actuellement.

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Commentaires
a écrit le 25/02/2015 à 13:16 :
Le pays du soleil levant n'est ce pas le Japon ?
a écrit le 25/02/2015 à 8:53 :
Ne serait-ce pas "maîtres" plutôt que "mettre" ?

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