A Las Vegas : Rhône-Alpes a bénéficié de l'effet French Tech

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Le fondateur de la start-up Kolor (à droite), Alexandre Jenny, développe des logiciels d'assemblage d'images et des vidéos 360 degrés pour la création de visites virtuelles.
Le fondateur de la start-up Kolor (à droite), Alexandre Jenny, développe des logiciels d'assemblage d'images et des vidéos 360 degrés pour la création de visites virtuelles. (Crédits : ML)
Début janvier, le Consumer Electronic Show (CES) de Las Vegas a rassemblé près de 170 000 visiteurs et 20 000 innovations. Pour la première fois, un pavillon français a rassemblé 120 entreprises françaises 13 startups de Rhône-Alpes. Jeudi, les pôles de compétitivité Minalogic, Imaginove et le cluster Edit dressaient un bilan de cette édition. L'effet French Tech s'est fait sentir.

C'est la Mecque des professionnels du numérique. Chaque année, le CES de Las Vegas est un point de rencontre pour les grands comptes, PME et start-ups qui gravitent dans le domaine du numérique, et notamment des objets connectés dont le marché pourrait représenter 500 millions d'euros en France dès 2016 d'après le cabinet Xerfi.

Second pays représenté après les Etats-Unis, la France a surfé cette année sur le mouvement French Tech pour venir en nombre sur ce salon grand public qui comprend également une part importante de B to B.

L'effet French Tech

"Vu de Las Vegas, Grenoble et Lyon n'étaient même pas un point de la carte. Difficile dans ce contexte d'expliquer nos spécificités gauloises", avance Jean-Louis Gagnaire, vice-président du Conseil régional délégué au développement économique, à l'industrie et aux PME et à l'innovation.

Tous deux spécialisés dans une brique du numérique, les pôles de compétitivité Minalogic (Grenoble) et Imaginove (Villeurbanne) ont joué le rôle d'animateurs de cette communauté aux côtés du Cluster Edit (Lyon), spécialisé dans la filière logicielle.

"La French Tech a eu des effets sur tous les territoires, y compris des villes comme Chambéry ou Saint-Etienne qui n'ont pas été labellisées mais dont les entreprises ont été rendues visibles par cette initiative", rappelle Olivier Tomat, directeur du pôle de compétitivité Imaginove.

Un test réussi pour les startups

La startup lyonnaise Holî, qui conçoit des lampes intelligentes synchronisant musique et lumière à partir d'un smartphone, signait par exemple sa 3e participation au CES. "Grâce à cet événement, nous avons décroché 3 accords de licencing avec trois entreprises dont une française, ce qui était une belle surprise", explique Grégoire Gérard, fondateur de la startup. Pour lui, cet événement est avant tout un" accélérateur de business" grâce à la présence de tout un écosystème spécialisé dans le marché des objets connectés.

Pour Alexandre Jenny, fondateur de la société Kolor, qui développe des logiciels d'assemblage d'images et des vidéos 360 degrés pour la création de visites virtuelles, ce salon reste en effet" le meilleur endroit pour faire du B to B, car il s'agit du plus grand salon de networking au monde. Grâce à lui, nous avons rencontré il y a deux ans une start-up voisine, Arkamys, qui nous a permis d'intégrer sa solution de traitement du son au sein de nos vidéos", précise-t-il.

De nombreux contrats

En seulement quatre jours, Alexandre Jenny a pu récupérer pas moins d'une cinquantaine de cartes de dirigeants (senior VP ou VP), tous décisionnaires, issus de grandes entreprises du secteur. Après de premiers contrats avec le parc de la Vanoise, la ville de Dubaï ou encore le Musée du Louvre, Kolor souhaite conquérir le marché des visites virtuelles et les partenariats avec de grandes marques comme Adidas qui utilise déjà son logiciel de traitement de la vidéo 360 pour son ballon Brazucam.

Spécialisée dans la création de logiciels de reconnaissance faciale, la startup meylanaise Smart Me Up signait quant à elle sa première participation au salon. "Nous avons été contactés par des entreprises qui cherchaient à commercialiser et implanter notre solution dans des produits qui existaient déjà. Au total, une trentaine de processus de commercialisation sont en cours à la suite du CES", précise Steven Durand, directeur technique de Smart Me Up. Crée en 2012, la startup vient par ailleurs de signer son premier gros partenariat avec le groupe Photomaton afin que sa solution de reconnaissance faciale équipe tous les appareils du groupe.

"Cela permettra de vérifier et d'avertir les utilisateurs si leurs photos ne sont pas conformes aux exigences pour l'obtention d'un passeport, avec un sourire ou des cheveux devant le visage par exemple", résume Steven Durand.

La feuille de route pour 2018

Les pôles de compétitivité ont l'objectif de produire des ETI, futurs champions du numérique d'ici 2018. Où en est-on ? "Nous n'avons pas encore vraiment un succès où l'on puisse parler d'une ETI, mais nous avons aujourd'hui la capacité de transférer les innovations et de monter en gamme même si en parallèle, certains freins sont encore difficile à lever comme l'aspect législatif", reprend Isabelle Guillaume, déléguée générale du pôle Minalogic, qui se focalise sur l'accompagnement des entreprises en hyper croissance et la création de passerelles entre les grandes et les petites entreprises.

"La feuille de route est à 2018, et ce n'est pas pour rien car il faudra du temps. Et on doit travailler dès aujourd'hui pour y parvenir", rappelle Jean-Louis Gagnaire.

Pour changer la donne, les startups du numérique devront non seulement profiter des mises en relation et accélérations proposées par les pôles de compétitivités et les clusters, mais aussi des écosystèmes mis en place au sein des villes de Grenoble et Lyon labellisées French Tech. "Il faut désormais que des bonnes coopérations se développent aussi avec d'autres régions d'Europe, pour travailler à la question de la Silicon Europe car les autres pays ne nous attendent pas !", souligne Jean-Louis Gagnaire.

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Commentaires
a écrit le 02/02/2015 à 9:19 :
Imaginove est à Annecy???

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