Squadrone System : Le Français qui vise déjà l'Amérique

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(Crédits : DR)
Moins d'un an après sa création en janvier 2014, la start-up Squadrone System a connu un véritable buzz en récoltant 1,3 million de dollars sur la plateforme américaine de financement participatif KickStarter. Ce mini-drone capable de filmer les exploits sportifs en quelques clics représente une petite révolution dans le monde de la caméra sportive, jusque-là dominé par la compagnie américaine GoPro.

Depuis quelques semaines, son nom a éclipsé tous les autres. Hexo +, le projet de la start-up grenobloise Squadrone System, a rapidement créé le buzz sur les réseaux sociaux. Ce drone de petite taille, pesant seulement un kilo, est une véritable caméra volante pilotée au moyen d'une application smartphone. « Nous voulions que l'expérience utilisateur soit la plus simple possible. Grâce à la géolocalisation, il suffit vous d'indiquer à quelle distance vous souhaitez que le drone vole autour de vous pour qu'il se dirige ensuite tout seul », explique Antoine Level, le président de Squadrone System. Le public visé ? Les sportifs et amateurs de sensations fortes (ski, freeride, snow, vélo) mais aussi les familles, qui souhaitent immortaliser les moments forts avec un point de vue différent.

Une prévente à l'échelle du globe

En l'espace d'un mois, la jeune pousse iséroise a clôturé le 15 juillet dernier sa collecte de fonds à 1,3 million de dollars, alors qu'elle s'était fixée un objectif de 50 000$. « Le choix de KickStarter s'est imposé de lui même car nous avons constaté que 70% des personnes intéressées étaient américaines, 15% européennes, le reste provenant de l'Amérique Latine, de l'Asie et du Moyen-Orient», résume Antoine Level.

Les 2336 « backers » (clients) qui se sont engagés au cours de cette collecte ont déboursé chacun près de 600 dollars, contre un tarif de prévente fixé aujourd'hui à 950 alors que le prix final atteindra 1 200 dollars lors de la commercialisation de l'appareil en mai 2015. Ce tarif comprend le mini-drone, le logiciel embarqué et l'application mobile, mais pas la caméra adaptable (GoPro ou autre) que les utilisateurs devront ajouter afin de pouvoir utiliser leur produit. « Nous avons choisi cette stratégie car près de 60% de nos acheteurs avaient déjà leur caméra », indique M. Level.

Un marché en mutation

Face à une concurrence de plus en plus forte sur le marché des drones, et aux récents revers financiers subis par le grenoblois Delta Drone, qui vient de se lancer dans une nouvelle augmentation de capital après une industrialisation difficile, le pari n'était pas gagné. « Une autre société fabriquant des caméras (Giroptic) s'est lancée sur KickStarter au même moment que nous, mais nous avons tous les deux fini par récolter près de 1,2 million de dollars. Cette concurrence est saine et stimulante », précise Antoine Level.

D'après une étude du cabinet Frost&Sullivan, le marché du drone civil et commercial devrait atteindre 2 milliards de dollars de recettes en 2015. « Cela démontre qu'il existe un véritable engouement », souligne M. Level, qui avait mis toutes les chances de son côté en faisant appel au soutien d'athlètes internationaux, comme le triple champion du monde de snowboard freeride, Xavier Delerue.

Vers une levée de fonds ?

Parti avec 67 000 euros de fonds propres, la start-up Squadrone System n'en est pourtant qu'à la moitié du chemin. En plus de ses 6 fondateurs et de l'embauche de 4 développeurs logiciels, la société est en passe de recruter 5 nouvelles personnes. Si les 1,2 million de dollars récoltés, après les 10% de frais reversés à KickStarter lui permettront de poursuivre le développement de leur produit, les fondateurs sont à la recherche de financements supplémentaires et envisagent plusieurs types de solutions : soutien de la BPI, discussions avec les partenaires bancaires, levée de fonds...

« L'avantage, c'est que grâce à cette campagne de fonds, nous avons été en contact avec des investisseurs américains et français. Il nous faut maintenant récolter au minimum 2 millions d'euros supplémentaires pour mener à bien la production, l'industrialisation et le développement à l'international », ajoute son président. L'objectif ? Vendre près de 5000 exemplaires de l'Hexo +, pour atteindre un chiffre d'affaires de 5 millions de dollars en 2015. « Même si le sport d'action demeure notre premier segment de marché, l'idée est de concevoir des caméras volantes pour tous les usages, et éventuellement pour le marché des entreprises », glisse Antoine Level.

Des partenariats à envisager

Si le développement du logiciel embarqué de l'Hexo+ se fera en interne, la société iséroise a lancé des discussions avec l'américain 3D Robotics et l'italien Virtual Robotix pour l'électronique de haut vol, et envisage également des partenariats industriels pour la construction de son appareil. « Nous avons eu des contacts avec Delta Drone, Parrot ou encore PCH International, mais rien n'est arrêté », précise le président, Antoine Level. Squadrone System a également la chance de pouvoir bénéficier de l'expertise d'un membre de la société de développement logiciel Sogilis parmi ses fondateurs. « Un gage de sécurité », selon son président, « puisqu'il s'agit d'une entreprise qui a réalisé des systèmes de contrôle pour le vol d'avions civils comme l'A350 ».

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Commentaires
a écrit le 21/11/2014 à 23:24 :
Par curiosité quelle méthode a bien pu utiliser cette entreprise pour soumettre son projet sur KickStarter quand on sait qu'il faut justifier d'au moins un compte bancaire ou d'un permis de conduire américain ou anglais ?

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