Le soleil brille pour EPC Solaire

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Une toiture  solaire équipée par l'entreprise et son système de fixation thermo-soudée.
Une toiture solaire équipée par l'entreprise et son système de fixation thermo-soudée. (Crédits : DR)
EPC Solaire, jeune PME Rhodanienne, s'est positionnée sur une niche du secteur solaire. Après avoir développé des systèmes de fixation, elle se distingue par une nouvelle innovation pour accroître le rendement d'une installation et les économies d'énergie.

« Lorsqu'on a fondé notre entreprise, le moratoire du gouvernement Fillon sur le solaire est tombé 15 jours plus tard. On ne faisait pas les fiers » raconte Gérard Chaleysin, co-fondateur de EPC Solaire. Avec Jean-Paul Bousquet, ils ont créé cette entreprise en juin 2010 à Saint-Genis-les-Ollières (Rhône), avec un investissement de 400 000 euros, exclusivement sur fonds propres.

À l'époque, les deux hommes ont eu l'intuition de s'orienter sur la conception et la fabrication de supports de fixation des panneaux photovoltaïques. EPC Solaire veut équiper les toits de grands bâtiments commerciaux, industriels ou logistiques. « Nous étions dans une bulle spéculative avec le solaire. On a choisi de se tourner non pas vers le secteur résidentiel, mais vers le secteur industriel et tertiaire. Un entrepôt représente 200 maisons », souligne Gérard Chaleysin.

Un système de fixation

En plus de la surface, qui permet d'installer un très grand nombre de panneaux, ces bâtiments offrent l'avantage d'un seul raccordement au réseau par Erdf. « Mais il n'existait pas de système fiable pour fixer les panneaux sur des toits plats, rappelle Jean-Paul Bousquet. Ces toits supportent peu de poids et se posaient des problèmes d'étanchéité. Impossible de percer des centaines de fois pour installer la structure. »

Les deux hommes conçoivent alors un système inédit, qui permet de monter en grande série des panneaux solaire sur un toit plat, montés sur des rails. Un coté du rail est équipé de la même matière que la couverture du toit bitume ou PVC. « Les éléments sont thermo-soudés ce qui règle le problème de l'étanchéité » conclut Jean-Paul Bousquet. EPC Solaire installe ainsi de nombreuses structures en France, mais aussi en Belgique ou en Suisse. En 2012, la société affiche un chiffre d'affaires de 890 000 euros, 1 million en 2013.

Une innovation énergétique

Il y a quelques mois, une nouvelle idée germe dans le cerveau des entrepreneurs. Sur un toit, sous les panneaux solaires, l'air se réchauffe sensiblement. Gérard Chaleysin et Jean-Paul Bousquet imaginent un système de récupération de cet air chaud pour le redistribuer, soit directement pour alimenter un bâtiment, soit via un échangeur, pour chauffer de l'eau jusqu'à 55°C pour un usage industriel. Un logiciel permet de passer automatiquement d'un usage à un autre grâce aux informations récupérées par des capteurs. « Avec ce système, nous visons notamment des entreprises de l'agroalimentaire, de la grande distribution ou de la pharmacie » ajoute Gérard Chaleysin.

Pour 500 m2 de panneaux photovoltaïques, ce sont chaque heure 2 000m3 d'air qui sont chauffés, et peuvent à leur tour chauffer 3 000 litres d'eau par heure. Double avantage, selon les concepteurs : les panneaux solaires sont refroidis, ce qui permet d'augmenter leur productivité jusqu'à 7 %. Pour le bâtiment, cela génère une grande économie d'énergie en chauffage et en production d'eau chaude.

Breveté en décembre 2013, un prototype du système est en cours de développement en partenariat avec un laboratoire de l'INSA de Lyon. En incluant les fondateurs, l'effectif actuel de l'entreprise est de quatre personnes. Avec son nouveau projet, EPC Solaire compte maintenant recruter des commerciaux pour prospecter de nouveaux marchés, estimés à 27 millions de m2 en France. Une levée de fond de 1 à 2 millions d'euros est envisagée à la rentrée.

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