Les PME face au défi de la robotique

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(Crédits : Reuters)
Rhône-Alpes décline le plan "usine du futur" avec une volonté de pousser les PME industrielles vers la robotisation. 3,2 millions d'euros seront débloqués sur trois ans pour accompagner les entreprises.

« Ce n'est pas de la science-fiction, la "robolution" est en marche et c'est demain », martèle Bruno Bonnel, président de Syrobo et désormais chef de projet du plan Robotique.
Avec Jean-Louis Gagnaire, vice-président du conseil régional de Rhône-Alpes chargé du développement économique, ils présentaient jeudi matin, la déclinaison régionale du plan "usine du futur".

Gagner en compétitivité

Dans la jungle des dispositifs d'accompagnement des PME, celui-ci vise à permettre aux entreprises de gagner en compétitivité en prenant le virage de la robotique, modernisant leur organisation du travail ainsi que leurs systèmes de production.
La région a budgétisé sur trois ans 3,2 millions d'euros pour ce plan. Ainsi, 200 PME bénéficieront d'un suivi spécifique. « Il s'agit d'accompagner des entreprises qui par leur taille n'ont pas les moyens d'aller d'elles même vers ces technologies. Groupées par thématiques, plusieurs entreprises seront conseillées par un consultant de haut niveau pour trouver des solutions adaptées et permettre les échanges de bonnes pratiques », précise Jean-Louis Gagnaire.

Ce plan s'ajoute au programme « robot star PME » et au plan PME qui intègrent aussi certaines des thématiques « d'usine du futur ». Des dispositifs interconnectés qui ressemblent néanmoins de plus en plus à des poupées russes...

"Solidifier le numérique"

« Mais la robotisation est la meilleure arme contre la délocalisation », souligne Jean-Louis Gagnaire, en raison des gains de compétitivité qu'elle peut offrir. « Comme l'internet a transformé les services, la robotique va profondément changer l'industrie. Je dirais que cela va solidifier le numérique. Nous sommes en retard dans la robotique industrielle, mais ce n'est pas grave nous avons encore des opportunités », poursuit Bruno Bonnel.

Certaines PME ont déjà franchi le cap. C'est le cas de la société Georges Pernoud à Oyonnax dans l'Ain. Cette entreprise familiale est spécialisée dans la conception et la production de moules pour la fabrication de pièces thermoplastiques.

Au début des années 2000, son dirigeant, Gilles Pernoud a acheté un robot. « Nous étions confronté à la concurrence venue d'Asie, il nous fallait absolument gagner en productivité. Nous avons pu ainsi préserver l'entreprise et nos effectifs, quand 50 % des sociétés de notre branche ont disparu », explique-t-il. « Les pays les plus robotisés sont ceux qui ont le plus préservé d'emplois dans l'industrie », affirme Bruno Bonnel.

Vers des "corobots"

Les robots sont très encore souvent perçus comme une menace par les salariés sur l'existence même. Intégrer un robot dans le processus de production ne se fait pas sans un excellent management. « Le volet RH est primordial, prévient Gilles Pernoud, pour mettre en place, ces changements, nous avons associé notre personnel pour qu'il s'approprie l'utilisation des robots. Nous avons réfléchi à sa formation et l'évolution de carrière des employés dans le cadre de notre réorganisation. » La PME possède désormais quatre robots qui opèrent en associations avec les machines-outils, d'une trentaine de salariés il y a 13 ans, l'entreprise en compte 75 aujourd'hui.

Les spécialistes de la robotique ont même commencé à développer le concept de « corobot ». Un robot collègue de travail qui travaille avec le salarié en complémentarité, comme par exemple sur le transport de palette.

La Région lancera à l'automne son plan robotique Rhône-Alpes destiné, cette fois, à mieux structurer la filière robotique en Rhône-Alpes, de la recherche à la fabrication. Le territoire est en pointe dans ce secteur, mais pour Bruno Bonnel, ce serait une grave erreur d'attendre des robots français pour moderniser l'appareil de production.

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