Après la tempête

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(Crédits : Backbuilder)
Le jeu vidéo, un cas d’école des révolutions que peuvent affronter toutes les branches du numérique.

La transformation totale des jeux vidéo, ôtant à Lyon son statut de capitale européenne en la matière malgré les belles histoires de start up nées des studios indépendants, est un bon exemple de l'instabilité chronique que vivent les filières numériques. Ces soubresauts obligent les acteurs à une mobilisation, une formation et une innovation continue pour anticiper ce que Julien Villedieu, président du syndicat national du jeu vidéo (SNJV) surnomme même "de véritables révolutions industrielles". Ainsi la dématérialisation des contenus - les gens ne vont plus chez Virgin acheter leur jeu de console - et la consommation nomadique de l'image ont changé la donne. "Le jeu Facebook remplace le jeu PlayStation, ce qui est loin d'être une anecdote. Deux personnes dans un garage, et non plus 150 dans un studio comme par le passé, peuvent maintenant réaliser une application iPhone", explique Ludovic Noël, directeur de la Cité du design à Saint-Etienne qui a dirigé Imaginove entre 2006 et 2011. A la simplicité
s'ajoute aussi la notion de liberté : Sony donnait un kit de développement pour PlayStation. D'autres compétences sont maintenant sollicitées. "Il ne s'agit plus de sous-traitance, de l'élaboration d'un jeu sur Xbox pour Microsoft par exemple, mais d'entrepreneuriat. Celui qui crée l'application doit s'occuper du marketing, du buzz. Auparavant le patron du studio sollicitait les commanditaires. Il n'y a plus besoin du gros éditeur et du distributeur physique", précise Ludovic Noël.

 

Union forcée

Seuls quelques acteurs d'envergure - Arkane, IvoryTower… - ont résisté car les éditeurs commandent beaucoup moins. Imaginove a donc encouragé tous les acteurs à collaborer au niveau de la R&D, à faire des moteurs de jeux ensemble, à mutualiser du développement commercial et à développer des compétences en commun, en relation avec les Ecoles et universités pour la formation continue et initiale. Il a fallu faire comprendre que la bataille ne
se livrait pas entre voisins à Lyon, mais plutôt entre Lyon et Montréal. "Aider les studios en restructuration, rapprocher les laboratoires des studios comme le fait Imaginove… les tâches ne manquent pas", soutient Karine Dognin-Sauze, vice-présidente de l'Innovation et des nouvelles technologies au Grand Lyon. La crise violente a fait éclore un nouvel état d'esprit pour les plus optimistes, qui perçoivent une nouvelle ère de maturité. "Ceux qui ont sous-estimé la nouvelle tendance ont disparu, donnant le sentiment que toute la filière sombrait, alors qu'il subsiste une forte capacité de résilience", énonce Pierre Mathieu, conseiller en implantation d'entreprises en NTIC à l'Aderly entre 2007 et 2012.

 

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