Informatique : Pour ses 40 ans, Alma plante les graines de demain

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Pour accompagner sa croissance, Alma vise à construire un nouveau bâtiment juxtaposant ses locaux d'ici 2021, tout en conservant la qualité de son environnement.
Pour accompagner sa croissance, Alma vise à construire un nouveau bâtiment juxtaposant ses locaux d'ici 2021, "tout en conservant la qualité de son environnement". (Crédits : DR)
L’éditeur de logiciels métiers et fournisseur de services informatiques Alma revient sur ses enjeux de croissance, en tant que SCOP. Avec, toujours dans les cartons, des projets de croissance externe, mais aussi de développement sur de nouveaux segments de marché afin de conserver son indépendance sur un marché fortement concurrentiel.

Éditeur de logiciels métiers et fournisseur de services numériques, Alma a fait le choix de développer un modèle coopératif, en se constituant dès son origine, sous forme de Scop. Quarante ans plus tard, la société a conquis de nouveaux marchés et multiplié les projets de croissance externe, tout en proposant à ses sociétés "filles" de la rejoindre sous un modèle coopératif.

Aujourd'hui, ce sont 95 salariés-actionnaires qui participent aux décisions, pour une entreprise qui pèse 10 millions d'euros de chiffre d'affaires. A l'échelle du groupe - qui inclue également ses filiales n'ayant pas encore rejoint le statut Scop -, on arrive à 160 collaborateurs pour 16 millions d'euros.

"Nous avons réalisé une croissance de 50% à l'échelle du groupe en l'espace de cinq ans", affirme Laurence Ruffin, PDG de la Scop Alma à Grenoble - également présidente de l'union régionale du mouvement Scop.

Avec sept filiales et quinze revendeurs à l'étranger, l'écosystème Alma semble avoir réussi le virage de la diversification, en passant d'une spécialité historique basée sur les logiciels de découpe 2D et 3D (CFAO), à des solutions de maintenance et d'entretien d'infrastructures et un accompagnement au développement de solutions collaboratives. Et, plus récemment, à travers la fourniture de logiciels pour le secteur de la pharmacie hospitalière.

"Préparer l'avenir"

A l'occasion de ses 40 ans, la Scop s'autorise même le lancement de nouvelles discussions autour d'un cinquième axe stratégique à développer d'ici cinq ans.

"Nous souhaitions identifier une nouvelle activité à forte valeur ajoutée dans le domaine du numérique, et qui utilise davantage l'intelligence artificielle".

Bien que toutes les possibilités restent encore ouvertes, elle précise néanmoins que lors de discussions similaires menées en 2010, trois secteurs avaient été identifiés : l'éducation, les transports et la santé.

Ce à quoi s'ajoute la thématique des modes de travail collaboratifs "puisque nous avons déjà, de par notre activité, développé des outils et des expertises dans ce domaine", glisse la pdg.

La Scop vient par ailleurs de racheter un terrain adjacent à ses locaux de 7 000m2, afin de préparer l'avenir et de lancer la construction d'un troisième bâtiment visant à accueillir ses équipes, d'ici fin 2021.

"Cela va nous donner l'opportunité de réfléchir pour en faire un lieu de vie ouvert à l'hébergement d'autres structures, en plus de nos équipes, et de contribuer à notre échelle au développement du territoire", affiche Laurence Ruffin.

Des discussions en interne qui auront aussi été l'occasion de partager à nouveau la résolution de demeurer un groupe indépendant et coopératif.

"Ce n'est pas toujours un fait évident, dans le domaine de l'édition de logiciels, où se profilent actuellement un certain nombre de rachats. Nous faisons partie des deux dernières sociétés autonomes dans le secteur des logiciels CFAO", rappelle Laurence Ruffin.

Poursuivre sa croissance externe

Afin de conserver cette indépendance qui lui est chère, Alma a notamment déjà augmenté ses dépenses de R&D, qui ont grimpé de 100% sur la partie industrielle en l'espace de six ans, et investi sur de nouveaux vecteurs d'innovation, comme l'intégration de l'IA en vue d'optimiser le placement de pièces de tissus sur les machines, et permettre ainsi à ses clients de réaliser des économies de matières premières.

"Notre ambition est de demeurer le leader au niveau mondial sur ce sujet", glisse Laurence Ruffin.

La Scop souhaite également continuer d'investir sur le terrain de la croissance externe en France et à l'étranger, comme elle l'a déjà fait au cours des trois dernières années avec l'acquisition de l'éditeur allemand de logiciels de CFAO, Asco Data, ou encore de l'éditeur Coachis Santé. Avec toujours, comme cibles, des entreprises positionnées sur des segments sur lesquelles Alma est déjà présente (comme la santé et l'industrie) et qui partagent un certain nombre de ses valeurs.

"Etre une Scop nous apporte un fonctionnement différent de nos concurrents. Cependant, notre réactivité et la qualité que nous proposons doivent être la même car nos clients ont les mêmes attentes auprès de nous qu'avec un autre fournisseur", glisse Laurence Ruffin.

D'après elle, ce modèle présenterait même, au quotidien, plusieurs avantages :

"Il n'est pas nécessaire d'expliquer aux salariés les liens entre leur travail et les résultats de l'entreprise, car tout le monde est associé aux résultats. Cela parle également aux jeunes générations lors des recrutements, et nous permet d'avoir moins de turn-over, et de maintenir les savoirs-faires ainsi que le lien avec nos clients".

Sans oublier que le fait d'affirmer dès l'origine certains principes - comme de mettre de l'argent en réserve pour réinvestir dans l'entreprise ou encore d'assurer son indépendance - permet au groupe de se développer à moyen terme. La démarche d'Alma a été couronnée cette année par les Trophées de la Paix économique, remis en mai dernier par la chaire Mindfulness de Grenoble École de Management.

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