Startup : 1kubator, l'ambitieux réseau early-stage s'implante à Lyon

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Ikubator souhaite accompagner plus de 300 startups par an.
Ikubator souhaite accompagner plus de 300 startups par an. (Crédits : 1kubator)
Cette nouvelle structure d'incubation de startups est soutenue par un fonds d'investissement doté de 16 à 25 millions d'euros. Une première implantation à Lyon et à Bordeaux est prévue début 2016, avant de mailler l'ensemble du territoire, calqué sur les villes French Tech.

C'est un nouveau venu qui pourrait bien apporter une forte plus-value aux écosystèmes numériques régionaux. La structure d'accompagnement de startups 1kubator, spécialisée dans les services et solutions digitales, accueillera ses premières promotions à Lyon et Bordeaux en début d'année 2016, avant de conquérir l'ensemble du territoire national, particulièrement les villes labellisées French Tech. Avec un argument fort : l'incubateur est lié à un fonds d'investissement, une première à Lyon pour ce genre de structure early-stage.

25.000 euros contre 10 % du capital

Doté de 16 à 25 millions d'euros, le fonds Ikvest est géré par Phitrust impact investors, sous la houlette de Jean-Claude Lévêque, un vieux routard du capital-risque français. Chaque startup sélectionnée recevra  25.000 euros, contre une prise de participation de 10 % du capital de la jeune pousse par le fonds. Cette somme est distribuée à l'entreprise sous forme de service (in fine, pour payer les frais de fonctionnement de l'incubateur) ainsi qu'en cash.

"C'est une relation au business très saine qui permet de responsabiliser très tôt et directement les porteurs de projets. C'est la création d'un pôle d'intérêt commun", explique Alexandre Fourtoy, fondateur d'1kubator, ancien responsable de la filière digitale de l'UEFA  et entrepreneur.

Ikvest pourrait également se positionner en exclusivité lors des prochaines levées de fonds, si les startups mentorées confirment leur potentiel.

Approche anglo-saxone

Le fonds d'investissement est l'outil de base permettant la mise en pratique d'une ligne directrice claire, proche du modèle anglo-saxon : tester rapidement une idée déjà suffisamment aboutie afin de se confronter à la réalité du marché. Quitte à se tromper, à échouer. D'ailleurs, l'entrepreneur a un regard attentif sur les grands programmes américains, comme Techstars.

"En lançant le concept, cela permet de voir si le pressentiment est le bon, d'avoir un premier retour sur des marchés tests. Il faut maximiser le nombre de tentatives, sur le principe de l'itération", souligne Alexandre Fourtoy.

Boite à outils

Pour permettre cette rapidité et cette persévérance, les startups sont appelées à se concentrer exclusivement sur "le développement et le lancement de leur idée", à travers deux sessions de cinq mois, accueillant chacune 15 incubés : la première session est en interne dans les locaux d'1kubator, l'autre en externe.

Les démarches administratives sont prises en charge par la structure. Mais surtout, "1K" propose un kit d'outils prêt à être utilisé afin de gagner en efficacité et en coût de production.

"Beaucoup de jeunes pousses qui proposent une solution digitale perdent du temps et de l'argent à coder et à développer des outils qui existent déjà. Nous leur mettons ainsi à disposition", détaille Alexandre Fourtoy, ancien étudiant et intervenant à l'EMLYON.

Un réseau national

Outre un premier apport financier et un accompagnement, 1kubator mise sur le maillage territorial, et donc sur la mise en réseau, pour propulser ces jeunes pousses.

"Nous pouvons sélectionner des projets ayant la même idée. Cela permet une plus grande mutualisation des moyens et envisager des synergies possibles", souligne M. Fourtoy.

En somme, anticiper le marché et des rapprochements, voire des fusions.  Le réseau permet également d'ouvrir des débouchés supplémentaires.

"Pécher des licornes"

Ainsi, l'1K veut devenir une réelle "startup factory". En s'appuyant sur le réseau des villes FrenchTech, "le moteur du projet", révèle M. Fourtoy, la structure va ouvrir au total 11 centres, dont neuf en France, plus un à Lausanne et à Bruxelles, avec l'ambition d'accompagner 300 startups par an.

"L'effet de masse favorise la réussite", assure le fondateur.  Pour les jeunes pousses, comme pour la structure. Il est "plus facile de pêcher une licorne avec des gros filets qu'avec une canne à pêche", image-t-il.

Décentralisation

Surtout, une telle initiative permettra de répondre au défi de la décentralisation numérique, initié par le label Frenchtech, alors que plus des 2/3 des startups françaises sont encore franciliennes. La région parisienne concentre la majorité des emplois du numérique français avec 500.000 salariés contre 50.000 pour l'agglomération lyonnaise. Et pour soutenir ce rééquilibrage 1kubator montre l'exemple jusqu'au sommet de l'entreprise : son siège social, basé à Paris, devrait déménager dans les prochaines semaines à Lyon.

Article publié le 14 septembre en format abonné. En accès libre depuis le 28 septembre.

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Commentaires
a écrit le 30/09/2015 à 18:45 :
25000€ pour un projet qui démarre je trouve ça déjà pas mal comme coup de pouce.
a écrit le 30/09/2015 à 18:20 :
Je ne vois pas trop où est l'arnaque, 25000 € quand tu as juste une idée, elle a intérêt à être bonne :-)
a écrit le 29/09/2015 à 17:08 :
25k contre 10% on appelle cela une arnaque!
Réponse de le 07/10/2015 à 17:38 :
25 000 € pour 10% cela veut dire que la société vaut déjà 250 000 € (un logement de 60 m² dans un quartier correct).
Pas mal pour une simple idée au stade du powerpoint!
A ce tarif, je veux bien faire un powerpoint par semaine!!
a écrit le 29/09/2015 à 2:09 :
25000 euros! formidable! La startup va aller super loin avec ça. Pfff...

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