Link & Go, la Google car française

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(Crédits : DR)
Link & Go, voiture expérimentale  autonome et 100 % électrique, développée par Akka Technologies fait sienne la circulation en ville en se lançant le défi d'être connectée. Le groupe d'ingénierie lyonnais veut la différencier de ses concurrentes et notamment de la Google car.

Link & Go, la citadine autonome, à moteur 100 % électrique, de AKKA Technologies, groupe d'ingénierie et conseils en technologiques (11.000 collaborateurs dans 20 pays), fait son show au congrès mondial sur le transport intelligent de Bordeaux qui a ouvert ses portes ce lundi. Le véhicule restera au stade de « concept car »  (voiture expérimentale) :

« Nous mettons nos ingénieurs sur des défis technologiques. Notre objectif est de démontrer notre savoir faire à nos clients, constructeurs automobiles », au premier rang desquels Renault,  énonce d'emblée Jean-Charles Marcos, manager général de Akka Research, centre de recherche interne du groupe lyonnais.

«Ce projet est optimisé de jour en jour pour l'adapter à toutes les situations de conduite en ville où se concentrent de multiples acteurs ».

Une équipe de 50 personnes

Ce programme spécifique démarré début 2012 (issu d'un consortium avec l'INRIA, ControlSys et DBT) s'inscrit dans la continuité du prototype « Astute car ». Cinquante personnes, situées à Guyancourt, Toulouse et Bordeaux, se consacrent à tous les aspects : de l'architecture jusqu'aux technologies embarquées. Plusieurs capteurs ultrasons,  six lasers (2 lasers Lida d'une portée de 200 mètres pour cartographier l'environnement, 4 lasers latéraux de détection à 360 °), deux caméras stéréoscopiques en avant et en arrière, et des logiciels permettent au véhicule de se localiser, de se guider et de déceler les obstacles. Il en fait la démonstration pendant le congrès, en circulant sur route publique autour du parc des expositions, de la capitale girondine, ainsi que l'autorise désormais la législation française pour des essais.

Une option bi-mode

« Link & Go » veut se démarquer de la concurrence. Il est équipé d'un «Drive by wire » remplaçant toutes les liaisons mécaniques entre le volant et les roues.

« Cette technologie vient de l'aéronautique. Nous allons chercher les solutions les meilleures dans les différents secteurs industriels dans lesquels nous sommes spécialisés », insiste Jean-Charles Marcos.

Cette citadine se différencie de la « Google car » en offrant la possibilité d'une conduite manuelle. « Il suffit alors de sortir le volant qui est dans le tableau de bord. En version autonome, le siège se tourne dans l'autre sens et l'on peut s'installer comme dans un salon », poursuit-il.

Vitesse maximale 70km/h

Ce démonstrateur d'une capacité de 4 passagers, pèse 1,2 tonne et ne dépasse pas les 70 kilomètres/heure, aujourd'hui. « Le propos était de se focaliser sur les aspects intelligence artificielle et robotique. Nous allons maintenant l'alléger et l'amener à une vitesse proche de 90 kilomètres/heure et une autonomie de 200 km », assure le manager général de Akka Research.

Autre défi, la connecter dans la ville du futur : « De plus en plus, de grandes agglomérations deviennent des smart cities et  mettent à notre disposition des données à partir de laquelle nous allons chercher des usages de la mobilité *», dit Jean-Charles Marcos.

Projet commun avec Navya

« Avec la Métropole lyonnaise nous allons échanger sur plusieurs sujets », assure le manager général. « Nous voudrions nous embarquer dans un projet commun avec Navya », la société villeurbannaise ayant conçu le Navya Arma, un minibus sans chauffeur. Qui dit véhicule connecté dit risque de piratage informatique. « On va faire en sorte que la partie conduite proprement dite ne soit pas connectée avec l'extérieur », reconnaît-il.

A quand la voiture totalement autonome en ville ? « Je ne la vois guère avant 2025 voire 2030 », répond il. « J'espère que d'ici là, et compte tenu des expérimentations en cours un amendement aura été apporté à la convention de Vienne exigeant la présence d'un conducteur derrière le volant. Les législateurs se penchent sur la question ».

 * Pour ce projet de Link in City, AKKA s'appuie sur deux startups : Helileo à Dax spécialisé dans les systèmes de localisation par satellites et Cogniteev, en Gironde, éditeur de services big data.

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Commentaires
a écrit le 06/10/2015 à 0:37 :
Sans doute un projet financé par les contribuables qui terminera vite dans l'oubli. La France est un petit pays grotesque avec ses prétentions démesurées. C'est toujours le contribuable qui se fait plumer à la fin.
Réponse de le 07/10/2015 à 8:43 :
Je comprends la lassitude des contribuables à se faire plumer. Cependant, selon l'ONISR, lors d'un accident de la route le coût moyen d'un blessé hospitalisé est de 132.857 euros et d'un blessé léger de 5.315 euros dont la moitié est supportée par la sécurité sociale donc le contribuable en partie.
Vous préférez boucher le trou de la sécu ou financer la réduction des accidents de la route?

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