L'OL revoit ses ambitions financières à la hausse

 |   |  794  mots
(Crédits : Laurent Cerino/Acteurs de l'économie)
Le 1er juin, Jean-Michel Aulas a affirmé, en conférence de presse, que le budget de l'OL allait passer de 100 millions cette saison à 150 l'année prochaine. Cette augmentation budgétaire de 50 % s'explique par la qualification en C1, qui devrait générer a minima 30 millions d'euros, et par l'inauguration du Grand Stade en janvier prochain. En parallèle, le club lyonnais lance une augmentation de capital de 53 millions pour asseoir son nouvel essor. L'OL est-il sur la voie du renouveau ?

"Nous allons passer d'un budget de 100 à 150 millions d'euros la saison prochaine". Ce sont les mots qu'a prononcé Jean-Michel Aulas, le 1er juin, en marge de la conférence de presse officialisant la signature du défenseur Jérémy Morel, en provenance de l'Olympique de Marseille. Ce jour-là, JMA n'en dira pas plus. Mais cette hausse budgétaire de 50 % s'explique pour deux raisons majeures. La qualification de l'équipe pour la Ligue des Champions 2016 devrait ramener, dans le pire des scénarii, une manne financière de 30 millions d'euros.

Deuxièmement, l'ouverture du Grand Stade de Décines est censée doper également les recettes du club lyonnais. Et ce de manière significative. Aujourd'hui, la fréquentation de Gerland, public et VIP compris, ne pèse environ que 15 % des revenus de l'OL avec un taux de fréquentation en baisse quasi constante depuis 2011. De son futur écrin, JMA escompte un CA entre 50 et 70 millions dans un délai de trois ans*. Ce qui représenterait alors 25 % du budget du club. Mais ces chiffres ne restent que des projections.

L'effet grand stade à modérer dans le temps ?

Si les revenus de la Ligue des Champions pourraient être revus à la hausse la saison prochaine en cas de joli parcours sportif, les projections liées au Stade se doivent d'être mises en perspective, comme le souligne Wulfran Devauchelle, consultant sport du cabinet Kurt Salmon, spécialisé dans le marketing sportif mondial, implanté sur quatre continents avec 15 bureaux dont un à Lyon :

"Il y aura sans nul doute un effet Grand Stade dans les deux ans. On observe ce phénomène chaque fois qu'un nouveau lieu sort de terre où se retrouve rénové. Mais attention, ce coup de boost en France s'avère de courte durée. C'est le cas à Nice et à Lille qui aujourd'hui rencontrent des difficultés une fois l'effet de curiosité passé".

Le calcul de l'OL s'avérera juste, toujours selon son analyse,  "si l'équipe obtient des résultats. Si ce n'est pas le cas, les moyennes d'affluence chuteront et les perspectives de revenus également de fait." De plus ajoute-t-il, "la France n'est ni un pays de sport ni de football. Les habitudes du public français diffèrent par rapport à certains de nos voisins européens. À titre d'exemple, Arsenal engrange 116 millions d'euros de son stade. Le Borussia Dortmund n'en est pas si loin. Mais dans les deux cas, ces clubs possèdent des supporters et non des spectateurs."

Une politique financière cohérente, mais limitée sportivement

Globalement, Wulfran Devauchelle, estime que "la politique financière de l'OL repose sur du concret à moyen terme. Entre le stade et la C1, Jean-Michel Aulas affiche une ligne de conduite cohérente et saine". Pour lui, le président de l'OL a même prévu l'accident industriel :

"Si les résultats sportifs ne suivent pas, le club dispose d'un capital joueurs que l'on peut estimer à près de 70 millions avec entre autres Lacazette et Fekir pour ne citer qu'eux. Cette donnée peut donc permettre à l'OL de se retourner".

Dans les projections budgétaires, en cas de succès, l'OL pourrait dans un délai de deux à trois ans, "franchir la barre des 200 millions d'euros", affirme le consultant de Kurt Salmon, ce qui est un bon budget, mais pas suffisant pour rivaliser avec les grands d'Europe à commencer par le PSG et ses 500 millions. Pour franchir ce cap des 200 millions, "l'OL doit se qualifier régulièrement pour la C1 en sachant qu'il ne fera partie que du top 10 à l'échelle européenne".

Une augmentation de capital pour asseoir les fondations

D'autre part, le 4 mai dernier, OL Groupe a annoncé une augmentation de capital de 53 millions d'euros. Cet appel de fonds fait suite à une première levée boursière de 78 millions qui date seulement de 2013. Soit un total de 131 millions en deux ans. C'est beaucoup. D'autant que le club a enregistré une perte de 137 millions d'euros cumulée sur ses cinq derniers exercices.

Malgré tout, Wulfran Devauchelle observe une situation là aussi cohérente :

"Si au niveau de la bourse, l'OL est peut-être gourmand vis-à-vis de ses actionnaires, il faut noter que ce dernier appel de fonds repose sur des actions concrètes. Avec ces 53 millions, l'OL souhaite créer son nouveau centre de formation, d'entraînement et réaliser des aménagements dans le Grand Stade. On est donc dans le concret et dans les fondations d'un club qui se veut solide et visionnaire. C'est pourquoi, financièrement, Jean-Michel Aulas semble avoir pris les bons choix à moyen terme".

Mais là encore, et en guise de conclusion, le consultant de Kurt Salmon rappelle que "le sport et son développement dépendent des résultats sportifs".

* Source OL Groupe

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :