Cenntro Motors France n'a plus le droit à l'erreur

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(Crédits : Laurent Cerino/Acteurs de l'économie)
La société ayant repris les actifs de SITL a obtenu son placement en redressement judiciaire ce jeudi. Elle dispose de deux mois pour présenter un plan de continuation viable et assurer le financement promis.

Cenntro Motors France, la société constituée pour reprendre les actifs de SITL, en juin 2014,  a été admise en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Lyon, ce jeudi 30 avril. « C'est une bonne chose que les juges aient entendu les difficultés rencontrées par cette société qui n'a pu démarrer son activité (Ndlr : véhicules électriques utilitaires et filtres d'assainissement) comme elle le prévoyait, en janvier dernier », observe Charles Croze, avocat de l'entreprise.

« Nous sommes momentanément soulagés. Toutefois, nous ne savons pas bien où l'on va », reconnait Eric Butty délégué Sud. Et l'histoire devient homérique si l'on se souvient que SITL avait, elle-même, vu le jour en 2011 pour assurer la reconversion industrielle du site lyonnais de Fagor-Brandt, à Gerland spécialisé dans les machines à laver le linge.

Plan social en vue

Une certitude : pour la prochaine audience du 25 juin prochain Cenntro Motors Group Ltd, l'actionnaire sino-américain présidé par Peter Wang (présent ce jeudi au tribunal), devra impérativement avoir débloqué les 7,5 millions d'euros de capital. Il s'agit du complément des 15 millions d'euros promis il y a dix mois. Pour conserver sa filiale française, dont il affirme  toujours vouloir faire sa plateforme européenne dans les véhicules électriques, le propriétaire outre-Atlantique devra également présenter un plan de continuation garantissant la viabilité de l'affaire. Pour cela, la direction a déjà annoncé qu'elle devait procéder à une réduction des effectifs réembauchés en juin 2014 : 395 salariés dont une soixantaine a effectivement du travail aujourd'hui. Les autres, en chômage partiel, restent chez eux depuis octobre 2013.

Les salaires d'avril

Aucune information n'a été donnée à ce stade sur le nombre d'emplois à supprimer mais des sources concordantes parlent de 150 voire 200. Et la mise en œuvre du plan social sera plus simple maintenant qu'une procédure judiciaire a été ouverte. Un premier comité d'entreprise est prévu la semaine prochaine. Robert-Louis Meynet l'administrateur judiciaire, à nouveau désigné dans ce dossier, devait rencontrer les représentants des employés dès ce jeudi. Des employés qui attendent le versement de leur salaire d'avril. Selon des propos rapportés, Cenntro Motors Group s'est engagé à verser rapidement les 500.000 euros nécessaires sachant que 500.000 euros sont pris en charge par les AGS (régime de garantie des salaires accompagnant les procédures collectives) et la Dirrecte.

150 véhicules en commande

Interrogé à la sortie de l'audience, Didier Verriest, patron de Cenntro Motors France, s'est dit certain que les nouvelles validations du véhicule électrique utilitaire et des filtres d'assainissement auront été obtenues d'ici au 25 juin. « Nous avons plus de 150 véhicules en attente de commandes. Elles émanent de deux distributeurs français dont je ne peux pas donner le nom pour des raisons commerciales », a t'il indiqué. « Nous avons également 9 systèmes de filtrage commandés ». En effet, pour ces deux lignes de produits récupérées de SITL le repreneur dit avoir du procéder à des modifications importantes du fait des problèmes techniques rencontrés, en particulier pour les moteurs des véhicules.

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