"Il nous faut encore proposer de nouveaux services"

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Jacques Maureau, président de l'Ordre des experts-comptables de Rhône-Alpes.
Jacques Maureau, président de l'Ordre des experts-comptables de Rhône-Alpes. (Crédits : DR)
Le 69e Congrès des experts-comptables se tient à Lyon jusqu'au 10 octobre. Rhône-Alpes est la 2e région de France pour le nombre d'experts-comptables. La profession élargit de plus en plus son offre de service, au-delà de la mission de tenues des comptes, comme l'explique Jacques Maureau, président de l'Ordre des experts-comptables de Rhône-Alpes.

Acteurs de l'économie : Dans quel contexte évolue la profession d'expert-comptable actuellement ?

Jacques Moreau: Nos métiers sont sous une double pression, une pression économique et celles de nos clients concernant nos offres de services. En Rhône-Alpes, l'activité économique est rassurante. Il y a encore de la création d'entreprises et aussi des restructurations. Néanmoins, nos cabinets restent aussi des entreprises. Il nous faut rester vigilants sur nos recrutements et être aussi plus présents auprès des entreprises en difficultés. Nous pouvons éviter bien des catastrophes en anticipant avec les chefs d'entreprises.

Vous sentez-vous menacé par la réforme des professions règlementées ?

Nous ne nous sentons pas menacés. Notre profession est reconnue et n'est pas sous les feux de la réforme en cours. Cela tient au fait que nous sommes aussi une profession ouverte avec un accès libre, pour ceux qui réussissent le diplôme. Nous sommes le garant des comptabilités des PME-TPE. Notre rôle économique est reconnu. Nous sommes garants de l'assiette fiscale pour nos clients et l'État. Nous fiabilisons les rentrées des impôts.

Le ministre de l'Économie, Emmanuel Macron, sera là jeudi. C'est un signe ?

Il y a une proximité avec le ministre de l'Économie. Nous sentons une écoute sur l'évolution de nos métiers. Nous devons également écouter ce que l'État attend d'une profession règlementée comme la nôtre.

Quels sont les axes de mutation de la profession?

Nous sommes déjà des conseillers privilégiés des entreprises, mais il nous faut encore ouvrir de nouveaux services. Nos métiers évoluent, nous sommes passés du rôle de teneurs de comptes à des missions plus fines. Aujourd'hui, notre rôle de conseil prend le dessus. Il nous faut aller plus loin dans l'offre en respectant la réglementation.

Nous avons l'ambition d'être des "directeurs administratifs et financiers (DAF) partagés" pour les PME qui ne peuvent pas embaucher ces profils.

Nous pouvons assurer la gestion RH et la gestion de trésorerie. Nous pouvons être un tiers de confiance. L'opérateur fiscal peut déclencher les règlements vers des fournisseurs par exemple. C'est une simplification qu'on peut assurer pour les entrepreneurs

Quand on maitrise la comptabilité, on maitrise certaines informations de l'entreprise. Notre idée c'est de pouvoir utiliser ces informations pour faire gagner du temps aux entreprises et les soulager de certaines fonctions.

L'évolution des solutions de financement vous interpelle aussi ?

Nous revendiquons un rôle croissant dans le financement alternatif des entreprises. Nous ne souhaitons pas remplacer les plateformes de crowdfunding, mais ce sont des montages financiers parfois compliqués. Il faut, à mon avis, des éléments régulateurs et apporter certaines garanties.

Chiffres clés

  • 2 049 cabinets d'experts en Rhône-Alpes. 20 000 en France
  • 130 000 collaborateurs en France
  • 12 milliards d'euros de chiffre d'affaires

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