Forum Une époque formidable : Comment réenchanter l'avenir ?

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La quatrième édition du forum Une époque formidable organisé par La Tribune s'est tenu à Lyon ce lundi 7 octobre.
La quatrième édition du forum Une époque formidable organisé par La Tribune s'est tenu à Lyon ce lundi 7 octobre. (Crédits : Hamilton de Oliveira)
Bousculer les consciences et les certitudes pour explorer les manières de réenchanter l'avenir. Voilà le leitmotiv du 4e forum Une Époque Formidable, organisé par La Tribune, qui s'est tenu lundi au théâtre des Célestins de Lyon. Un événement qui a attiré un millier de spectateurs autour d'une quinzaine de débatteurs aux horizons différents (sociologues, philosophes, scientifiques, dirigeants d'entreprise, économistes, universitaires, chef cuisinier, alpiniste, journalistes…). Ils ont croisé leurs expertises pour donner les clés d'une société plus humaine, innovante, exigeante. Et intègre.

Le capitalisme peut-il encore sauver ce qu'il a détruit en matière de biodiversité et de climat ? Peut-on parler d'une crise des élites ? Qu'est-ce que le progrès aujourd'hui ? Quelle est la recette de ceux qui "osent" ?

Autant d'enjeux économiques et de sociétés qui ont animé la journée de débat du quatrième forum Une époque formidable organisé par La Tribune. Avec toujours un maître-mot : garder espoir dans cette époque qui est "formidable", notamment parce que nous avons en main tout ce qu'il faut pour réenchanter l'avenir.

Lire aussi : Une époque formidable : il faut y croire !

C'est notamment le message du paléoanthropologue et maître de conférence au Collège de France Pascal Picq :

"Nous vivons une époque potentiellement formidable car nous avons pour défi de repenser le monde dans sa globalité pour changer de paradigme. En ce qui concerne le climat, nous connaissons les solutions à mettre en place. Nous avons donc la possibilité de changer rapidement. Nous sommes dans ce que l'on pourrait appeler un mai-68 de l'environnement. Et de nouvelles tendances apparaissent. Demain, les entreprises ne pourront pas évoluer sans prise en compte des inégalités sociales et de leur impact sur les écosystèmes. C'est d'ailleurs un signe : les dernières couvertures du magazine The Economist étaient sur le climat, les océans et l'Amazonie."

"Construire une société apaisée"

Ingénieure agronome et environnementaliste, Isabelle Delannoy estime notamment que la croissance économique n'est pas l'ennemie de l'écologie, à condition d'adopter une économie en symbiose avec la nature :

"Nous devons basculer vers un modèle régénératif. Pour cela, il faut se poser la question de comment nous baissons structurellement notre impact sur le vivant pour faire en sorte que ce que l'on produit régénère les sols. L'activité humaine peut être en symbiose avec la terre, et tous les éléments sont là pour entrer dans une nouvelle ère. Il faut partir des quartiers, de la ville, pour ensuite faire tâche d'huile."

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 "Biodiversité et climat : la capitalisme peut-il sauver ce qu'il a détruit ? " : Isabelle Delannoy et Pascal Picq débattent de la question (crédit : Hamilton de Oliveira)

Un changement radical dans notre façon de produire et de consommer qui passe notamment par "une modération de notre boulimie", selon la formule de l'agriculteur et philosophe Pierre Rabhi.

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Qui appelle notamment à la "bienveillance et l'amour pour construire une société apaisée"

"Mon utopie de bonté et de respect peut sembler déraisonnable. Quand je vois la prolifération des armes, je me dis qu'il y a un maillon qui manque chez l'être humain... Pourquoi rend-il son passage sur cette terre invivable ? Nous devons changer et se poser la question de comment nous pouvons participer à une évolution positive de la société."

"Reconfigurer le futur"

"Il faut reconfigurer le futur", abonde le physicien et philosophe des sciences Etienne Klein. Selon lui, l'époque actuelle est un véritable test pour l'intelligence humaine.

"Nous avons compris que l'avenir va dépendre de nos actions. Mais est-on capable de savoir ce que nous voulons ?" questionne-t-il.

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"Vers un progrès à deux vitesses?" s'interrogent Etienne Klein et Jean-François Delfraissy, le président du Comité consultatif national d'éthique (Crédit : Hamilton de Oliveira)

Et ce dernier de rappeler une étude alarmante :

"Lorsqu'on demande aux jeunes s'ils sont impatients de vivre dans leur futur, 18 % seulement répondent favorablement."

"La peur, le pire ennemi de l'audace"

Pour être à la hauteur de ces défis pour ré-enchanter l'avenir, plusieurs intervenants appellent à oser de nouvelles choses, à être audacieux.

"Le pire ennemi de l'audace c'est la peur. Elle inhibe toute action", affirme la cheffe triplement étoilés Anne-Sophie Pic.

Et de prendre exemple sur son parcours en cuisine.

" La peur m'a immobilisée à mes débuts. Pour dépasser ses limites et se transcender, il faut se faire confiance. Il faut oser, quitte à se tromper et à recommencer. "

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"Oser !" exhortent Anne-Sophie Pic et Clara Gaymard (Crédit : Hamilton de Oliveira)

Clara Gaymard, la co-fondatrice de la société d'investissement responsable Raise, de compléter en citant Jacques Brel :

"Un jour, un journaliste lui a demandé « c'est quoi votre idéal ? » Jacques Brel a répondu : « essayer ». Il faut, nous aussi, que l'on essaie. Essayons de participer à l'aventure de ce futur. Le principal frein à l'audace est de ce dire « je sais ». Il faut donc sortir de notre confort, car on ne grandit que dans l'inconfort. "

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Commentaires
a écrit le 11/10/2019 à 7:51 :
Dommage que le débat "Elites, vraiment la crise" n'ai pas eu lieu après l'éviction de goulard de la commission. Elle est l'archétype de la consanguinité de nos élites "républicaines". Sciences po et "en même temps" ENA, d'une famille de haut fonctionnaires, capable d'être conseillère ministerielle , chercheuse associée, militante, deputée europeene "et en même temps" reservoir de pensée, ministre, (presque) commissaire européenne, second sous gouverneur de la banque de france, propre sur elle...Et surement bien d'autres talents.
Les autres pays européens sont bien bêtes de se priver d'autant de compétences. Après faudra pas s'étonner si l'europe va mal.

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