[Les transformateurs] Théodore Christakis, l'académicien passionné

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Membre du Conseil national du numérique, Théodore Christakis travaille notamment sur la cybersécurité
Membre du Conseil national du numérique, Théodore Christakis travaille notamment sur la cybersécurité (Crédits : DR)
Ce professeur en droit international à l'UGA est à la fois cocréateur du réseau multidisciplinaire d'études sur la cybersécurité Amnecys et directeur adjoint du Grenoble Alpes Data Institute.

Tout l'été, La Tribune diffuse les portraits détaillés des 30 personnalités de la région qui incarnent une vision de l'avenir initialement publié dans son hebdomadaire du 7 juin 2019 consacré au prix "Transformons la France"

"Le numérique implique des questions passionnantes et complexes sur le plan intellectuel", reconnaît Théodore Christakis.

Et c'est même précisément ce qui a attiré ce professeur en droit international de l'université Grenoble-Alpes (UGA), également membre du Conseil national du numérique. Après avoir travaillé sur le recours à la force et le règlement pacifique des conflits, il s'est intéressé aux questions liées à la protection des données.

"Les enjeux soulevés par le numérique sont très larges et peuvent aller de l'entrée en vigueur du RGPD, qui a transformé la façon de travailler des entreprises, à l'accès aux éléments de preuve numérique, éventuellement stockées à l'étranger, lors d'enquêtes criminelles."

Alors que Théodore Christakis contribue notamment à imaginer des accords applicables entre les pays de l'Union européenne et ses homologues comme les États-Unis, il concède que cet univers législatif est soumis à plusieurs impératifs :

"Dans certains cas, il existe des règles pouvant s'appliquer quelle que soit la technologie inventée, et dans d'autres, il faut prévoir d'adapter ces règles à d'autres situations, voire de combler des lacunes juridiques", explique-t-il.

Des défis que l'on retrouve également avec l'essor de l'intelligence artificielle :

"Un comité a déjà été créé au sein de l'Union européenne en vue de proposer des règles plus éthiques, mais le plus grand enjeu sera de trouver l'équilibre, afin de réguler sans tomber dans l'excès, pour ne pas freiner le développement de l'innovation."

Institut multidisciplinaire

En tant que directeur adjoint du Grenoble Alpes Data Institute, Théodore Christakis oeuvre déjà à son échelle en pilotant, depuis 2017, cet établissement rassemblant près de 100 chercheurs issus de différentes disciplines.

"Notre région est très dynamique sur le plan technologique et numérique, puisqu'elle possède déjà un grand nombre d'entreprises spécialisées sur ces questions."

Et ce n'est pas terminé, puisque la Communauté université Grenoble-Alpes (ComUE) vient d'être retenue par l'État français en vue de créer un institut multidisciplinaire d'intelligence artificielle (MIAI), avec, à la clé, une enveloppe globale de 100 millions d'euros sur quatre ans. Un projet qui comprend la création d'une chaire pour étudier les aspects régulatoires et légaux induits par le développement de l'intelligence artificielle.

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